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l'Italie perd ses bijoux de famille alimentaires


Avec la crise, les grands groupes changent de drapeaux. Une perte sèche pour la péninsule estimée à quelques dix milliards d'euros par an.



Le riz Scotti passé dans les mains espagnoles (photo Monsieur Chitian)
Le riz Scotti passé dans les mains espagnoles (photo Monsieur Chitian)
ITALIE. Les tomates pelées du groupe Ar Alimentari, le premier producteur italien, ont été rachetées par la société anglo-japonaise Princes contrôlée par Mitsubishi. La perle des vignes toscanes, le fameux Chianti Gallo nero par un entrepreneur de Hong-Kong spécialisé dans l’industrie pharmaceutique. Les Français ont fait main basse sur la pâtisserie, la bijouterie et la mode. Le scénario est identique pour la charcuterie, Fiorucci, les produits laitiers Parmalat.

Rien ne va plus pour l’Italie qui vide chaque année son coffre-fort de ses bijoux de famille. L’agroalimentaire italien attire de plus en plus les capitaux étrangers. Pour preuve, la vente depuis le début de l’année 2013 de trois marques importantes. D’abord le riz Scotti qui a échangé 25% de son capital au colosse espagnol de l’alimentaire Ebro Foods avec un chèque de 18 M€. Puis, l’entreprise vinicole Casanova située en Toscane. Enfin, la pâtisserie Cova raflée par LVMH

Une perte inestimable pour la péninsule estimée à quelque 10 mrds € en termes de chiffre d’affaires annuel par Sergio Marinini, patron de l’association des entrepreneurs agricoles Coldiretti.
« Le changement de propriété implique souvent, le déplacement des ressources financières de la société rachetée, la délocalisation de la production, la fermeture des établissements et une baisse de l’emploi » estime Sergio Marini.

Deux exemples confirment ces propos : le rachat de Parmalat par le groupe Lactalis qui a profité du renflouement de liquidité après la remise à flot du groupe et la vague de licenciements dans les établissements de la charcuterie Fiorucci rachetée en 2011 par le groupe ibérique Campofrio.

Reste que l’engouement des étrangers pour le made in Italy ne date pas d’hier. Pour preuve, le rachat des groupes Buitoni et Perugina en 1988 par Nestlé. Mais avec la crise, la tendance s’est accentuée.
« Les patrons sont en difficultés et baissent le prix de vente de leurs entreprises » analyse Sergio Marini.

Les Italiens préfèrent le made in Italie

Compte tenu des préférences des consommateurs qui remplissent leurs chariots à roulette de produits tricolores, la vente des grandes marques est plutôt paradoxale ajoute le patron de Coldiretti. Selon une enquête effectuée par Coldiretti en collaboration avec l’institut de recherche Eurispes, plus de huit Italiens sur dix soit 82% des consommateurs, préfèrent le made in Italie et 52% d’entre eux sont prêts à payer quelques euros de plus pour s’offrir un produit italien.

« Avec la fuite en avant des grandes marques de l’agroalimentaire, la composition des produits change, car une bonne partie de matières premières proviennent de l’étranger et le consommateur est pénalisé dans ses choix », ajoute Sergio Marini.

Une théorie réfutée par les nouveaux patrons comme LVMH par exemple, qui jure que la recette et les ingrédients ne changeront pas. « Un tiers soit l’équivalent de 33% des matières premières utilisées dans le made in Italie vendue dans la péninsule proviennent de l’extérieur » affirme le patron de Coldiretti. Deux exemples ? Les saucissons de Parme d’origine mexicaine et le parmesan brésilien vendus sous le label italien et dont les ventes génèrent un chiffre d’affaires mondial de quelque 60 mrds€.

Alors que faire pour arrêter le massacre du made in Italy et freiner la fuite des grandes marques ? « Créer une filière agricole totalement italienne et relancer les moteurs de l’industrie à l’aide mesures durables » propose Sergio Marini. Un vaste programme alors que le gouvernement d’unité sent déjà le terrain s’effriter sous ses pieds et que l’hypothèse d’une tournée électorale anticipée d’ici la fin de l’année prend forme.




Jeudi 11 Juillet 2013



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Jeudi 1 Mars 2012 - 15:14 La logistique s'adapte au marché du vin


Commentaires

1.Posté par Peter Gillespie le 15/07/2013 12:38
Objectivement, ces produits seront toujours "made in Italy".

Ce que changerait est l'attribution des plus-values ce qui à son tour devrait entraîner la renégociation des termes d'échange entre les lieux de production de la presqu'île italienne, peut-être même, avec des conséquences pour la richesse nationale.

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