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Vers une valorisation du modèle hospitalo-universitaire français en Méditerranée


Marseille accueillait les 3 et 4 décembre 2014 la première édition d’HôpitalExpo Méditerranée. Cette convention d’affaires veut s’imposer comme le rendez-vous annuel entre les acteurs français et méditerranéens de la filière de la santé. Double objectif pour le secteur : se positionner sur ces marchés et apporter sa contribution aux comptes du commerce extérieur, aujourd’hui marginale.


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Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalo-universitaire : "Les pays du Maghreb sont des hubs en Méditerranée pour valoriser le modèle hospitalo-universitaire français" ©cocktail santé
Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalo-universitaire : "Les pays du Maghreb sont des hubs en Méditerranée pour valoriser le modèle hospitalo-universitaire français" ©cocktail santé
MEDITERRANEE. Sortir de la logique de l’aide publique au développement et dépasser le seul cadre de la coopération scientifique et universitaire pour mieux vendre ses expertises et « accessoirement » contribuer à l’effort national pour repositionner la France à l‘international. C’est ce qui ressort principalement des deux journées et sept tables rondes organisées à l’initiative de la Fédération hospitalière française (FHF), à Marseille, dans le cadre d'HôpitalExpo Méditerranée.

Au programme notamment de cet événement, qui a fédéré également les établissements hospitaliers d’aide à la personne et l’hospitalisation privée, les besoins actuels en santé dans les pays du bassin méditerranéen.

Cette première convention d’affaires s'inscrivait en marge de trois autres événements d’importance pour la profession : les 14e Assises nationales hospitalo-universitaires, sur lesquelles pesait la question des nouvelles responsabilités territoriales des CHU, prévues dans la nouvelle loi de santé française qui devrait être débattue début 2015 ; le VIe congrès Ortho Mare Nostrum avec 150 chirurgiens orthopédiques du bassin méditerranéen; et une rencontre d’Afquaris sur la gestion du risque des hôpitaux du bassin méditerranéen. Partenaires, l’Interpro Santé, la CCIMP et le pôle Eurobiomed avaient aussi installé un « village de l’innovation » avec dix pépites de la région PACA et organisé des business meeting santé.

141 M€ restitués aux établissements de santé

Marisol Touraine, ministre française des Affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, clôturait les Assises en annonçant  le dégel des crédits mis en réserve en début d’année 2015 en prévision d’un éventuel dérapage de l’ONDAM (objectif national de dépenses d’assurance-maladie). 141 M€ seront restitués aux établissements de santé.

La filière de la santé française, identifiée comme stratégique pour le rayonnement hexagonal à l’international dans de nombreux rapports, pèserait peu en comparaison de son poids dans l’économie française (10 % du PIB, 1 200 entreprises, un chiffre d’affaires de 70 mrds€) sur les comptes du commerce extérieur. Et les établissements publics de santé demeurent quasiment absents des appels d’offres internationaux.

« Pourtant, le modèle hospitalo-universitaire est reconnue partout dans le monde », amorce Frédéric Valletoux, le président de FHF (1 000 hôpitaux et 3 800 établissements médico-sociaux). La France produit 6 % de la recherche médicale mondiale toutes disciplines confondues, revendique six instituts hospitalo-universitaires à rayonnement mondial et compte sept pôles de compétitivité à l’affichage « santé ». « Notre expertise fait autorité à la fois en architecture et construction hospitalière ; en formation à la médecine et gestion des hôpitaux ; en gestion des risques, de la qualité et de la sécurité des soins et en développement de systèmes d’information. Elle intéresse notamment les pays méditerranéens dont la demande est forte tant en accompagnement de cadres dirigeants qu’en matière de construction et de gestion d’un hôpital clé en main. »

Les pays du Maghreb, hub entre l’Afrique et l’Europe

La France veut "exporter" en Méditerranée le savoir-faire de ses hôpitaux, comme le CHU de la Timone à Marseille (photo AP-HM)
La France veut "exporter" en Méditerranée le savoir-faire de ses hôpitaux, comme le CHU de la Timone à Marseille (photo AP-HM)
Par cette initiative dans la cité phocéenne, la Fédération entend contribuer à la structuration de l’offre : « aujourd’hui, de nombreuses coopérations existent mais elles se font de manière empirique, au gré des initiatives des chercheurs, des médecins, des jumelages entre des villes. Il faut ordonnancer tout cela », poursuit le président de la Fédération.

En Méditerranée, les pays du Maghreb apparaissent dès lors comme des hubs. « Il s'agit surtout de marchés prometteurs, mais la concurrence demeure vive », explique, pour sa part, Stéphane Attali, directeur l’École des affaires de Beyrouth (ESA). « Une des clés du développement économique de nos pays passe par la transmission des savoirs et la formation : les CHU devraient être en mesure d’accueillir plus facilement des étudiants en médecine étrangers. »

Capitaliser sur les bonnes relations

 Pour se démarquer des concurrents (européens), tous préconisent de capitaliser sur « les nombreuses coopérations scientifiques et hospitalières, les relations personnelles entre médecins … pour en faire un levier à l’exportation »

C’est un des combats (militants) de l’École des hautes études en santé publique (EHESP), précise son directeur général Laurent Chambaud. il accueille souvent des délégations étrangères et des établissements de santé pour acculturer à l’organisation hospitalière française. L’école travaille notamment à un projet avec l’École nationale de management et d’administration de la santé à Alger.

Si la « diplomatie hospitalo-universitaire » peine à faire entendre sa voix à l’extérieur, elle le doit aussi à des verrous d’ordre réglementaire et juridique. Actuellement, un hôpital français n’est pas autorisé à créer une filiale commerciale, contrairement à ses homologues allemands et anglo-saxons. Ceci lui interdit de répondre seul aux appels d’offres.

La situation pourrait changer à la faveur de la future loi Macron (projet de Loi pour la croissance et l’activité du 13 novembre 2014). Et c’est ce qu’a semblé confirmer Marisol Touraine.

Adeline Descamps

Mercredi 10 Décembre 2014

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