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Une feuille de route ambitieuse pour le nouveau Premier ministre de Macédoine du Nord


Rédigé par , le Lundi 17 Janvier 2022 - Lu 569 fois


Dimitar Kovacevski se donne l'objectif prioritaire d'une croissance économique durable et plus forte (photo: Gouvernement de Macédoine du Nord)
Dimitar Kovacevski se donne l'objectif prioritaire d'une croissance économique durable et plus forte (photo: Gouvernement de Macédoine du Nord)
MACÉDOINE DU NORD. Après son élection par le Parlement, dimanche 16 janvier 2022, Dimitar Kovacevski devient le nouveau Premier ministre de Macédoine du Nord. Sa nomination met fin à plus de deux mois de crise politique dans ce pays de 25 713km² et de 2,08 millions d'habitants des Balkans occidentaux.

Il succède à Zoran Zaev, qui occupait ce poste depuis août 2020 et la victoire de justesse aux législatives de juillet 2020, avant de devoir démissionner en décembre 2021 après la défaite de son parti aux élections municipales. Dimitar Kovacevski l'avait d'ailleurs remplacé à la présidence du parti social démocrate macédonien (SDSM) à cette époque.

Âgé de quarante sept ans le nouveau chef de gouvernement, ministre adjoint aux Finances dans le précédant gouvernement, est titulaire d'un doctorat en économie de l'université du Monténégro (2008). Il a commencé sa carrière chez l'opérateur téléphonique Makedonski Telekom (filiale de Deutsche Telekom Group) comme associé financier et coordinateur pour la réglementaire et l'harmonisation du contrôle financier (1998-2005). Puis, il y a occupé différents postes de direction (marketing et gestion des ventes, communication, ventes résidentielles). Il est ensuite devenu directeur exécutif (2017-2018) d'A1 Makedonija Dooel (one.VIP), filiale du groupe Telekom Austria. Dimitar Kovacevski a également été professeur associé à la Faculté d'économie et de gestion d'entreprise de l'American College de l'Université de Skopje (2012-2018).

"Une croissance économique durable et plus forte"

Sur son agenda figure un menu chargé et ambitieux, d'autant plus qu'il dispose d'une courte majorité (seuls 62 députés sur 56 ont voté pour lui) et qu'il gouvernera avec une coalition. La priorité de Dimitar Kovacevski et de son équipe sera "une croissance économique durable et plus forte", comme il l'a indiqué face au Parlement. Ceci passera, notamment, par la lutte contre la corruption qui gangrène le pays. La Macédoine du Nord (12,29 mrds$ de PIB en 2020) a bien résisté aux conséquences économiques de la Covid-19.

En novembre 2011, dans un rapport consacré aux prévisions de croissance dans les Balkans occidentaux, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) notait que la consommation des ménages se trouvait en forte augmentation, soutenue par la hausse des salaires, la croissance du crédit et les envois de fonds (bien qu'encore à des niveaux relativement faibles par rapport aux autres économies régionales). "Les exportations de biens ont augmenté en valeur et en volume, parallèlement aux importations, sous l'effet de la reprise dans l'UE", précisait le document. La Berd tablait sur une croissance du PIB à 4,0% en 2022, comme en 2021.

Le chef de gouvernement souhaite aussi résoudre la crise énergétique que connaît son pays.

La Macédoine du Nord engagée dans un accord de libre-échange

Cette feuille de route comprend également un chapitre essentiel pour l'avenir de la Macédoine du Nord: se rapprocher de l'Union européenne. Dimitar Kovacevski devra jouer des coudes alors que sur les cinq pays officiellement candidats, quatre se situent dans les Balkans occidentaux (Albanie, Monténégro, Serbie et donc Macédoine du Nord), l'autre étant la Turquie. En octobre 2019, lors d'une réunion des ministres des affaires européennes au Luxembourg, Paris avait voté contre le début des négociations avec la Macédoine du Nord.
En septembre 2021, le pays a cependant été inscrit sur la liste de l'aide financière (modulée en fonction des efforts engagés) de 14,2 mrds€ accordée par l'Union européenne à huit pays sur sept ans pour financer leur préadhésion.

Reste que le dernier sommet entre les dirigeants de l'UE et les six pays de cette région, en octobre 2021, s'est, une nouvelle fois, résumé à des promesses. Au point qu'avec l'Albanie et la Serbie, la Macédoine du Nord a créé "Open Balkans " en septembre 2021. Cet accord de libre-échange sera opérationnel au 1er janvier 2023 avec l'ouverture effective des frontières.

Le long chemin vers cette adhésion à l'UE est parsemé d'obstacle. Skopje en a réglé un d'importance en signant un accord avec Athènes pour enterrer la hache de guerre entre les deux voisins. En janvier 2019, les autorités du pays ont accepté de prendre le nom de Macédoine du Nord pour se distinguer de la province grecque de Macédoine. Elle a pu abandonner son appellation internationale ARYM (Ancienne république yougoslave de Macédoine). Ce véto levé à son entrée dans l'UE, reste celui d'un autre Etat membre, la Bulgarie. La brouille avec Sofia repose sur un litige culturel autour de questions historiques et identitaires (comme l'origine de la langue macédonienne).

Dimitar Kovacevski devra faire vite pour faire évoluer tous ces chapitres. Les prochaines élections législatives sont prévues en 2024 et le nouveau Premier ministre a confirmé qu'il maintiendrait ce calendrier. L'opposition réclamait un scrutin anticipé depuis le vote de défiance de novembre 2021.




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