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Répondre aux nouvelles demandes


Par Mats Karlsson, Directeur du CMI


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Mats Karlsson, Directeur du CMI
Mats Karlsson, Directeur du CMI
Il y a près d’un an éclatait le Printemps Arabe. Personne n’aurait pu prévoir son émergence, ni ses conséquences ; personne ne peut prédire avec certitude l’issue de ces événements. Mais les tensions à l'origine des insurrections étaient de notoriété publique :

Le besoin d’une gouvernance plus ouverte et plus efficace, de justice sociale, d’une plus grande collaboration régionale et surtout, le besoin d'emplois plus qualifiés et plus nombreux, notamment pour les millions de jeunes confrontés à un avenir incertain.

La mise en place du CMI en 2009 reflétait la prise de conscience croissante qu’un changement était nécessaire. La création du CMI avait pour but d’orienter les efforts des gouvernements, des organisations internationales et des institutions indépendantes de vocation civile et régionale vers l’identification et l’application de connaissances et de pratiques, capables de produire du dialogue, l'apprentissage et les décisions politiques bien informées, dans les domaines de portée publique. Pierre angulaire de la constitution du CMI, cette vision est d’autant plus pertinente aujourd’hui, alors que tout est en perpétuel changement et que tout appelle à des solutions efficaces et créatives contre les problématiques soulevées par le Printemps Arabe.

L’année 2011, objet de ce second rapport annuel, a vécu 3 faits marquants. Tout d’abord, le CMI qui était en phase de démarrage est devenu une institution compétente en pleine maturité. Ensuite, les programmes lancés en 2009 ont donné leurs premiers résultats. Enfin, le Centre a été appelé à répondre à de nouvelles demandes générées par le Printemps Arabe.

Nouvelles initiatives

Alors que les événements politiques se succédaient, les événements planifiés ont laissé place à de nouvelles initiatives. En mars 2011, à Barcelone, nous avons participé avec de nombreux partenaires à une grande conférence sur une gouvernance locale ascendante dans les zones urbaines, dans le but de créer de nouvelles prérogatives décentralisées, en réponse aux demandes des citoyens arabes.

Au mois de mai, nous avons réuni une centaine de représentants de la société civile régionale, afin de les aider à exprimer leurs demandes pour une meilleure coopération de la part des nations du G8. Ce qui est devenu le message clé de la réunion élargie du G8 MENA au Koweït les 21 et 22 Novembre dernier où nous avons parlé aux ministres des Affaires étrangères de la région.

En juin et septembre dernier, nous avons réuni un réseau d’éminents économistes pour discuter de l’économie de la connaissance, de l'intégration commerciale et des besoins d'investissement. Suite à cela, les ministres des Finances du Partenariat de Deauville ont mandaté le CMI pour de coordonner un rapport sur l'intégration du commerce et des IDE. Notre première consultation a lieu le 28 Novembre. Au mois de juin encore, le nouveau gouvernement tunisien a sollicité le CMI pour instaurer un dialogue entre les partenaires en matière de protection et d’inclusion sociale, un sujet prioritaire dans les ordres du jour politiques régionaux. Un programme est en cours d’élaboration. Le CMI a démontré sa capacité à y répondre.

Parallèlement, les premiers résultats des programmes du CMI étaient publiés. Par exemple, même si les risques causés par le changement climatique ne semblent pas impérieux, les pays doivent démarrer la longue marche visant à les préparer contre les défis environnementaux que représentent, entre autres, les inondations, les vagues de chaleur et l’augmentation du niveau de la mer. Des études collaboratives menées à Alexandrie, Casablanca, Tunis et dans la Vallée du Bou Regreg sont maintenant terminées et de nouvelles discussions ont été entamées avec Alger, Tripoli et le Liban. De tels travaux auront un impact sur le long terme.

Des moyens en hausse

D’autres programmes du CMI, décrits dans les pages qui suivent, ont également évolué et trois nouveaux programmes ont été lancés. Les nouveaux arrivants se consacrent à l’économie de la connaissance, la coopération de ville à ville en collaboration avec la GIZ (l’Agence allemande pour la coopération internationale), et l’innovation en matière d’approvisionnement en eau. Un quatrième dossier axé sur la protection sociale est en cours de préparation. Les activités répondant aux besoins des pays du Sud de la Méditerranée ont fortement augmenté et dépassent nos prévisions.

En tant qu’institution, le jeune CMI est devenu une organisation majeure dont le siège emploie 30 collaborateurs à Marseille et plus dans d’autres lieux. Nos prévisions financières à 3 ans sont passées de 18 millions à 28 millions de dollars. Notre principal levier financier, notre fonds multidonateur, est presque totalement alloué. Les activités de proximité ont augmenté, en particulier par l’instauration de communautés virtuelles. Nous avons signé des protocoles d’accord avec l’Union pour la Méditerranée, l’Organisation islamique pour l’Éducation, la Science et la Culture, L’Institut d’Amman pour le Développement urbain et l’Office de Coopération économique pour la Méditerranée et l’Orient.

En 2012, le CMI devra répondre aux défis stratégiques, administratifs et managériaux. Comme prévu dans nos documents de constitution, nous avons commissionné une étude indépendante, en amont de notre réunion annuelle de 2011. Dans le même temps, notre Comité de Supervision et notre Conseil Stratégique ont suggéré de prendre le temps de baliser notre route.

Alors que le CMI continue de répondre aux questions lancées par le Printemps Arabe, nous devons nous demander comment intégrer dans nos travaux la réalité de l’intégration, à savoir l’engagement et l’action concertée des parties prenantes, issues aussi bien de la Rive-Nord que de la Rive Sud de la Méditerranée. Le contenu des activités et programmes du CMI évolue, mais le fil conducteur reste le même, celui de s’adapter au plus près aux demandes de notre temps et de conforter notre engagement en faveur du dialogue, de l’apprentissage et du soutien des décisions bien informées.

L'Assemblée annuelle va nous donner le mandat de créer un CMI 2.0 pour répondre aux nouvelles exigences de la population de la région.

Mardi 29 Novembre 2011

 

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