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Un marché maghrébin de l'assurance à fort potentiel


Si les progressions annuelles sont constantes depuis quelques années, l'assurance au Maghreb cherche encore son marché. Les disparités entre le Maroc, l'Algérie et la Tunisie apparaissent flagrantes, mais partout le taux de pénétration reste très faible, de 2,3% à 0,73%, ouvrant de larges perspectives dont pourraient bénéficier en premier lieu les compagnies françaises aidées par une langue commune.



L'avenir semble plus radieux pour l'assurance au Maghreb (photo F.Dubessy)
L'avenir semble plus radieux pour l'assurance au Maghreb (photo F.Dubessy)
MAGHREB. 3,4 mrds€. Le chiffre d'affaires 2010 estimé de l'assurance dans les trois pays du Maghreb masque de fortes disparités. L'assurance au Maroc pèse 1,9 mrd€ (21 mrds de dirhams) tandis que l'Algérie n'enregistre dans ce secteur qu'un chiffre d'affaires de 900 M€ (79 mrds de dinars algériens) et la Tunisie ferme la marche avec 576 M€ (1,113 mrds de dinars tunisiens).

La densité de population dans chaque pays (32 millions d'habitants pour le Maroc, 35,5 millions pour l'Algérie et 10,4 millions pour la Tunisie) n'explique pas tout. Le Maroc affiche plus de maturité dans le secteur des assurances que les deux autres pays maghrébins qui comptent moins d'acteurs présents sur un marché encore balbutiant. L'Algérie, par exemple, dominée par les entreprises publiques laisse peu de place aux capitaux étrangers (qui ne peuvent pas disposer de la majorité des parts dans les sociétés).

Selon une étude publiée par Standard & Poors en mars 2011, "les efforts d'assainissement du secteur de l'assurance entrepris par les régulateurs et les acteurs des marchés maghrébins au cours des dernières années ont contribué à favoriser une croissance potentiellement forte du secteur en Algérie, au Maroc et en Tunisie."  Les auteurs de cette enquête estiment que "la croissance de la demande d'assurance peut potentiellement dépasser celle des économies locales sur le long terme." Et encore, ce constat date d'avant les Printemps arabes. Si à court terme, la révolution tunisienne, mais aussi les nombreux mouvements sociaux au Maroc et en Algérie, freinent un développement amorcé, le long terme semble plus radieux.




Vers un marché maghrébin de l'assurance

Tendant à se libérer de leurs carcans administratifs, assainissant le secteur, se tournant de plus en plus vers une économie libérale débarrassée des népotismes ou clanismes qui frappaient la banque assurance comme les autres secteurs, ces pays vont forcément s'ouvrir davantage à l'assurance. La forte croissance qu'ils devraient connaître, particulièrement le Maroc et la Tunisie aidés financièrement par la communauté internationale dans leur transition démocratique, impactera forcément le montant global des primes.

La volonté de rééquilibrage des richesses au profit des régions défavorisées, tant au Maroc qu'en Tunisie, laisse également présager non seulement un développement des travaux et des infrastructures (donc une augmentation exponentielle des polices), mais aussi l'arrivée sur le marché d'une population plus éduquée, sortie de la pauvreté, qui souscrira plus volontiers des contrats.

Le terrain est déjà tracé, au moins par les déclarations, depuis plus d'un an. En mars 2010 à Alger, le conseil ministériel maghrébin des finances et de la monnaie insistait sur la coopération dans le domaine de l'assurance et de réassurance dans le cadre de la convention de coopération conclue entre les pays maghrébins depuis 1995 et le rôle du secteur dans le processus d'intégration.

En octobre 2010, lors d'une réunion d'experts sur le financement et le développement en Afrique du nord, l'Union pour le Maghreb arabe (UMA) évoquait "la dynamisation des comités maghrébins d'assurances et de réassurances" parmi les cinq recommandations pour "booster l'intégration financière au Maghreb" . 

En mai 2011, le comité maghrébin d'assurances et de réassurances réuni à Rabat, réaffirmait sa volonté de fonder un marché maghrébin d'assurance et de réassurance et y assortissait la création d'une société maghrébine de réassurance pour "renforcer une couverture commune des risques liés aux activités économiques, notamment celles en relation avec les flottes aériennes maritimes des pays membres de l'UMA."
 

Un sous-équipement chronique

Les avertissements de Standard & Poor's restent de toute façon plus que jamais d'actualité : "les assureurs en Algérie, en Tunisie et au Maroc doivent encore témoigner d'une capacité à mettre en place une gestion intégrée des risques. Le besoin en la matière est croissant et leur potentiel de croissance y est lié. Parallèlement, leurs capacités à adapter leurs offres de produits aux évolutions des besoins du marché et les efforts entrepris en matière de transparence seront également mis à l'épreuve" note l'agence.

Le Maghreb devient une terre d'opportunités tant le sous-équipement en matière de couverture assurantielle reste criant. Le Conseil algérien des Assurances estime le taux de pénétration de l'assurance au Maroc à 2,26%, à 1,76% en Tunisie et à 0,73% en Algérie ! En terme de primes moyennes annuelles, les Tunisiens dépensent 73 $ (54 €) par habitant, les Marocains 65 $ (48 €) et les Algériens 30 $ (22€).

Les opérateurs mondiaux le savent et commencent à y déployer leurs filiales. Les grandes majors françaises, favorisées par une langue commune, n'hésitent plus à franchir la Méditerranée. Derniers grands débarquements en date : la Macif et Axa en Algérie. Cette dernière annonçait dans econostrum.info en juin 2011 vouloir "obtenir une part de marché de 5 à 10% en Algérie."

La diversité des marchés reste également très prononcée. Alors que le Maroc (plus de 50% du marché maghrébin en terme de chiffre d'affaires assurance) se focalise en part égale entre les assurances de personnes (43% de la production totale) et l'assurance automobile (41%), l'Algérie se concentre sur l'assurance automobile (50%) alors que les assurances de personnes n'atteignent qu'une part de 7%.

Les relais de croissance de l'assurance toucheront particulièrement l'assurance vie ou l'assurance habitation encore confidentielles au Maghreb. Sans compter l'assurance crédit quasi inexistante dans cette région où elle ne pèse que 0,9% en Tunisie, 0,5% en Algérie et 0,3% au Maroc.

Voir l'ensemble du dossier "Assurance au Maghreb"




Vendredi 7 Octobre 2011



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