Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

Sécheresse sans coupures d’eau en Provence




FRANCE. L’été le plus sec depuis trente ans n’a pas provoqué de restrictions notables d’usage de l’eau en Provence. Surveillance et gestion en amont des opérateurs l’expliquent. Mais des particularités climatiques ponctuelles aussi.


            Partager Partager

La Durance en basses eaux près de Mallemort (photo MN)
La Durance en basses eaux près de Mallemort (photo MN)
La Provence n’avait pas connu de sécheresse aussi intense depuis le début des années 1980. Sans précipitations, la période estivale aurait dû valoir des restrictions d’eau sur le littoral d’une région méditerranéenne qui approche les cinq millions d’habitants.
 
« Le préfet du Var a pris quelques arrêtés en ce sens, mais nous pensons cela inutile, la situation était maitrisée » regrette Philippe Vitel, le président de la Société du Canal de Provence. Cette société semi-publique est chargée depuis 60 ans de satisfaire les multiples besoins en eau dans une Provence à la forte démographie, aux activités industrielles localement importantes, et à l’agriculture aux productions d'une grande diversité.
 
La SCP dit avoir disposé, à la fin du printemps 2016, de 250 millions de mètres cubes d’eau répartis en trois barrages sur le Verdon, l’une des deux grandes rivières qui alimente, depuis les Alpes méridionales, la Provence littorale.
 
Cependant, c’est la réserve de Serre-Ponçon, gérée par EDF, qui constitue le plus important réservoir d’eau, sur la Durance, l’autre grande rivière de la région. Mise en eau en 1959, la retenue peut contenir jusqu’à 1,27 milliard de mètres cubes. « 200 millions sont réservés au ministère de l’Agriculture. Si besoin, des quantités supplémentaires sont négociées » souligne Maxime Tirman, le responsable EDF de Serre-Ponçon. « L'été dernier, cela n'a pas été nécessaire ».
 
Car l’eau n’a pas manqué…au printemps grâce à « un enneigement hivernal  correct dans les Alpes du Sud, et surtout un printemps frais » dixit Maxime Tirman, « aussi la fonte des neiges qui assure le remplissage du lac s’est poursuivie jusqu’en juillet ».

Deux logiques…et un peu de chance climatique

La gestion des réserves d’eau de la Durance et du Verdon n’obéit pas aux mêmes logiques. La SCP, qui mène des travaux importants pour alimenter la plus grande partie du département du Var, hyper-touristique, et du Vaucluse très agricole, ne produit que marginalement de l’électricité. En revanche, le rôle fondamental d’EDF reste de mobiliser, en quelques minutes, une puissance électrique que douze ouvrages permettent.
 
Côté SCP, un centre de télégestion, inauguré en 2016, parvient à suivre de dix minutes en dix minutes le comportement de trente-neuf points de prélèvements répartis entre Alpes et Littoral provençal, et de gérer les approvisionnements à travers un réseau de dix centres d’exploitation.
 
EDF surveille essentiellement l’état de l’enneigement, qui indiquera avec précision, à quel niveau ses  barrages se rempliront, puis gère ce stock en fonction des besoins en électricité et des besoins agricoles, mais aussi touristiques. Pour autant, la rupture d’approvisionnement d’eau aurait pu intervenir. « N’oublions pas que notre barrage hydroélectrique de tête sur le Verdon, la réserve de Castillon, ne voyait plus entrer que moins de deux mètres cubes par seconde au cœur de l’été » se souvient Maxime Tirman. « Nous avons atteint un point bas historique du débit enregistré sur le Verdon cet été ! »
 
Et les deux gestionnaires de conclure : il vaut mieux ne pas avoir deux années sèches consécutives à subir.
Usine électrique en basse Durance. La rivière doit à la fois satisfaire la demande en électricité, celle des agriculteurs, et des collectivités qui gèrent des plans d'eau touristique (photo MN)
Usine électrique en basse Durance. La rivière doit à la fois satisfaire la demande en électricité, celle des agriculteurs, et des collectivités qui gèrent des plans d'eau touristique (photo MN)


Jeudi 20 Octobre 2016


Lu 2963 fois











RÉFLEXIONS

Les territoires ont un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique : Région SUD et opportunités de coopération sur le plan EU-Med

Constantin Tsakas, délégué général de l'Institut de la Méditerranée, secrétaire général du Femise
Grand angle


LE Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération 2019
Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération
 30,00 € 
  Prix Spécial | 19,00 €
FICHES FINANCEMENT - FICHES PAYS - ANNUAIRE


Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA

Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss