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Trafic maritime de passagers : concilier croissance et préservation du milieu marin

Article réalisé en partenariat avec la CCI Nice Côte d'Azur.


La croissance du trafic maritime de passagers impose une réduction de son empreinte écologique sur le milieu marin et sur l’environnement en général. Sous la pression de normes internationales et européennes plus strictes, les technologies évoluent, les comportements aussi, mais il reste encore beaucoup à faire.


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Départ de navire de croisière du port de Palerme (photo F.Dubessy)
Départ de navire de croisière du port de Palerme (photo F.Dubessy)
Chaque année, les ferries et les bateaux de croisière transportent plus de 400 millions de passagers, accostent dans les 1 200 ports des 22 pays de l’Union européenne présentant une façade maritime (sources ESPO, European Sea Ports Organisation).

Ce trafic tend à croître. Malgré la crise, le secteur des croisières affichait en 2011 une hausse de 7,1%, portant à 5,6 millions le nombre de passagers embarqués au départ d’un port européen (sources ECC, European Cruise Council ). Si le spectaculaire naufrage du Costa Concordia sur l’île italienne du Giglio n’a pas eu d’effet sur la fréquentation, il met au premier plan les problèmes de sécurité et d’impact sur l’environnement que pose la circulation de ces géants des mers.

Au-delà d’une situation par ailleurs exceptionnelle, c’est au quotidien que le transport maritime de passagers laisse son empreinte sur l’écosystème marin. L’OMI (Organisation Maritime Internationale) fixe les règles à respecter en la matière. La convention MARPOL en particulier et ses annexes concernant la prévention de la pollution, qu’il s’agisse de rejets d’hydrocarbures, d’eaux usées, de déchets ou encore d’émissions atmosphériques, alimentent cette législation. S’y ajoutent les normes édictées par les directives adoptées par l’Union européenne.

Réduire les émissions de soufre, d’azote et de carbone

Les îles grecques doivent réussir le pari de se préserver tout en accueillant de plus en plus de touristes (photo F.Dubessy)
Les îles grecques doivent réussir le pari de se préserver tout en accueillant de plus en plus de touristes (photo F.Dubessy)
La directive soufre, transposition en droit communautaire de l’annexe VI de la convention MARPOL, a ainsi fait souffler ces derniers mois un vent de panique parmi les armateurs européens. Le texte prévoit pour les navires transportant des passagers la réduction, d’ici au 1er janvier 2015, des taux d’émission de soufre de 1% à 0,1% pour la Manche, la Mer du Nord et la Baltique, considérées comme zones spécifiques, et  de 3,5 à  0,5% en 2020 pour les autres zones, Atlantique et  Méditerranée.

Cela suppose, faute de solution pour trouver des carburants désulfurés, l’abandon du fuel pour le gasoil, 40% plus cher. D’où la menace par certains armateurs de désarmer nombre de ferries si des aménagements au dispositif (prévus dans l’annexe MARPOL) ne se voyaient pas autoriser le temps d’identifier des solutions acceptables. Un compromis, autorisant ces aménagements, vient d'être trouvé en juin 2012 avec Bruxelles.

La question se trouve également à l’ordre du jour du côté des compagnies de croisière. Dans son rapport annuel 2011/2012, ECC souligne les efforts des chantiers navals pour mettre en œuvre des solutions d’efficacité énergétique permettant de réduire la consommation de carburants sur les nouveaux navires. D’autres pistes de réflexion s’orientent vers l’utilisation du gaz liquéfié naturel (GLN), considéré comme compatible avec un meilleur respect de l’environnement. Cela pose cependant, comme le souligne Bastian Tesching, d’Aida Cruises, dans le rapport annuel d’ECC, le double problème du stockage sur les bateaux, avec des réservoirs cylindriques beaucoup plus imposants, et de l’approvisionnement dans les ports, peu équipés à ce jour, surtout au sud de l’Europe.

Concernant les émissions d’oxyde d’azote (NOx), de nouveaux dispositifs, comme les « scrubbers » (systèmes d’épuration des gaz qui fonctionnent avec de l’eau salée) prennent déjà place sur certains paquebots. Un investissement de 1 M€ se traduit par une réduction de 90% les émissions de NOx (Plan Bleu, rapport 2011, « Croisières et plaisance en Méditerranée »).
 
 

Améliorer le traitement des déchets

Un paquebot transportant 5 000 personnes génère en moyenne 28 tonnes de déchets par jour (sources ECC). Que deviennent ces déchets solides et eaux usées ? Une partie (entre 75 et 85 % ) brûle à bord dans des unités d’incinération. S’y ajoute le tri sélectif. Dans son rapport « Croisières et plaisance en Méditerranée », le Plan Bleu reprend les chiffres communiqués par les compagnies et estime le taux de recyclage à 60%.

Si d’importants investissements ont été réalisés - les équipements destinés au traitement des déchets sur les bateaux les plus récents représentent en moyenne un investissement de 10 M€  par unité (sources ECC) - des progrès restent à faire. Les procédés d’incinération demeurent sources de pollution de l’air et les eaux usées peuvent être déversées en mer sans aucun traitement à condition de respecter une certaine distance, au moins trois milles des côtes.

La solution passe par une meilleure coopération entre les armateurs et les autorités portuaires avec une amélioration des équipements de traitement des déchets disponibles à terre. Les ports maritimes ont l’obligation, en application de la directive européenne du 27 novembre 2000, d’adopter un plan de réception et de traitement des déchets d’exploitation des navires. « Ces obligations ne sont pas toujours respectées » dénonce Pierfrancesco Vago, vice-président d’ECC, « en particulier dans les ports du sud de l’Europe ».

Article réalisé avec la CCI Nice Côte d'Azur

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Lundi 24 Septembre 2012

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