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Retour des stratégies navales en Méditerranée


Depuis le début de l’année 2015, 3300 migrants ont péri en mer Méditerranée. L’Europe se débat pour tenter de gérer l’afflux historique de migrants en Europe. Quel est le rôle des navires de commerce et celui des marines nationales dans cette tragédie ? La Méditerranée, au confluent de cette problématique, voit poindre quelques initiatives comme le montre les Assises de l'économie maritime à Marseille.


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Jean-Dominique Giuliani, président du Conseil d’administration de la Fondation Robert Schuman. (Photo N.B.C)
Jean-Dominique Giuliani, président du Conseil d’administration de la Fondation Robert Schuman. (Photo N.B.C)
MEDITERRANEE.  « L’Europe est une sorte de petits paradis où l’on vit bien. Nous sommes confrontés à l’afflux de réfugiés et au problème d’immigration. Les Etats membres de l’Union européenne n’ont pas voulu mettre en commun leurs ressources or, nous ne parvenons pas à arrêter les passeurs.  Nous avons comme principal objectif d’intervenir sur les côtes libyennes pour les arrêter et limiter ces trafics », souligne Jean-Dominique Giuliani. Le président du Conseil d’administration de la Fondation Robert Schuman, qui œuvre en faveur de la construction européenne, intervenait mardi 3 novembre  2015 lors de conférence « Economie et géopolitique regards croisés sur la Méditerranée » aux Assises de l’économie maritime qui se tiennent à Marseille les 3 et 4 novembre 2015. 

Amiral Bernard Roger, chef d’Etat major de la Marine Nationale. (Photo N.B.C)
Amiral Bernard Roger, chef d’Etat major de la Marine Nationale. (Photo N.B.C)
« Pour intervenir sur les côtes libyennes il faut au préalable l’autorisation du gouvernement ou une résolution de l’ONU d’aller dans les pays concernés. Nous exerçons une pression dissuasive en haute mer. Il s’agit d’une présence sécuritaire vis-à-vis de ceux qui aspirent à quitter la rive sud de la Méditerranée», ajoutait l’amiral Bernard Roger, chef d’Etat major de la Marine Nationale. Il a d’ailleurs rappelé l’enjeu économique de cette mer par laquelle transitent 60% du pétrole et 77% des conteneurs destinés à la France. « Le problème des migrants est avant tout un drame humain. Et le premier réflexe consiste à avoir de la compassion. L’Europe ne découvre pas ce problème, nous organisons depuis des années un exercice d’accueil de réfugiés avec Frontex mais nous sommes dépassés par l’ampleur du phénomène », admet l’amiral Roger qui intervient dans la coopération méditerranéenne au sein du dialogue 5+5.

« Je connais mes homologues, nous collaborons avec le Maroc sur les questions de pollution et avec la Tunisie dans le domaine de l’hydrographie », précise le chef d’Etat major qui rappelle les interventions de la Marine Nationale en 2000 dans les Balkans (2 000 réfugiés), au Liban en 2006 (10 000 ressortissants français), en Libye en 2011 et au Yémen au début 2015.  « Nous assistons à une reconfiguration du paysage des puissances navales en Méditerranée, au retour des stratégies navales avec la présence des flottes chinoises et russes », ajoute-t-il.

Dans cet exode de populations, la flotte de commerce joue également un rôle malgré elle. « 40 000 migrants ont été sauvé par les navires. Ils l’ont fait spontanément mais cela pose des problèmes sécuritaires, souligne Dominique Giuliani. Il faut que les Etats membres accueillent ces réfugiés dans des conditions décentes. Nous devons donner l’asile à ceux qui fuient les conflits ». Il a rappelé les tensions extrêmes sur l’île grecque de Lesbos. « La frontière a explosé. Les immigrants arrivent de partout y compris d’Afrique. Nous devons vérifier la matérialité des demandes d’asile et accepter de reconduire ceux qui viennent pour des raisons économiques », ajoute Dominique Giuliani.
 

Avec 1,9 million de réfugiés, la Turquie est le premier pays d’accueil loin devant le Liban, la Jordanie. « Dans ces pays, le haut commissariat aux réfugiés n’a plus d’argent. L’union européenne a décidé d’accorder une aide financière », précise Dominique Giuliani. L’association européenne de sauvetage en mer SOS Méditerranée vient d’achever une campagne de crowdfunding qui lui a permis de lever 290 000 € pour financer l’acquisition d’une ancienne pilotine, stationnée en Croatie, vouée à accueillir des immigrants à la dérive. « Ce navire peut accueillir des migrants toute l’année. Notre but consiste à organiser le sauvetage des migrants de manière permanente », a indiqué le capitaine Klaus Vogel. Président de SOS Méditerranée, il recherche encore des financements pour l’entretien de ce navire compte tenu des coûts opérationnels sont de l‘ordre de 290 000 € par mois.

Mercredi 4 Novembre 2015

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