Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée
Econostrum.info


         Partager Partager

Sergio Mattarella réélu Président de la République italienne au bout de huit tours de scrutin


Rédigé par , le Lundi 31 Janvier 2022 - Lu 774 fois


Sergio Mattarella est le premier président sortant de l'histoire italienne a être reconduit (photo: Présidence de ka République italienne)
Sergio Mattarella est le premier président sortant de l'histoire italienne a être reconduit (photo: Présidence de ka République italienne)
ITALIE. Tout ça pour ça... Après cinq jours de suspens et huit tours de scrutins, Sergio Mattarella a, finalement, été réélu, samedi 29 janvier 2022, Président de la République italienne. Un résultat surprenant alors que Mario Draghi, Président actuel du Conseil italien (depuis février 2021), passait pour largement favori dans cette course. Et que le sortant ne voulait pas briguer un nouveau mandat.

Sergio Mattarella (80 ans) va donc rester sept ans de plus au palais du Quirinal à Rome, résidence officielle du chef de l'État.

Cette élection aura été rocambolesque. Les rebondissements ont été nombreux, de la candidature éphémère de Silvio Berlusconi à celle fantaisiste de dernière minute de l'acteur et producteur de films pornographiques Rocco Siffredi affirmant avoir "fait plus de bien à ce pays que n'importe quel autre politicien dans l'histoire."

Ayant pourtant annoncé qu'il ne souhaitait par être réélu, Sergio Mattarella est arrivé premier ou deuxième dans les huit tours. Ceci s'explique par le mode de scrutin indirect et secret particulier qui n'exige pas de formalisation de candidature. Les 1009 grands électeurs (députés, sénateurs, délégués régionaux) ont donc donné au moins une voix à plus d'une trentaine de femmes et d'hommes politiques.

Mario Draghi préféré à la présidence du Conseil

Le premier tour a donné 36 voix à Paolo Maddalena, 16 à Sergio Mattarella, 9 à Marta Cartabia, tous les trois membres d'aucun parti, et 7 à Silvio Berlusconi (FI), Roberto Cassinelli (FI), Guido De Martini (Lega) et Antonio Tasso (MAIE). Les bulletins blancs ont représenté 65,85% du total (dont 5,02% de nuls). Le second a conclu à un ex aequo (39 voix) entre Paola Maddalena et Sergio Mattarella avec 54% de bulletins blancs. Et le troisième s'est terminé par quatre candidats se détachant vraiment: Sergio Mattarella (125 voix), Guido Crosetto (114), Paolo Maddalena (61) et Pier Ferdinando Casino avec seulement 42,13% de votes blancs.

Cette impasse due au très faible nombre de suffrages exprimés s'explique par l'absence de consensus des partis autour d'un nom. Ainsi que la volonté d'une grande majorité de grands électeurs que Mario Draghi continue à gouverner alors qu'il faut mettre en place les réformes promises pour obtenir la manne de 191,5 mrds€ du fonds de relance européen. Selon eux, l'ex-président de la Banque centrale européenne (BCE) semblait le plus compétent pour gérer cette période délicate pour le pays. Ils ne souhaitaient donc pas qu'il atterrisse au palais du Quirinal.

Autre cause de ces hésitations, plusieurs parlementaires craignaient que le prochain Président du Conseil italien ne provoque de nouvelles législatives et donc de ne pas retrouver leur siège. Le gouvernement actuel repose en effet sur une fragile coalition regroupant le centre droit et le centre gauche, cimentée par Mario Draghi.

Donc, à choisir, le nom de Sergio Mattarella, un indépendant, faisait consensus.

Élu avec 759 voix sur 1009

La plupart des observateurs pensait que l'élection se décanterait au quatrième tour (comme lors de la précédente en 2015) car la majorité absolue suffit alors pour être élu, au contraire des trois premiers exigeant une majorité des deux tiers. Mais aucun candidat ne s'est encore détaché, Sergio Mattarella obtenant 166 voix et Nino Di Matteo 56 (Mario Draghi 5).

Il a donc fallu attendre le cinquième tour pour voir Elisabetta Casellati (née Maria Elisabetta Alberti) se distinguer significativement en rassemblant 382 voix contre 46 pour Sergio Mattarella et 38 à Nino Di Matteo. Mario Draghi n'en a obtenu que trois. Elle n'avait jusqu'à présent réussit à n'avoir qu'au mieux trois voix aux quatre tours de scrutin précédents. Ce résultat a provoqué un sixième scrutin la même journée dont est cette fois sorti vainqueur Sergio Mattarella (Elisabetta Casellati obtint seulement deux voix) avec 336 bulletins favorables. Mais pas assez pour être élu. Le sixième tour lui a offert 387 voix et le huitième, enfin, 759.

Finalement rien ne change donc en Italie. Sergio Mattarella reste président de la République et Mario Draghi président du Conseil. Les deux contre leur gré puisque l'un aspirait à ne plus avoir de fonction et l'autre à en changer.

C'est la première fois dans toute l'histoire italienne qu'un président de la République sortant bénéficie d'un second mandat. Il débutera à compter du jeudi 3 février 2022.

Les prérogatives du Président italien sont avant tout protocolaires. Même s'il dispose du droit de nommer les membres du gouvernement, peut dissoudre la Chambres des députés et le Sénat de la République en cas de crise et désigne jusqu'à cinq sénateurs à vie.




   Nos partenaires






À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Société/Institutions), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.


S'abonner à Econostrum.info