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The Next Society met le cap sur l'innovation en Tunisie


Le programme européen The Next Society a fait une halte en Tunisie, un pays qui entend favoriser l'innovation notamment à travers son Start-up Act.



Mathias Fillon coordonne le programme The Next Society pour aider à développer l'innovation dans sept pays méditerranéens (photo : F.Dubessy)
Mathias Fillon coordonne le programme The Next Society pour aider à développer l'innovation dans sept pays méditerranéens (photo : F.Dubessy)
TUNISIE. "L'innovation est un moteur pour positionner la Tunisie sur la valeur ajoutée. Nous n'avons pas de propositions toutes faîtes pour une feuille de route mais nous avons soif de propositions." Anouar Maârouf, ministre tunisien des Technologies de l'information et de l'Économie numérique insiste : "il n'est pas possible de décréter l'innovation par des textes, par le haut." Il intervenait, fin juin 2018 à Tunis, à l'occasion d'un "Business innovation day" organisé par Anima Investment Network et les partenaires de The Next Society.

Lancé fin mai 2017 en Grèce, ce programme soutenu par la Commission européenne et prévu sur quatre ans, vise à "accompagner le changement dans la région en plaçant le secteur privé au coeur du dialogue et des dispositifs sur l'innovation et la compétitivité". Le plan d'action prévoit l'amélioration des cadres réglementaires, l'appui sur mesure aux start-up, la promotion et l'institutionnalisation des clusters et l'accompagnement des structures de transfert technologique.

"En un an de retour sur ce projet, nous sommes optimistes. Nous voulons aller plus loin que des recommandations et réaliser du concret" , précise Mathias Fillon d'Anima Investment Network. Coordinateur de The Next Society, il axe sa démarche à la fois sur l'"impact à avoir sur la stratégie, le système national d'innovation, dans chacun de ces pays en travaillant sur le cadre réglementaire, et sur les actions à mener auprès des start-up, des cluster et des centres de transfert technologique avec une offre de service à la carte." Ce programme soutient les éco-systèmes de l'innovation dans sept pays méditerranéens, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Égypte, le Liban, la Jordanie et la Palestine. "Ceci concerne les différents ministères, Éducation, Recherche, Investissement, Industrie, leurs agences nationales, et toutes les structures intermédiaires de soutien à l'innovation comme les incubateurs, les accélérateurs, les fonds d'investissement, les centres de recherche et les universités et ensuite les innovateurs eux-mêmes au premier rang desquels les start-up", précise Mathias Fillon.

"Ne pas confondre jeunes pousses et mauvaises herbes"

Anouar Maârouf veut favoriser le développement de l'innovation à travers les start-up (photo : F.Dubessy)
Anouar Maârouf veut favoriser le développement de l'innovation à travers les start-up (photo : F.Dubessy)
La Tunisie s'arme pour répondre aux nouveaux défis et après le vote d'une loi spécifique pour les start-up, Anouar Maârouf compte bien aller plus loin. "Le start-up Act n'est qu'une étape. Nous voulons dynamiser les talents, favoriser l'intégration régionale et internationale et créer un fond de fonds destiné à l'innovation." Ce dernier permettra d'aider, par exemple, à financer les dépôts de brevets. "L'État doit prendre en charge l'effort de R&D des start-up. Les ingrédients sont là pour l'innovation, à nous de traduire cette volonté d'innover en une réalité et faire de la Tunisie une vraie terre de l'innovation", souligne-t-il.

Le ministre pour qui "les machines froides de nos administrations confondent souvent les jeunes pousses et les mauvaises herbes", entend "lever les obstacles à l'innovation quitte à renoncer aux réflexes corporatistes, éliminer les barrières créées pour protéger les secteurs d'hier. L'électricité n'a pas été inventée par les fabricants de bougies."

Si le start-up Act va permettre, à travers un bouquet d'avantages financiers et fiscaux et des facilités administratives, de générer plus d'emplois à valeur ajoutée, il aura aussi le mérite de "changer l'image de la Tunisie en Afrique et dans le monde et de faire renaître l'espoir de la jeunesse dans leur pays", comme le souligne Anouar Maârouf.

En plus de l'aide de The Next Society, "l'Union européenne développera un programme d'appui aux différents aspects du secteur de l'innovation en Tunisie début 2019. Il sera doté de 25 M€ et permettra de répondre au chômage des jeunes et donc de contribuer à créer un tissu d'entreprises innovantes", dévoilait, lors du "Business innovation day", Vladimir Rojanski, attaché de coopération "Secteur privé et développement économique" de la délégation de l'Union européenne en Tunisie.

Problème de lisibilité de l'éco-système

The Next Society avait rendez-vous avec l'éco-système tunisien (photo : F.Dubessy)
The Next Society avait rendez-vous avec l'éco-système tunisien (photo : F.Dubessy)
En février 2018, la première réunion du panel de plaidoyer The Next Society en Tunisie et, fin juin 2018, le "Business innovation day" permette de tirer les premiers enseignements. "Par rapport à d'autres pays, où il est évident d'identifier les trous dans la raquette, nous rencontrons ici un problème de lisibilité de l'éco-système. Il se passe beaucoup de choses avec de nombreux acteurs impliqués, surtout au niveau des pouvoirs publics. Il est donc difficile de savoir qui fait quoi et surtout ce qui marche", commente Mathias Fillon.

Selon le coordinateur de The Next Society, "il existe cependant une avancée significative en matière de cadre réglementaire qui ne va peut être pas modifier l'ensemble du paysage des innovateurs en Tunisie mais, sur l'aspect start-up, est assez créatif avec notamment le start-up Act. Cette loi, et ça correspond à la philosophie de The Next Society, n'a pas été rédigée par des technocrates ou des parlementaires dissociés de cette problématique, mais par des représentants des start-up tunisiennes. C'est une avancée significative en terme de législation. Nous encourageons maintenant son application. " Mathias Fillon suggère d'autre part un décloisonnement entre le secteur public et le secteur privé dans le domaine de l'innovation.


Frédéric Dubessy, à TUNIS


Lundi 9 Juillet 2018



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