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S'organiser : une nécessité pour gérer la pénurie croissante d’eau



Le Forum Mondial de l’Eau, qui se réunira à Marseille en mars 2012, est préparé localement par de nombreux colloques ou conférences. Le 12 octobre 2011, l’Ecole des Arts et Métiers d’Aix-en-Provence (ENSAM) et Electricité de France (EDF) en organisait une consacrée aux « effets du changement climatique dans le domaine de l’eau et de l’énergie ». Stratégies adaptatives et questions de gouvernance au nord et au sud y ont été largement abordées.


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Ressources en eau moindres pour besoins accrus ? (photo MN)
Ressources en eau moindres pour besoins accrus ? (photo MN)
« La ressource annuelle d’eau allouée par individu et par an est de 168 m3 en Jordanie, et de 3 500 en France ». Hachmi Kennou, le directeur exécutif de l’Institut Méditerranéen de l’Eau (IME) a l’art de cadrer directement les problèmes. Alors qu’en Europe se pose avec anxiété la question du partage entre usages d’une eau de qualité en baisse, en Afrique du Nord c’est la disponibilité de quantités déjà très réduites qui créera vite de l’angoisse.
 
« Avant la fin du siècle selon une étude du Plan Bleu pour la Méditerranée, 290 millions de Méditerranéens seront en situation de stress hydrique » insiste Hachmi Kennou, lors d’un colloque préparatoire au Forum Mondial de l’Eau à Aix-en-Provence. Et les victimes seront surtout au Sud.
 
Il importe donc dès à présent de réagir et de s’adapter. Or dire que 80% de la ressource est utilisée par l’agriculteur marocain ou égyptien ne règle rien en soi. «  Tout le monde est concerné, et chacun devra changer ses habitudes pour aller vers une gestion adaptative », reprend Hachmi Kennou, car le manque d’eau aura des conséquences en terme de sécurité alimentaire, et « on ne pourra se contenter de dire au fellah égyptien qu’il ne peut plus irriguer telle ou telle culture ! ».

Un rôle pour les banques de développement

Hachmi Kennou (IME) "la situation de stress hydrique sera supportée par 290 millions de Méditerranéens à la fin du 21 è siècle" (photo MN)
Hachmi Kennou (IME) "la situation de stress hydrique sera supportée par 290 millions de Méditerranéens à la fin du 21 è siècle" (photo MN)
Même si le rythme des réformes et la lenteur des décisions d’arbitrage peut sembler peu adaptée à l’enjeu, la plupart des pays du Maghreb et du Machrek ont pris des initiatives en ce sens.

Le Plan National de Gestion de la Ressource 2030 en est un exemple au Maroc ; le plan d’adaptation tunisien à l’horizon 2050 en est un autre, qui a engagé une réflexion sur les cultures adaptées au manque d’eau ; un plan d’adaptation est aussi en cours en Egypte ; jusqu’à l’Autorité Palestinienne, dans un territoire éclaté, contraint et et aux ressources hydriques soumises à la puissance occupante, qui discute une stratégie adaptative avec l’aide du Plan des Nations Unies pour le Développement (PNUD ).
 
Si pour Hachmi Kennou, une meilleure et plus étroite relation entre les associations et réseaux d’ingénieurs doit créer un courant favorable aux législations adaptatives, le rôle des banques de développement sera crucial. « Qu’elles imposent des études d’impact sur la ressource en eau de façon systématique semble indispensable ».
 
Mais c’est la question de la gouvernance de ces mesures qui se pose encore. « Ici (En France, ndlr) un Conseil Régional est élu, au Sud il est nommé ». Pour lui, la proximité entre centre de décision et population concernée serait essentielle à l’efficacité des mesures à prendre.

Cinq régions tests en France, toutes au Sud

L'ENSAM d'Aix en Provence accueillait un public nombreux pour cette conférence sur l'eau et le réchauffement climatique, dans l'optique du Forum Mondial de l'Eau, prévu en mars 2012 à Marseille (photo MN)
L'ENSAM d'Aix en Provence accueillait un public nombreux pour cette conférence sur l'eau et le réchauffement climatique, dans l'optique du Forum Mondial de l'Eau, prévu en mars 2012 à Marseille (photo MN)
En Provence Alpes Cote d’Azur, c’est une donnée intégrée par l’Etat, qui vient de lancer en septembre 2011 des Schémas Régionaux Climat Energie (SRCAE ) en partenariat avec les régions concernées, alors que chaque unité territoriale de plus de 50 000 habitants doit, d’ici fin 2012, définir un Plan Climat Energie Territorial. 

Sur des logiques climatiques, l’Etat a lancé une étude globale pour la stratégie adaptative de cinq régions du Grand Sud Est français : Corse, Provence, Languedoc, Auvergne, Rhône Alpes. En Provence Alpes Cote d’Azur, la discussion de ces plans se fera à l’aide de forums où est invité le public, et donnera lieu à des actions votées par les élus régionaux.
 
Cette organisation mise en ordre à la suite d’une Stratégie Nationale d’Adaptation (au changement climatique) rend François Lefèbvre, le Secrétaire Général aux Affaires Régionales, fonctionnaire d’Etat chargé des relations aux Régions, « vigilant mais optimiste ». Cependant, pour lui, ce qui comptera, c’est le suivi de la dynamique enclenchée : « les prévisions faites il y a quinze ans ont été balayées, c’est pourquoi ces plans doivent être révisés en permanence ».

Article réalisé en partenariat avec EDF

Lundi 17 Octobre 2011


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