Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée


S&P conserve la note du Maroc, mais révise ses perspectives à la baisse



            Partager Partager

Les exportations automobiles ont été inférieures de 33% à celles de 2019 à la même période (photo : F.Dubessy)
Les exportations automobiles ont été inférieures de 33% à celles de 2019 à la même période (photo : F.Dubessy)
MAROC. L'agence de notation S&P a confirmé, vendredi 2 octobre 2020, la note "BBB-/A3" de crédit souverain à long et court terme en devises et en monnaie locale du Maroc mais a révisé à la baisse ses perspectives qui passent de "stables" à "négatives".

Cette modification indique que la note pourrait évoluer à la baisse dans les vingt-quatre prochains mois.

Elle justifie cette décision par "les graves répercussions de la Covid-19 sur la demande extérieure et domestique". S&P cite notamment les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales sur les marchés des matières premières et les produits de base. Les restrictions sur les voyages internationaux pèsent également. Les investissements et surtout les exportations devraient s'effondrer en 2020 selon l'agence de notation.
Les exportations des principales sources de croissance dans le secteur non-agricole (automobile, aéronautique, électronique) ont été, respectivement de 33%, 18% et 5% inférieures à celles de la même période en 2019.

S&P prévoit une contraction du PIB réel du pays probablement de 5,5% en 2020. Il devrait ensuite se redresser progressivement avec une croissance d'environ 4,2% en 2021 et 2022, à condition qu'un traitement ou un vaccin efficace contre la pandémie soit disponible en 2021. Le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre environ 7,7% du PIB en 2020 (contre un objectif révisé en août 2020 à 7,5%) et la dette publique nette augmentera à 65,9% du PIB en 2020.

Un train de mesures adopté

Selon l'agence, "le déficit des comptes courants se creusera à 6,4 % du PIB cette année avant de ne se renforcer que lentement en 2021-2023, ce qui augmentera les besoins bruts de financement extérieur de l'économie".

Le Maroc a annoncé une série de mesures, notamment des subventions salariales et des congés de prêt pour les employés et un soutien financier aux ménages travaillant dans le secteur informel, ainsi que des exonérations d'impôt sur les sociétés, des prêts et des cotisations sociales pour les petites et moyennes entreprises. Ces mesures devaient initialement durer jusqu'à fin juin, mais ont été prolongées jusqu'à fin décembre 2020 dans le secteur du tourisme. Elles sont financées par un fonds spécial, doté d'environ 3 % du PIB avec des contributions fiscalement déductibles des secteurs public et privé. Le gouvernement a accéléré les paiements à ses fournisseurs du secteur privé - suite à la réduction de ses délais de paiement aux fournisseurs en 2019 - et à ceux des entreprises publiques, et a réglé ses arriérés de paiement avec le secteur privé. Dans le même temps, la banque centrale a adopté des mesures visant à faire face aux risques de liquidité croissants compte tenu de l'arrêt soudain de l'activité économique.

S&P loue la stratégie marocaine

En août 2020, un plan de relance économique de 120 milliards de dirhams (11 mrds€) a été lancé pour garantir des crédits aux entreprises et financer un nouveau Fonds d'investissement stratégique. Il servira à financer des projets, notamment par le biais de partenariat public-privé, mais aidera aussi à la recapitalisation des entreprises pour soutenir leur développement. Parallèlement, le budget 2020 du Maroc intègre la création d'un Fonds de soutien au financement des entreprises pour le développement économique. Doté de 8 milliards de dirhams (734 M€) sur trois ans - dont 3 milliard de dirhams (275 M€) par l'Etat, 3 milliards par le secteur bancaire et 2 milliards (184 M€) par le Fonds Hassan II -, il s'adressera aux jeunes diplômés, aux Tpe et aux entreprises orientées vers l'exportation.

"Nous pensons qu'une fois que les effets de la pandémie commenceront à s'atténuer, le changement de la structure économique sous-jacente du pays se poursuivra et bénéficiera aux perspectives de croissance et à la stabilité économique. Ce changement sera favorisé par la reprise des investissements directs étrangers (IDE) et par un secteur agricole plus résistant, tous deux soutenus par la stratégie du gouvernement visant à promouvoir l'activité du secteur privé et à limiter ou, dans certains secteurs, à réduire le rôle du gouvernement dans l'économie", notent les experts de S&P.

L'agence souligne en outre que "le Maroc a largement fait preuve de stabilité politique et sociale, surtout après le printemps arabe. Il y est parvenu grâce à des réformes constitutionnelles, une augmentation des dépenses publiques visant le développement économique et une réduction des inégalités économiques dans les régions moins développées".

Lundi 5 Octobre 2020

Lu 1753 fois




Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

A lire avant de commenter !
Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Econostrum.info.
Pour assurer des échanges de qualité, un maître-mot : le respect. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.
Il n'est pas permis de choisir comme nom d'utilisateur le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.).
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, reproduisant des échanges privés, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos…).
Econostrum.info se réserve le droit d'éliminer tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier, contenant des invectives et des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
Une trop mauvaise qualité d’écriture (multiplication des fautes de frappe, absence totale de ponctuation, langage SMS, etc.) peut entraîner la non-publication des messages.
Les décisions des modérateurs ne peuvent être contestées. L’auteur de la contribution est responsable de son contenu. La fiabilité de l’utilisateur, son identité et sa moralité ne peuvent être garantis par Econostrum.info. Econostrum.info ne pourra en aucun cas en être tenu responsable.
Si vous désirez signaler un contenu illicite ou abusif, merci de le faire à l'adresse suivante : redaction@econostrum.info.


Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.


RÉFLEXION

Le droit au blasphème, le Coran et la jurisprudence exégétique

Sami Bibi, universitaire et chercheur auprès du réseau international Politique Economique et Pauvreté (PEP) de l'Université Laval (Québec-Canada)
Grand angle

Actus par pays

Voir en plein écran




Suivez-nous
Facebook
Twitter
YouTube
Newsletter


Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA








À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Finances), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.