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Retour au pays des réfugiés, entre espoir et réalité


Les millions de victimes des conflits militaires et civils, les réfugiés du Printemps arabe peuvent-ils envisager un retour dans leur pays d’origine ? Quelles sont les conditions économiques, sociales et politiques permettant d’envisager un rapatriement ? Quel est le profil de ceux qui ont tenté l’aventure et sont rentrés chez eux ? Dans un rapport commun, les économistes du Femise et de l’Economic Research Forum (ERF) examinent le profil du candidat au retour et les coûts économiques de ce conflit. Ils émettent plusieurs hypothèses de règlements politiques, de rapatriements et de reconstruction des pays arabes ravagés par la guerre. English version


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Retour au pays des réfugiés, entre espoir et réalité
 

Ibrahim Elbadawi, directeur général de l’ERF et président du FEMISE. ©N.B.C
Ibrahim Elbadawi, directeur général de l’ERF et président du FEMISE. ©N.B.C
Jamais dans l’histoire de l’humanité, un tel exode n’avait eu lieu. 22,5 millions de Syriens, un quart de la population a quitté le pays depuis le début du conflit en 2010. L’Irak a également payé au prix fort l’éradication de l’état islamique. L’économie du Yémen est réduite à néant. Les conflits en Lybie ont totalement ébranlé la structure étatique. Ces millions de réfugiés, ces diasporas disséminées dans le monde entier ont-elles fait une croix à tout jamais sur le pays qui les a vu naître ou envisagent-elles de rentrer ?
Dans un rapport intitulé « Le rapatriement des réfugiés du conflit arabe : conditions, coût et scénarios de reconstruction », le Femise et l’Economic Research Forum posent la stabilité politique et le retour de la sécurité comme un préalable avant de songer à une éventuelle réinstallation. Un rapatriement des populations semble difficilement envisageable compte tenu de la persistance de poches de conflit. 1% ont choisi de rentrer chez eux. Les conditions de vie déplorables dans certains pays d’accueil incitent les plus téméraires à rentrer. (Lire l’intégralité du rapport). 

250 milliards de dollars pour reconstruire la Syrie

Maryse Louis, Déléguée générale du FEMISE. ©N.B.C
Maryse Louis, Déléguée générale du FEMISE. ©N.B.C
« Retourner dans son pays d’origine peut être considéré comme un acte politique qui équivaut à reconnaître la légitimité du régime », souligne le rapport coordonné par Ibrahim Elbadawi, directeur général de l’ERF et président du FEMISE, avec la contribution de plusieurs spécialistes du sujet. Partis depuis des années, certains réfugiés dont les enfants ont d’ailleurs une scolarité dans le pays d’accueil, choisissent de ne pas rentrer quand d’autres entendent contribuer au processus de reconstruction. Plusieurs facteurs de motivation entrent en jeu. La propension au retour sera plus importante si une partie de la famille est restée au pays. Les considérations économiques et sociales jouent un rôle décisif : trouver un travail, la présence d’établissements d’enseignement et l’accès aux soins. Aujourd’hui, ces conditions n’étant pas réunies, les premiers candidats au rapatriement sont majoritairement des hommes célibataires, selon les chiffres 2017 du HCR.

L’étude du Femise et de l’ERF présente également plusieurs scénarios possibles de règlement politique des conflits et émettent différentes hypothèses quant au coût et à la durée nécessaires pour reconstruire ces pays totalement dévastés. « Un règlement politique inclusif et un partage équilibré des pouvoirs entre les élites avec une gouvernance bureaucratique impersonnelle peuvent conduire à un engagement total de la communauté internationale pour la reconstruction (250 milliards de dollars) et un retour de 70 à 80% des réfugiés » constate Maryse Louis, Déléguée générale du FEMISE dans son chapitre. Cependant, la réalité  conduit à faire des compromis. 
Faudra-t-il vingt ou trente ans pour que la Syrie retrouve ou dépasse son PIB de 2010 ? Pour les auteurs, la communauté internationale joue un rôle déterminant dans cet effort de reconstruction, mais l’implication des États s’érode au fil des ans. 250 milliards de dollars seront nécessaires à la reconstruction de la Syrie, selon l’émissaire des Nations Unies.   

Cliquer ici pour lire le rapport

Vendredi 20 Décembre 2019


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