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Stéphane Pouffary : "il faut créer les conditions pour mettre en œuvre la transition énergétique locale."


Président d'honneur et fondateur de l'association Énergies 2050, Stéphane Pouffary présentait le 15 mai 2018 à Marseille son guide sur "Les défis du changement climatique en Méditerranée" publié en partenariat avec le Forum euro-méditerranéen des instituts économiques (Femise) et l'Institut de la Méditerranée. Il prône l'approche multi-acteurs et les complicités positives entre États pour mieux aborder la transition énergétique. English version


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Stéphane Pouffary : "il faut créer les conditions pour mettre en œuvre la transition énergétique locale."

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Stéphane Pouffary publie la troisième édition de son guide sur les défis du changement climatique en Méditerranée (photo : F.Dubessy)
Stéphane Pouffary publie la troisième édition de son guide sur les défis du changement climatique en Méditerranée (photo : F.Dubessy)
econostrum.info : Vous publiez avec le Femise votre rapport 2018 sur « Les défis du changement climatique en Méditerranée  », quelles étaient vos attentes ?

Stéphane Pouffary : Il existe une multitude de rapports, souvent très sectoriels, sans vision apaisée et transversale des enjeux du changement climatique et de la lutte contre le changement climatique dans l'espace euroméditerranéen. Cette édition 2018 du rapport entend identifier à la fois la vulnérabilité mais aussi les opportunités d'agir.
Nous le savons tous, la Méditerranée est considérée comme un point chaud des dérèglements du climat. Ceci veut dire que, par rapport aux effets constatés dans d'autres régions, interviendra une sur-vulnérabilité sur, entre autre, l'espace côtier, la biodiversité, la ressource en eau et, bien sûr, les espaces urbains. Notre vision panoramique montre cependant qu'il ne s'agit pas d'une fatalité et qu'il est possible d'agir.
 
Quels sont justement les enseignements de ce rapport ?
 
S.P. : Nous allons devoir être collectivement en capacité de suivre la mise en œuvre des politiques. Et d'impulser une plus grande ambition et de plus grandes complémentarités dans les politiques, au niveau des États, des régions ou même des villes voire des acteurs non-étatiques. Il n'est plus possible d'avoir une approche sectorielle désolidarisée des autres problématiques.
Par exemple, si je suis au Maroc ou en Égypte et que je n'anticipe pas les répercussions d'un aménagement ne favorisant pas l'usage de transports doux ou collectifs sobres en carbone, lors d'une planification de développement d'un territoire, je créé un verrou énergétique pour le pays pour les cinquante à soixante-dix ans à venir.

"La bonne partition sur le bon territoire"

Le président d'honneur d’Énergies 2050 refuse que les contraintes locales deviennent des plaidoyers pour un intérêt parcellaire (photo : F.Dubessy)
Le président d'honneur d’Énergies 2050 refuse que les contraintes locales deviennent des plaidoyers pour un intérêt parcellaire (photo : F.Dubessy)
Les gouvernants avec qui vous travaillez dans les différents échelons sont-ils sensibilisés à tout cela ?
 
S.P. : Franchement oui ! Sauf que je ressens une incompréhension, une peur et même une attitude un peu schizophrène. Oui, car très clairement plus personne ne peut dire "je ne savais pas".
Nous ne sommes pas en train de dire que la transition va venir de l'extérieur mais qu'il faut créer les conditions pour mettre en œuvre et accueillir la transition énergétique locale. Notre travail consiste à montrer que c'est possible et à trouver les mécanismes permettant une transition fiscale, organisationnelle, et basée sur des connaissances concrètes qui marchent dans des contextes spécifiques.
 
L'approche multi-acteurs s'impose donc sur ces problématiques ?
 
S.P. : Énergies 2050 travaille avec des États, pour les accompagner dans le cadre de l'accord de Paris, dans leurs recherches de financements climat, de la mise en oeuvre de l'agenda 2030..., avec des régions, des universités, des chercheurs, des entreprises, des associations et, bien évidement, aussi avec des citoyens. Nous sommes donc au coeur d'un grand puzzle à plusieurs dimensions. Le multi-acteurs se trouve de fait dans notre ADN. Mais la question est de savoir comment rendre cette approche encore plus légitime ? Là se situe un enjeu de confiance. Il faut qu'aujourd'hui nous ne soyons pas crispés sur une approche fragmentée et propriétaire. Nous devons accepter de regarder la contrainte de l'autre et, intégrer leurs propres contraintes pour qu'ils intègrent la notre. Cette contrainte ne peut pas et ne devrait pas être un plaidoyer pour un intérêt parcellaire. Ceci est vraiment le message d'Énergies 2050.
 
Nous croyons beaucoup à ce que l'on appelle des complicités positives et ce n'est pas un terme naïf ou utopiste. Si nous avons tous un objectif commun réel et qu'il va au-delà d'un intérêt propriétaire, nous avons un dénominateur commun pour commencer à agir. Chaque fois que ce préambule a été respecté, nous avons eu des succès, des transitions, des changements. Bien sûr, je ne peux pas dire que nous avons changé le monde, ce serait stupide et faux. Mais, ces changements nous pouvons les mesurer, les inscrire dans la durée et témoigner que c'est possible dans d'autres contextes.
Notre capacité à Énergies 2050 est de mettre en place la bonne partition sur le bon territoire. Pour que tout marche, ceci nécessite un besoin d'apaisement et des coalitions qui demandent un effort que nous ne pouvons pas porter seuls, d'où nos partenariats multi-acteurs avec des références comme l'Institut de la Méditerranée, le Femise et d'autres. Ceci demeure le point d'entrée de cette transition sur laquelle nous sommes totalement engagés car, à plusieurs, nous savons que nous avons les moyens de mettre en place des actions durables.

Le rapport "Les défis du changement climatique en Méditerranée" est disponible sur le site d’ENERGIES2050 : http://energies2050.org/wp-content/uploads/2018/05/Guide_pour_agir_05_Defis_du_changement_climatique_Med_2018.pdf
 
et sur le site du FEMISE : http://www.femise.org/wp-content/uploads/2018/05/2018-05-11_Rapport-MED_2018_v4_web_onlineCompMED.pdf

Mercredi 23 Mai 2018









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