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Un rapport de l'ONU accuse les forces de sécurité israéliennes de crimes de guerre et contre l'humanité


Le rapport des enquêteurs des Nations unies sur la riposte en 2018 contre les manifestants de la Bande de Gaza conclut à des violations du droit international humanitaire par Israël. Le texte évoque 189 Palestiniens tués et 6 106 autres blessés par les forces de sécurité israéliennes avec des balles réelles.


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ISRAËL / PALESTINE. Selon un rapport des Nations unies, "les forces de sécurité israéliennes ont tué et mutilé des manifestants palestiniens qui ne constituaient pas une menace imminente de mort ou de blessures graves pour autrui lorsqu'ils ont été visés, et qui ne participaient pas non plus directement à des hostilités."

Présidée par l'Argentin Santiago Canton, la commission indépendante constituée de trois enquêteurs a été mandatée en mai 2018 par le Conseil des droits de l'homme de l'Onu. Ses membres livraient, jeudi 28 février 2019 à Genève, ses conclusions sur les manifestations palestiniennes à la lisière de la bande de Gaza. Elles s'y déroulent tous les vendredis, depuis fin mars 2018, avec comme revendications l'assouplissement du blocus israélien et la reconnaissance du droit des réfugiés palestiniens à regagner leurs régions d'origine en Israël.

"Le Commission a des motifs raisonnables de croire que les soldats israéliens ont commis des violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains lors de la Grande marche du retour. Certaines de ces violations peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité et doivent faire immédiatement l'objet d'une enquête à Israël", précise le rapport.

Des tirs ciblés sur des enfants et des personnes handicapées

Selon la Commission indépendante des Nations unies, plus de 6 000 personnes ont été touchées par des tirs de snipers israéliens (photo : Onu)
Selon la Commission indépendante des Nations unies, plus de 6 000 personnes ont été touchées par des tirs de snipers israéliens (photo : Onu)
Le texte, couvrant la période du 30 mars au 31 décembre 2018, révèle que 189 Palestiniens ont été tués et 6 106 autres blessés par les forces de sécurité israéliennes avec des balles réelles. "Trente-cinq des décès concernaient des enfants, trois des ambulanciers paramédicaux clairement identifiés et deux des journalistes clairement identifiés", indiquent les enquêteurs. 

La Commission indique avoir "trouvé des motifs raisonnables de croire que des tireurs isolés israéliens avaient tiré sur des journalistes, des professionnels de la santé, des enfants et des personnes handicapées, sachant qu'ils étaient clairement reconnaissables en tant que tels". Son rapport détaille que "le fait de tirer délibérément sur un civil qui ne participe pas directement aux hostilités constitue un crime de guerre, à moins que cela ne soit entrepris légalement en légitime défense".

"Rien ne peut justifier de tuer et de blesser des journalistes, des médecins et des personnes qui ne présentent aucune menace imminente de mort ou de blessures graves autour d'eux. Le ciblage des enfants et des personnes handicapées est particulièrement alarmant", déclare Sara Hossain. Membre de la commission, elle souligne que "la vie de nombreux jeunes a été modifiée pour toujours. 122 personnes ont été amputées d'un membre depuis le 30 mars dernier. Vingt de ces amputés sont des enfants."

Réactions en Palestine et en Israël

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, demande l'ouverture immédiate d'une enquête par la Cour pénale internationale. "Ce rapport confirme ce que nous avons toujours dit. Israël commet des crimes de guerre contre notre peuple à Gaza et en Cisjordanie, notamment à Jérusalem", commente-t-il dans un communiqué. Le responsable du mouvement Hamas à Gaza, Ismaïl Roudouane, évoque même des "crimes contre l'humanité des forces d'occupation."

La commission dénonce aussi "certains membres du Comité palestinien organisant les manifestations, parmi lesquels des représentants du Hamas" qui ont "encouragé ou défendu l'utilisation par les manifestants de cerfs-volants et de balles incendiaires indiscriminés, provoquant la peur des civils et des dommages matériels importants dans le sud d'Israël. La Commission conclut que "le Hamas, en tant qu'autorité de facto à Gaza, n'avait pas empêché ces actes".

Pour le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui réagissait sur Twitter, "le Conseil établit de nouveaux records d'hypocrisie et d'attitude mensongère, motivé par sa haine obsessive d'Israël."

Son ministre des Affaires étrangères, Israel Katz, indique que l'Onu a  "accouché d'un nouveau rapport hostile, mensonger et biaisé contre l'Etat d'Israël (...). Nul ne peut dénier à Israël le droit à l'autodéfense et l'obligation de défendre ses ressortissants et ses frontières face à des attaques violentes."

Quatre soldats israéliens ont également été blessés au cours des manifestions et un tué, hors du lieu des évènements.

L'Assemblée générale de l'Onu avait déjà dénoncé, en juin 2018 dans une résolution, "une répression meurtrière contre les manifestants palestiniens" et un "usage excessif, disproportionné et indiscriminé de la force contre les civils palestiniens", tout en rejetant également "les tirs de roquettes de la bande de Gaza contre des zones civiles israéliennes".

Lire le rapport de la commission indépendante des Nations unies sur les manifestations dans le territoire palestinien


Jeudi 28 Février 2019

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