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Turquie et Russie signent un cessez-le-feu en Syrie


Après six heures de discussion, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine ont abouti à la signature d'un document commun sur le règlement en Syrie.


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Les présidents turc et russe trouvent un accord sur le dossier syrien (photo : Kremlin)
Les présidents turc et russe trouvent un accord sur le dossier syrien (photo : Kremlin)
SYRIE. Après six heures de discussion, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine ont abouti à la signature d'un document commun sur le règlement en Syrie, jeudi 5 mars 2020 au soir. Le président turc et son homologue russe, allié du régime de Bachar al-Assad, ont accepté une trêve entrant en vigueur jeudi 5 mars 2020 à minuit heure locale (23 heures en France).

L'accord prévoit notamment la mise en place d'un couloir de sécurité de six kilomètres de profondeur dans le gouvernorat d'Idlib de part et d'autre de l'autoroute Alep-Lattaquié (M4) qui traverse cette région, soit une zone tampon de 12 km de large. Russes et Turcs vont y organiser, pour la première fois, des patrouilles communes.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) parle d'un "calme relatif" dans la province d'Idlib. Selon ses chiffres, en cinquante jours d'escalade, 1,15 million de personnes ont été déplacées et 2 640 tués dont 342 civils (56 enfants et 36 femmes). Dans le même temps, les forces du régime syrien ont récupéré 276 villes ou villages autour d'Idlib, d'Alep et d'Hama.

Antonio Guterres, secrétaire général de l'Onu, dit souhaiter que ce texte conduise à "une cessation des hostilités immédiate et durable." En septembre 2018, les accords de Sotchi entre Russes et Turcs avait permis de créer une zone de désescalade dans la région d'Idlib pour protéger les civils. Mais le cessez-le-feu n'avait pas été respecté.

Erdogan se réserve le droit de répliquer en cas d'attaque syrienne

"Depuis le début de l'année, les gangs criminels qui opèrent dans la province d'Idlib en Syrie ont fortement intensifié leurs activités. Ils ont régulièrement bombardé des positions des troupes du gouvernement syrien et des zones résidentielles civiles. Et continué d'attaquer la base aérienne russe de Khmeimim. A chaque fois, nous en avons informé nos partenaires turcs en temps réel. Les militants ont effectivement réussi à provoquer la reprise des hostilités. Malheureusement, il y a également eu des pertes parmi les militaires turcs", indiquait Vladimir Poutine dans un discours après la signature de l'accord.

La riposte du régime syrien à une attaque du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham contre ses troupes avait causé la mort d'une trentaine de soldats turcs se trouvant à ses côtés. Ankara avait alors ciblé plusieurs positions de l'armée syrienne, provoquant une escalade dans la région d'Idlib.

"Nous ne sommes pas toujours d'accord avec nos partenaires turcs lors de l'évaluation de ce qui se passe en Syrie, mais, à ce jour, à chaque moment critique, nous avons réussi à trouver des points de contact sur les nouveaux problèmes litigieux et à trouver des solutions mutuellement acceptables en nous appuyant sur le haut niveau des relations bilatérales", affirmait le président russe à l'issue des négociations. Selon son ministre des Affaires étrangères, la Turquie n'a pas respecté certains engagements concernant Idlib en, notamment, ne séparant pas l'opposition armée prête au dialogue avec Damas, et les terroristes.

Russes et Turcs reconnaissent les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale en Syrie et se disent convaincus que la lutte contre le terrorisme ne doit pas être interrompue.

Recep Tayyip Erdogan a tenu cependant à préciser que son armée "se réserve le droit de répliquer de toutes ses forces et partout à toute attaque des forces syriennes." Une bagarre s'est déroulée, mercredi 4 mars 2020, entre députés au sein du Parlement turc qui discutait de l'implication militaire de la Turquie dans le Nord-Ouest de la Syrie. Le même jour, Bachar al-Assad, interrogé par la chaîne russe Rossiya 24, s'étonnait : "Je demande au peuple turc : "Avez-vous un problème avec la Syrie ? Y-a-t-il un problème pour lequel les citoyens turcs doivent mourir ?""

Vendredi 6 Mars 2020

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