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Union Naval Marseille: Grupo Boluda dénonce le chantage de la CGT


Pour le groupe Boluda, la liquidation de leur filiale Union Naval de Marseille est une réponse au chantage exercé par les salariés qui exigent la réintégration de sept personnes licenciées en début d’année pour entrave à la liberté du travail.


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Francisco Arderius, directeur général de la division réparation navale du groupe Boluda (Photo NBC)
Francisco Arderius, directeur général de la division réparation navale du groupe Boluda (Photo NBC)
FRANCE / ESPAGNE. Interrogé par Econostrum.info au lendemain de l’annonce de la liquidation de la filiale Union Naval Marseille, le directeur général de la division réparation navale du groupe Boluda, Francisco Arderius, n’en revient toujours pas des pratiques sur les quais marseillais.

Il dénonce une "escalade de violence", des "menaces de mort proférées à l’encontre des dirigeants locaux", et surtout "le chantage" exercé par le syndicat CGT qui réclame la réintégration de sept salariés, licenciés pour avoir empêché des sous-traitants de travailler sur le site.

Mercredi, vers 21 heures, des hommes cagoulés sont descendus au fond de la forme où se trouve le car-ferry "Corse" pour tenter de détruire les bouchons de ballast "afin d’empêcher la mise à flots du navire", a précisé la Préfecture de Région qui a aussitôt dépêché sur place des forces de l'ordre.

C'est la CGT qui commande

Un grand rassemblement est prévu le 6 mars sur le site de l'UNM à l'appel de la CGT (Photo NBC)
Un grand rassemblement est prévu le 6 mars sur le site de l'UNM à l'appel de la CGT (Photo NBC)
Francisco Arderius ne trouve pas les mots pour qualifier les méthodes de la CGT. De guerre lasse, vu la tension qui règne sur les quais, il préfère jeter l’éponge.

"Nous ne pouvons pas conserver une entreprise où c’est la CGT qui commande. Ils ont engagé un bras de fer pour demander leur réintégration immédiate, nous menaçant de déclencher une grève générale. Notre réaction a été la mise à pied de 42 personnes impliquées dans les différents incidents", explique le directeur général.

"Nous les avons prévenus en leur expliquant que, s’ils continuaient dans cette voie, ils seraient tenus pour responsables de la liquidation d’UNM et des 140 personnes qui vont se retrouver au chômage, sans compter les 400 sous traitants. Au total, 500 familles de la région sont concernées. Hier, ils ont appris que l’entreprise était liquidée, et désormais il est impossible de revenir en arrière. La CGT a décidé de se saborder".

Une audience doit avoir lieu lundi 9 mars 2009 au tribunal de commerce. Les juges consulaires devront se prononcer sur la procédure de redressement judiciaire ou la liquidation de l'entreprise.

Table-ronde de la dernière chance ?

Pourtant, le dirigeant de Boluda a le sentiment d’un énorme gâchis, car UNM n’avait jamais été aussi prospère, selon lui: "Nous avons réparé cinq fois plus de navires en 2007 que la moyenne des dix dernières années. Nous avions réussi à faire venir des armateurs prestigieux tels que Carnival et MSC, et nous dégagions des bénéfices. Nous avions signé un accord pour une augmentation de salaire annuelle de 3% et ils avaient d’un intéressement aux bénéfices. Du jamais vu dans l’histoire de la réparation navale marseillaise".

Un mirage certainement car, au vu des derniers événements, les arrêts techniques programmés ont été annulés au bénéfice des chantiers de Palerme, Gênes et Barcelone.

Michel Vauzelle, président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a exprimé jeudi 5 mars "son inquiétude" et soutient la demande des salariés pour que "soit organisée dans les meilleurs délais une table ronde sous l’égide du Préfet de Région, réunissant l’ensemble des parties prenantes (…). Non seulement, l’avenir des salariés concernés est en jeu, mais également celui de la compétitivité du port de Marseille".

Lire aussi: Union Naval Marseille liquidée, CRS sur les quais

Nathalie Bureau du Colombier
Jeudi 5 Mars 2009

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