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Reprise de l'escalade verbale entre Maroc et Algérie sur fond de Sahara occidental


La question du Sahara occidental envenime toujours les relations entre le Maroc et l'Algérie. Le conflit est relancé verbalement depuis les accusations d'incursions du Front Polisario dans la zone neutre.



La Minurso affirme ne pas avoir constaté d'incursions militaires (photo : Onu - Martine Perret)
La Minurso affirme ne pas avoir constaté d'incursions militaires (photo : Onu - Martine Perret)
ALGÉRIE / MAROC. Le 1er avril 2018, Omar Hilale, représentant du Maroc auprès de l'Onu, alertait le Conseil de sécurité des Nations Unies sur les incursions de combattants du Front Polisario dans la ville de Mahbes (Nord-Est du Sahara occidental). L'affaire - en violation avec un accord militaire signé pour cette zone tampon surveillée depuis septembre 1991 par la Minurso (Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental) - déborde depuis de ses frontières très virtuelles.

C'est d'abord Mohammed VI qui, dans un courrier adressé mercredi 4 avril 2018 à Antonio Guterres, secrétaire général de l'Onu, accuse. "L'Algérie a une responsabilité flagrante. C'est l'Algérie qui finance, c'est l'Algérie qui abrite, c'est l'Algérie qui soutient et apporte son soutien diplomatique au Front Polisario", indique le roi du Maroc. Puis, Nasser Bourita, son ministre des Affaires étrangères de la Coopération internationale, renchérit en menaçant : "Si le Conseil de sécurité n'assume pas ses responsabilités, le Maroc assumera les siennes !" Il qualifie l'incursion présumée du Front Polisario de "menace au cessez-le-feu" tout en indiquant que ces agissements "compromettent sérieusement le processus politique".

Dénégations du Front Polisario

Dans un autre courrier, Ahmed Boukhari (décédé le lendemain des suites d'un cancer), représentant diplomatique du Front Polisario auprès de l'Onu, démentait "catégoriquement les allégations infondées du Maroc". Lui emboîtant le pas, la Minurso annonçait dans la foulée "n'avoir observé aucun mouvement d'éléments militaires dans le territoire nord-ouest".

La riposte aux accusations royales ne s'est pas fait attendre du côté de l'Algérie. Selon l'APS, citant "une source autorisée" du ministère des Affaires étrangères, "la question du Sahara occidental est une question de décolonisation". L'agence officielle algérienne indique également que "l'Algérie a le devoir de soutenir le peuple sahraoui comme elle a bénéficié, elle-même, du soutien des frères Tunisiens et Marocains lors de sa lutte contre le colonialisme français".

Plus tard, dans un communiqué officiel cette fois du ministère algérien des Affaires étrangères, Alger tentait de calmer le jeu en déclarant que "l'Algérie prend acte avec satisfaction de la volonté du secrétaire général des Nations Unies réitérée dans un rapport au Conseil de sécurité de relancer le processus de négociation et de faciliter des négociations directes, de bonne foi et sans conditions préalables, entre les parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario".

Renouvellement du mandat de la Minurso

Les États-Unis travaillent à un projet de résolution sur ce conflit qui dure depuis plus de quarante ans. Son vote devrait se dérouler le 25 avril 2018 aux Nations Unies. Selon John Sullivan, chef du département d'Etat américain, "le plan d'autonomie est sérieux, crédible et réaliste et représente une approche audacieuse pour trouver un règlement définitif à la question du Sahara".

Oui mais.... face à ce plan figure un autre projet : celui d'un référendum sur l'autodétermination du Sahara occidental, prôné par le Front Polisario et soutenu par l'Algérie. Pour feu Ahmed Boukhari, son organisation réclame "des négociations directes sans pré-conditions" pour "parvenir à une solution juste et pacifique permettant l'autodétermination de la population du Sahara occidental".

Fin février 2018, la Cour internationale de justice de l'Union européenne réaffirmait - dans un jugement sur la légalité de l'accord de pêche entre l'UE et le Maroc - que le Sahara occidental n'appartenait pas au Maroc.

Pendant ce temps, le renouvellement du mandat de la Minurso se trouve actuellement en discussion à New York. La résolution du 2351 du Conseil de sécurité (28 avril 2017) prorogeant au 30 avril 2018 le mandat arrive en effet bientôt à échéance. La Minurso - qui a perdu seize hommes depuis son déploiement - compte actuellement un effectif de 483 personnes dont 245 soldats en uniforme pour un budget annuel de 52,51 M$.




Vendredi 6 Avril 2018



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