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" Un bon port est un port qui garantit un approvisionnement hebdomadaire 52 semaines par an "

Par Christian Métadier, Directeur Général de Canavese*



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Christian Métadier, directeur général de Canavese (Photo Canavese)
Christian Métadier, directeur général de Canavese (Photo Canavese)

Pour nous, un bon port est un port garantissant un approvisionnement hebdomadaire 52 semaines par an. Il faut donc des volumes importants et pas de grèves. Depuis 1992, cela n'a jamais dû arriver à Marseille. Résultat, le trafic est passé de 500 000 tonnes à 20 000 tonnes de fruits et légumes. Nos marchandises sont fragiles et un jour de décalage peut s'avérer catastrophique.
 

Notre principal port pour desservir nos plates formes installées dans le sud de la France, c'est Anvers. Je le dis sans hésiter et avec regret. Nous passons également par Marseille, mais le moins possible. Ceci pour des problème de fiabilité et de surcoût. Marseille-Fos coûte 15% plus chers que les grands ports du nord. Mais surtout, les armateurs nous imposent un surcoût de transport de 20% car ils prennent le risque de ne pouvoir respecter leurs contrats qui prévoient des dates de livraisons précises. Certains refusent carrément de charger à Marseille. Cela m'est encore arrivé cette semaine.


Pas d'alternative à Marseille

Malheureusement, au nord de la Méditerranée, nous n'avons pas d'alternative à Marseille. Toulon ne traite pas les fruits et légumes, Sète ne propose qu'un service tous les quinze jours. Mais nous regardons vers Sète car les investissements récents vont attirer des flux, et donc de nouvelles lignes.

Port Vendres est pour nous trop petit. Nous n'utilisons que des conteneurs, donc des navires assez gros demandant un tirant d'eau que Port Vendres n'a pas. De plus la ligne qui nous intéresserait est opérée par notre concurrent. Mais je leur dit bravo. Ils ont tout contre eux et pourtant ils y arrivent car ils travaillent bien.

Nous n'allons pas à Barcelone et Gênes en raisons des surcoûts routiers importants. Non, l'Europe du nord reste pour nous la solution la plus simple et la moins onéreuse. Le transit time est faible et l'importance du trafic routier irriguant le sud à partir d'Anvers permet d'obtenir des prix intéressants.
 

Dans le sud, nos marchandises passent par Algésiras, en Espagne et Agadir au Maroc. Deux ports très compétitifs et fiables.
 

Je pense que Sète pourrait prendre à terme la place que Marseille n'a pas su occuper et capter les trafics nécessaires à un niveau de massification suffisant. Se mettra alors en place un post acheminement compétitif en matière de fréquence et de prix. Sète bénéficie d'un hinterland suffisant pour assumer ce rôle. Ce port peut desservir tout le sud et l'ouest de la France, le nord de l'Espagne. Cela fait du monde.


*Canavese. Avec plus de 100 M€ de chiffre d'affaires, Canavese distribue des fruits et légumes dans le grand quart sud-est de la France, produit et fait murir des bananes et agrumes. La Pme possède trois plates formes à Aubagne (Bouches du Rhône), Grasses (Alpes Maritimes) et Valence (Drôme).

 


Vendredi 1 Avril 2011




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