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Saad Hariri offre enfin un nouveau gouvernement au Liban


Le nouveau gouvernement très hétéroclite concocté par le Premier ministre sortant Saad Hariri a la lourde charge de relancer l'économie libanaise en berne et de séduire, par de nouvelles réformes, les investisseurs étrangers.


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Saad Hariri a présenté le nouveau gouvernement à Michel Aoun (photo : NNA)
Saad Hariri a présenté le nouveau gouvernement à Michel Aoun (photo : NNA)
LIBAN. Il aura fallu attendre plus de huit mois. Huit mois de négociations pour qu'enfin Saad Hariri, premier ministre sortant, puisse présenter son nouveau gouvernement, jeudi 31 janvier 2019. Il tentait de réussir ce vrai challenge depuis mai 2018 et les élections législatives. Les premières organisées depuis près de dix ans.

Son équipe se compose de trente ministres. Elle amalgame pratiquement toutes les forces politiques en présence dans ce pays très divisé et multiconfessionnel où chaque communauté religieuse, affublée d'un parti, veut jouer sa carte aux commandes. Ceci laisse, encore une fois, l'impression d'un patchwork bien instable.

Saad Hariri n'a pu intégrer que cinq ministres de son parti sunnite le Courant du Futur. Et a du offrir une minorité de blocage (13 postes) au Courant patriotique libre (CPL) du président Aoun allié au Hezbollah. Gebran Bassil, gendre de Michel Aoun, peut ainsi conserver son poste de ministre des Affaires étrangères à l'image d'Ali Hassan Khalil qui reste ministre des Finances. Le Hezbollah obtient lui trois sièges comme le mouvement chiite Amal.

Quatre femmes entrent dans ce gouvernement dont deux à des postes primordiaux : Intérieur et Energie. "Je suis fier de la femme libanaise et des quatre ministres femmes dans le gouvernement. Je suis fier de la première ministre de l'Intérieur dans le monde arabe. Je suis fier de l'avenir du Liban", déclarait, vendredi 1er février 2019, Saad Hariri sur son compte twitter..

"La formation du nouveau gouvernement a relancé les marchés financiers, en particulier les marchés des obligations souveraines libanaises en dollars et les a placé au plus haut rang depuis juillet 2018", souligne, vendredi 1er février 2019, Michel Aoun.

Principale mission : relancer l'économie

"Nous sommes face à des défis économiques, financiers, sociaux et administratifs", commente le Premier ministre. Il dirige un Etat de 4,6 à 6,2 millions d' habitants (estimations, car aucun recensement officiel n'a été effectué depuis 1932 durant le mandat français) qui doit gérer la guerre dans la Syrie voisine - où intervient le Hezbollah avec son allié iranien - et ses conséquences politiques avec les déchirements entre partis pro et anti Bachar Al Assad, comme sociaux et économique avec l'accueil d'1,5 million de réfugiés. Sans compter les tensions à la frontière avec Israël, officiellement toujours en guerre avec le Liban depuis le conflit de l'été 2006 et la signature d'un cessez-le-feu sous l'égide du Conseil de sécurité de l'Onu (résolution 1701) mais pas d'un traité d'armistice.

La nouvelle équipe se voit confrontée au lourd challenge d'engager d'ambitieuses réformes économiques pour attirer les investissements étrangers mais aussi relancer l'économie alors que la dette publique avoisine les 150 % du Produit intérieur brut (PIB de 56,71 mrds$ en 2018)) d'après la Banque mondiale. Ceci en fait le second pays le plus endetté au monde derrière la Grèce et le Japon.

Selon la Banque mondiale, la croissance ne sera que de 1,3% en 2019 (2% en 2018 selon le gouverneur de la Banque du Liban) et de 1,5% en 2020 et 2021. Le chômage se situe entre 30 et 40% de la population active ( 2200 entreprises ont fait faillite en 2018).

Les promesses de Cedre

La communauté internationale s'est engagée - en avril 2018 à Paris lors de la conférence internationale Cedre sous le parrainage de la France - à verser 11,5 mrds$ (10 mrds€) en prêts à taux réduits et en dons à Beyrouth, notamment pour permettre la remise à niveau des infrastructures. Elle n'honorera ses promesses que sous la condition de véritables avancées en terme de réformes et de renforcement du climat des affaires. Le 22 janvier 2019, l'agence de notation Moody's a baissé la note souveraine du Liban (de B3 à Caa1) à cause d'"un risque de crédit très élevé". Selon Saad Hariri, juge "la situation financière au Liban plus supportable. Les défis sont nombreux et les moyens limités."

Le premier ministre doit désormais, dans les trente jours prévus par la Constitution, proclamer devant le Parlement sa déclaration de politique générale.

Le nouveau gouvernement libanais (source : décret présidentiel du 31 janvier 2019)

M. Saad Hariri, Premier ministre,
M. Ghassan Hasbani vice-Premier ministre,
M. Akram Chehayeb ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur,
M. Ali Hassan Khalil ministre des Finances,
M. Mohammad Fneich ministre de la Jeunesse et du Sport,
M. Gebran Bassil ministre des Affaires étrangères,
M. Waël Abou Faour ministre de l'Industrie,
Mme Raya Haffar Hassan ministre de l'Intérieur et des Municipalités,
M. Sélim Jreissati ministre d'Etat pour les Affaires de la Présidence de la République,
M. Elias Bou Saab ministre de la Défense nationale,
M. Jamal Jarrah ministre de l'Information,
M. Youssef Fenianos ministre des Travaux publics,
M. Avedis Guidanian ministre du Tourisme,
M. Albert Serhan ministre de la Justice,
M. Mahmoud Kamati ministre d’Etat aux Affaires du Parlement,
M. Mansour Bteich ministre de l’Economie et du Commerce,
M. Jamil Sobhi Jabak ministre de la Santé publique,
M. Camille Abou Sleiman ministre du Travail,
M. Richard Kouyoumjian ministre des Affaires sociales,
Mme May Chidiac ministre d’Etat aux Affaires du développement administratif,
M. Hassan Lakiss ministre de l’Agriculture,
M. Mohammad Chukeir ministre des Télécommunications,
M. Adel Afyouni ministre d’Etat aux Affaires de la Technologie des informations,
M. Fadi Jreissati ministre de l’Environnement,
M. Ghassan Atallah ministre des Déplacés,
M. Hassan Murad ministre d’Etat aux Affaires du Commerce extérieur,
M. Saleh al-Gharib ministre d’Etat aux affaires des Déplacés,
M. Mohammad Daoud Daoud ministre de la Culture,
Mme Violette Kheirallah Safadi ministre d’Etat aux affaires des Jeunes et de la Femme,
Mme Nada Boustani ministre de l’Energie et des Eaux.

Vendredi 1 Février 2019

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