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Vers une diplomatie du gaz en Méditerranée orientale ?


Rédigé par Caroline Garcia, à TUNIS le Mercredi 9 Avril 2014 | Lu 4266 commentaire(s)

Les ressources gazières à l’est de la Méditerranée et les attentes du marché énergétique posent de nouveaux défis aux gouvernements tenus de s’organiser pour tirer profit de la situation.


Les méthaniers pourraient se multiplier en Méditerranée. (photo : F. André)
Les méthaniers pourraient se multiplier en Méditerranée. (photo : F. André)
« L’est de la Méditerranée a toutes les chances de devenir une des principales zones mondiales d’approvisionnement en gaz », assure Francis Perrin. Le président de Stratégies et politiques énergétiques (SPE) était invité par les membres du projet sur la politique maritime intégrée en Méditerranée (IMP-Med) réunis à bord du Carthage, le navire de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) pour leur second voyage d’étude, du 24 au 28 mars 2014.

Lors d’un atelier consacré à l’exploration du pétrole et du gaz, Francis Perrin a fait état des ressources gazières de la Méditerranée orientale, estimées à plusieurs centaines de milliards de mètres cubes : en Israël, à Chypre, au Liban, ou encore en Palestine, les travaux d’exploration sont avancés. « Il faut des années pour bien connaître les réserves d’une zone, mais d’ores et déjà, des réserves intéressantes ont été découvertes et il y en aura d’autres, car les groupes pétroliers se positionnent ! ».

Le consortium américain Noble Energy a déjà démarré l’exploitation d’un puits au large d’Israël. D’autres devraient suivre sur la même zone, pour le compte d’Israël et de Chypre. Le groupe français Total a également obtenu deux permis d’exploration à Chypre. De son côté, Gazprom se place au Liban.

Limiter la dépendance énergétique de l’UE

« Un des avantages de l’exploitation du gaz en Méditerranée repose sur ses débouchés directs, dans les pays producteurs, mais aussi en Europe, observe Francis Perrin. D’autant que le conseil européen estime que l’attitude récente de la Russie envers l’Ukraine impose de diversifier l’approvisionnement en gaz afin de limiter la dépendance énergétique de l’UE. Dans ce contexte, Chypre a déjà manifesté son intention de satisfaire aux besoins des 28 ». Israël souhaite également fournir l’Europe.

Le transport par méthanier des ressources transformées en gaz naturel liquéfié semble s’imposer comme le plus crédible : « Utiliser les gazoducs revient moins cher, mais oblige les producteurs à négocier leurs parcours avec leurs voisins, pose l'expert. Il est également possible de comprimer le GNL, mais aucune compagnie ne s’y est aventurée jusqu’ici ».

Certes, la situation politique en Méditerranée n’est pas très engageante pour les investisseurs. « Mais ces problèmes n’ont pas été causés par le gaz ! note Francis Perrin. Certains États n’auront pas d’autres choix que de s’allier s’ils souhaitent profiter de leurs ressources ! Des discussions bilatérales sont d’ores et déjà engagées pour trouver les meilleures solutions économiques et stratégiques afin d’optimiser leur exploitation ».

S’il propose des solutions énergétiques et économiques aux États, le gaz n’est pas sans danger pour l’environnement : la résonance sismique utilisée pour l’exploration, les rejets divers engendrés par le forage, les risques liés à l’exploitation des plateformes ou encore les risques sismiques se multiplient en différents points de la Méditerranée. En outre, les investissements lourds nécessaires à l’exploitation gazière pourraient gêner le développement des énergies vertes.




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