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Tourisme et révolution ne font pas bon ménage


En Egypte comme en Tunisie, le tourisme est l'une des activités économiques phares qui pèse de 7 à 11% du PIB. Mais c'est aussi l'un des secteurs les plus sensibles à l'instabilité politique et aux évènements en cours avec d'ores et déjà des milliers d'annulations de voyages.


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En 2010, l'Egypte a reçu le nombre record de 14,7 millions de touristes étrangers (photo CM)
En 2010, l'Egypte a reçu le nombre record de 14,7 millions de touristes étrangers (photo CM)
EGYPTE / TUNISIE. Il aura suffi de quelques jours pour que les évènements en Egypte remplacent la révolution de Jasmin tunisienne à la une de l’actualité. Avec très vite des conséquences qui risquent d’être lourdes sur l'économie du pays et tout particulièrement le tourisme, l’une des toutes premières activités. 

L'Egypte fait partie du trio de tête des destinations touristiques de la Méditerranée du sud et les mois de janvier-février sont traditionnellement très chargés. Or dès le week-end du 27 et 28 janvier 2011, la plupart des tours opérateurs européens ont suspendu les départs vers le Caire, au moins jusqu’au 3 février 2011. Ils suivent ainsi les recommandations de plusieurs gouvernements qui déconseillent tout voyage « non absolument nécessaires ».
 
En revanche, les séjours balnéaires sur la mer Rouge où aucun incident n’a été enregistré, ne sont pas trop affectés pour l’instant mais les troubles qui frappent le pays ont des répercussions sur les réservations qui se tarissent sensiblement depuis une semaine, relève le groupe Marmara, l’un des spécialistes français de la destination. 

Un coup dur pour l’économie égyptienne alors que le tourisme représente 11% du PIB et 17% des emplois. Dans certaines villes comme Louxor ce sont près des trois cinquièmes de la population qui dépendent de cette activité.

Une destination d'hiver très pénalisée

Le coup est d'autant plus dur que la fréquentation touristique avait enregistré un rebond très important en 2010 avec 14,7 millions de visiteurs soit une progression de 17,5% par rapport à 2009, générant près de 13 mds $ (9,5 mds€) de recettes contre 10,8 mds$ (7,9 mds€) l'année précédente. Les Russes (2,8 millions en 2010, un chiffre en hausse de 40%) constituent désormais le plus grand bataillon de touristes en Egypte, suivis des Britanniques (1,4 million), des Allemands (1,3 million), des Italiens (1,1 million) et des français (600.000). 


En octobre 2010, le ministre égyptien du Tourisme, Zoheir Garrana, avait indiqué que le pays espérait attirer plus de 16 millions de touristes en 2011. Le soulèvement de la rue va profondément changer la donne, et cela d’autant plus que l’Egypte est une destination d’hiver contrairement à la Tunisie.  


Du côté de la Tunisie, les évènements de ces dernières semaines vont également peser lourd sur une activité qui représente 7% du PIB et emploie quelques 400.000 personnes (sur une population totale de 10,4 millions d'habitants). En 2009, la Tunisie a accueilli 6,9 millions de touristes qui ont généré de 18 à 20% des recettes du pays.  


Questions sans réponse en Tunisie

Au total, la Tunisie compte 230.000 lits touristiques (photo BC)
Au total, la Tunisie compte 230.000 lits touristiques (photo BC)
Après la nomination d'un nouveau gouvernement, la situation semble s'apaiser sur place, mais il est pour l'instant impossible de savoir si cela suffira pour rassurer les visiteurs étrangers. 

En France - premier marché émetteur européen du tourisme en Tunisie, le CETO, l'association professionnelle des tour opérateurs, a suspendu tous les séjours et circuits touristiques jusqu'au 7 février 2011. "Nous ferons le point dans la semaine pour savoir si cette date sera maintenue ou prolongée", indique un porte parole du CETO. 

Ces évènements tombent d'autant plus mal que la Tunisie a enregistré une baisse de son activité touristique depuis trois ans et le gouvernement avait mis en place un plan de relance basée sur une montée en gamme de la destination. 

Un impératif alors que, selon le Fonds monétaire international (FMI), une baisse de 20% de l'activité touristique provoquerait une baisse d'un point de pourcentage de la croissance du PIB tunisien. 

Brigitte Challiol

Lundi 31 Janvier 2011

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