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Un pas en avant et deux pas en arrière en Libye


Alors que les négociations de paix se préparaient entre le gouvernement d'union nationale et le général Khalifa Haftar qui contrôle l'Est du pays, la crise institutionnelle libyenne est ravivée par la création d'une garde nationale parallèle et le veto américain à la nomination d'un émissaire de l'Onu.


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La Libye peine à assurer son unité (photo : DR)
La Libye peine à assurer son unité (photo : DR)
LIBYE. Rien n'allait déjà bien en Libye et voici que deux annonces viennent encore plus troubler le jeu et montrer la difficulté à résoudre la crise institutionnelle. Pourtant, assurer la reconstruction de l'unité libyenne - détruite depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi - reste la condition sina qua non à la résolution du conflit d'autorités qui déchire le pays. Mais aussi à une meilleure lutte contre l'Etat islamique en perte de vitesse.

Vendredi 10 février 2017, Antonio Guterres nommait Salam Fayyad comme émissaire spécial pour les Nations unies en Libye.
Le nouveau secrétaire général de l'Onu voyait dans cet homme politique palestinien le diplomate idéal pour réussir à réconcilier Fayez al-Sarraj, premier ministre libyen du gouvernement d'union nationale (GNA), installé depuis fin mars 2016 à Tripoli et reconnu par les Nations Unies et les puissances occidentales, et le général Khalifa Haftar, soutenu par le Parlement de Tobrouk adversaire du GNA, qui contrôle l'Est du pays. Contrairement à son prédécesseur l'Allemand Martin Kobler, Salam Fayyad allait pouvoir user de son aura d'ancien premier ministre de l'Autorité palestinienne (juin 2007 à juin 2013) et de la langue arabe pour faciliter ce rapprochement. 

C'était sans compter sur un surprenant véto américain à cette nomination intervenu dimanche 12 février 2017. Au grand dam d'Antonio Guterres : "Je regrette profondément cette opposition à laquelle je ne vois pas de raison", déclarait-il lors du World Government Summit à Dubaï, dès le lendemain. Le secrétaire général de l'Onu a même parlé de "perte pour le processus de paix en Libye et pour le peuple libyen.
Autre réaction, celle de Benjamin Netanyahu, qui, sans surprise, s'est félicité de ce veto des Etats-Unis ajoutant : "il est temps que l'on accorde un statut et des nominations pour Israël." Le pays brigue en effet un poste de secrétaire général adjoint à l'Onu.

Voilà qu'il faut maintenant trouver un autre candidat au poste d'émissaire de l'Onu en Libye. Et vite, au risque de perdre toutes les avancées enregistrées récemment et notamment l'idée inculquée à chaque partie d'un nécessaire règlement politique de la crise libyenne. Et ne pas sombrer une nouvelle fois dans la guerre civile.

Garde nationale libyenne versus Garde présidentielle

Second accroc, la mise en place, jeudi 9 février 2017 d'une "Garde nationale libyenne" par une coalition de groupes armés de l'Ouest du pays. Plusieurs véhicules sont arrivés à Tripoli en provenance de la ville de Misrata.

Ce groupe militarisé se donne comme objectif de combattre le groupe Etat islamique, de sécuriser les institutions de l'Etat, les missions diplomatiques, et les ressortissants étrangers. Sauf que cette "Garde nationale" a été autoproclamée sans l'aval du GNA qui a vivement critiqué, dimanche 12 février 2017, cette décision. Elle créerait, selon lui , un "organe de sécurité parallèle" à la Garde présidentielle existante depuis quelques jours sous l'égide de l'Onu. Le GNA, dans le même communiqué, qualifiait les membres de cette "Garde nationale" de "hors-la-loi, sans aucun statut".

Ce groupe armé accueille des proches de Khalifa al-Ghowel. Basé à Misrata, l'ancien premier ministre libyen d'avril 2015 à avril 2016 lors du gouvernement de salut national (non reconnu par la communauté internationale) avait du laisser le pouvoir à Fayez el-Sarraj. Il est opposé au GNA.

Tunis va accueillir une réunion sur la crise libyenne

Le 1er mars 2017, les ministres des Affaires étrangères algérien, tunisien et égyptien devraient se rencontrer à Tunis pour tenter d'organiser les prémices d'un sommet dédié à la crise libyenne.

Déjà, à Brazzaville (Congo)  fin janvier 2017, plusieurs chefs d'Etat africains s'étaient réunis sous l'égide de l'Union africaine (UA) pour trouver "une solution régionale". Les participants de cette rencontre ambitionnaient de préparer des décisions pour les présenter quelques jours plus tard à Addis-Abeba lors du 28e sommet de l'Union africaine. Las, l'UA s'était surtout focalisée en Éthiopie sur le retour en son sein du Maroc. A Brazzaville, trois objectifs ont été définis et résumés par Denis Sassou Nguesso, président du Comité de haut-niveau de la L'Union africaine sur le Libye : "trouver des voies et moyens de mener une mission d'information auprès des parties libyennes, engager des consultations auprès des partenaires intéressés, préparer les conditions de la tenue d'une réunion de réconciliation nationale en Libye".

Mardi 14 février 2017 à Bruxelles, Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a appelé la communauté internationale à "faire son examen de conscience et voir dans quelles circonstances certains membres du Conseil de sécurité de l'Onu ont jeté de l'huile sur le feu au lieu de prendre des mesures d'apaisement, d'inclusion et de nature à favoriser une solution." Il indique vouloir "encourager une solution libyenne" à la crise et souhaiter "un agenda unique des Libyens et qu'il soit soutenu par toute la communauté internationale sans qu'il y ait d'agenda concurrent ou conflictuel."

Une rencontre devait se dérouler au Caire entre Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar mardi 14 février 2017. Mais rien n'a filtré sur la tenue réelle de cette réunion ni sur la teneur des éventuelles discussions.


Mardi 14 Février 2017

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