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Selon la Cnuced, la lutte contre les flux financiers en Afrique pourraient faire gagner 89 mrds$ par an


Rédigé par le Mardi 29 Septembre 2020 | Lu 618 commentaire(s)


Les flux financiers illégaux nuisent au développement du continent africain (photo: Banque mondiale/Dominic Chavez)
Les flux financiers illégaux nuisent au développement du continent africain (photo: Banque mondiale/Dominic Chavez)
AFRIQUE. Selon le rapport 2020 de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) sur le développement en Afrique, la lutte contre la fuite des capitaux et les flux financiers illicites (FFI) dans ce continent pourrait générer de nouveaux fonds pour répondre à la crise de la Covid-19. Mais aussi renforcer la résilience future des économies africaines.

Rendu public lundi 28 septembre 2020, ce document estime que les pays africains devront réunir au moins 200 mrds$ (171 mrds€) pour répondre aux coût économiques et sociaux de la pandémie, en plus des dépenses de santé d'urgence. Or, 88,6 mrds$ (75,9 mrds€) par an quitteraient le continent africain sous forme de fuite illicite de capitaux (richesses envoyées et détenues à l'étranger) dont 40 mrds$ (34,2 mrds€) liés à l'exportation de produits extractifs. Une somme équivalente à 3,7% du Produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique. 88,6 mrds$ c'est également, peu ou prou, l'addition des 48 mrds$ (41,1 mrds€) des entrées annuelles totales d'aide publique au développement et des 54 mrds$ (46,2 mrds€) d'investissements étrangers directs (IDE) annuels reçus par les pays africains (moyenne pour la période 2013-2015).

De 2000 à 2015, le total des FFI a atteint 836 mrds$. Un nombre à rapprocher des 770 mrds$ (659,6 mrds€) du stock total de la dette extérieure de l'Afrique en 2018.

9,6 mrds$ perdus au profit des paradis fiscaux

"Ces flux financiers illicites comprennent la fuite des capitaux, les pratiques fiscales et commerciales illicites comme la facturation erronée des envois commerciaux et les activités criminelles telles que les marchés illégaux, la corruption ou le vol", précise le rapport. Selon Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la Cnuced, ils "privent l'Afrique et ses habitants de leurs perspectives, sapant la transparence et la responsabilité et érodant la confiance dans les institutions africaines."

Le document constate également que dans les pays africains où les FFI sont élevés, les gouvernements dépensent 25% de moins pour la santé et 58% de moins pour l'éducation que dans les pays où ils sont faibles.

L'Afrique aurait perdu 9,6 mrds$ (8,2 mrds€) au profit des paradis fiscaux, soit 2,5% du total des recettes fiscales.

"Les solutions au problème doivent passer par une coopération fiscale internationale et des mesures de lutte contre la corruption. La communauté internationale devrait consacrer davantage de ressources à la lutte contre les FFI, notamment en renforçant les capacités des autorités fiscales et douanières des pays en développement", conclut le rapport.

Lire le rapport complet