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Sortie de piste définitive pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes



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FRANCE. C'est décidé. Après des dizaines d'années de tergiversations - le dossier a été ouvert en 1963 (voir encadré ci-dessous) -, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes vient d'être, mercredi 17 janvier 2018, officiellement et définitivement enterré par Edouard Philippe. Le Premier ministre français a tranché en faveur de l'extension (allongement de la piste notamment pour limiter les nuisances sonores) et de la modernisation de la plate-forme existante de Nantes-Atlantique (Bouguenais). Ceci lui permettra d'accueillir neuf millions de passagers et 80 000 mouvements d'avion à l'horizon 2040. Un coût évalué dans un rapport des médiateurs au Premier ministre entre 365 et 460 M€. Edouard Philippe entend aussi développer l'aéroport de Rennes-Saint-Jacques avec l'agrandissement de son aérogare pour "mieux répartir le trafic aérien dans l'Ouest du pays" indique-t-il.

Le Premier ministre - qui souhaite "davantage jouer sur la complémentarité rail-air" - charge Élisabeth Borne, ministre française des Transports, d'"étudier dans un délai de six mois les conditions de mise en oeuvre ... pour mettre en réseau les aéroports régionaux et s'appuyer sur les lignes ferroviaires à grande vitesse pour rejoindre les plates-formes aéroportuaires parisiennes."

Les pro-aéroports se déchaînent

L'annonce de l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes a donné lieu à des scènes de liesse du côté des zadistes (de ZAD comme zone à défendre), qui occupent le site depuis une dizaine d'années, qui évoquent une "victoire historique".
Aux cris de joie des zadistes - qui devront évacuer le site "d'ici au printemps prochain" et rétablir dès à présent la circulation sur les trois routes qui traversent Notre-Dame-des-Landes, comme l'a indiqué Edouard Philippe - ont répondu les déclarations incendiaires des pro-aéroport. Bruno Retailleau, ancien président LR de la région des Pays de la Loire, a jugé qu'Emmanuel Macron "a joué avec les élus, chefs d'entreprises et habitants. Nous ne l'oublierons jamais. C'est un tournant pour M.Macron dont le quinquennat vient de s'abimer dans le boue de Notre-Dame-des-Landes." Pour Johanna Rolland, maire PS de Nantes, rappelant le résultat en faveur de l'aéroport obtenu lors du référendum du 26 juin 2016, "cette décision est un mauvais coup porté au Grand Ouest et pour nous une trahison, un déni de démocratie(...) l'Etat dit "votre votre ne compte pas", cette décision affaiblit cet état de droit."

Le plus virulent aura été cependant Philippe Grosvalet. Intervenant avant même l'annonce officielle, le président PS du département de Loire-Atlantique a fustigé le président de la République l'accusant de "piétiner toutes les procédures publiques de notre pays" à travers cette décision. Selon lui, "il piétine les 179 décisions de justice qui ont été prises, il piétine nos collectivités, région, départements et les habitants."

L'aéroport abandonné, les agriculteurs expropriés vont pouvoir retrouver leurs terres, "s'ils le souhaitent" précise Edouard Philippe, et le foncier sera petit à petit cédé, le gouvernement renonçant à la DUP (Déclaration d'utilité publique) de février 2008 qui avait gelée ces terrains pour la construction de la plate-forme.

UN AÉROPORT MORT-NÉ DE 55 ANS

Lancé en 1963 par la Datar, le projet d'un nouvel aéroport dans le Grand Ouest de la France avait débouché sur le choix, en 1968, de Notre-Dame-des-Landes. Une opposition avait vu le jour en 1972 avec la constitution de l'ADECA (Association de défense des exploitants concernés par l'aéroport) devenue en 2000, lorsque le dossier est relancé par Lionel Jospin alors premier ministre, l'ACIPA (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes)

L'utilité publique de la plate-forme aéroportuaire avait été reconnue en avril 2007 par le Préfet de la région Pays-de-la-Loire et une DUP (Déclaration d'utilité publique) décrétée en février 2008. A cette date commence l'occupation du site par des groupes d'opposants qui deviendront les Zadistes.

D'un coût de 561 M€, l'aéroport mort-né devait s'étendre sur 1 650 hectares. Sa conception, son financement, sa construction et son exploitation devaient être confiées à Vinci qui a emporté un appel d'offres en décembre 2010.

Il devait disposer de deux pistes, respectivement de 2 750 m et de 2 900 m, lui permettant d'accueillir tout type d'avion.


Mercredi 17 Janvier 2018

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