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Renault va restructurer six usines en France, licencier 15 000 salariés dans le monde et réduire ses ambitions au Maroc


Le groupe Renault prévoit des économies de 2,15 mrds€ sur trois ans avec la restructuration de six usines en France et la suppression de 15 000 postes de travail dans le monde. Le Maroc se trouve également concerné par ces mesures.


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MONDE. Annoncé vendredi 29 mai 2020, le plan de réduction des coûts fixes du groupe Renault (Renault, Dacia, Lada, Alpine, Samsung Motors) prévoit des économies de 2,15 mrds€ sur trois ans et la restructuration de six usines en France. "Dans un contexte fait d'incertitudes et de complexité, ce projet est vital pour garantir une performance solide et durable", commente Clotilde Delbos, directrice générale par intérim du groupe dans un communiqué.

Destiné à "restaurer la compétitivité du groupe et assurer son développement sur le long terme dans le cadre de l'Alliance", comme le précise un communiqué, il comprend notamment une "optimisation de son appareil industriel". Ceci va se concrétiser par la "création d'un pôle d'excellence dans l'électrique et l'utilitaire à partir des deux usines de Douai et Maubeuge dans le Nord, une réflexion sur la reconversion de l'usine de Dieppe (Seine-Maritime) à la fin de la production de l'Alpine A110, la création d'un pôle d'économie circulaire à Flins (Yvelines), où seraient transférées les activités de l'usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) à la place de la Zoé, dont la production dans les Yvelines s'arrêterait après 2024, et le lancement d'une revue stratégique pour la Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan)".

L'optimisation de l'appareil industriel entraînera une économie de 650 M€. L'amélioration de l'efficacité et la réduction des coûts de l'ingénierie permettra de diminuer de 800 M€ la facture et l'efficience accrue des fonctions support de 700 M€.

La mise en oeuvre de ce plan reviendra à 1,2 mrd€ avec notamment le financement de la suppression de 15 000 postes de travail sur les 180 000 dans le monde (dont 4600 en France sur 48 000). Ils s'effectueront sans licenciement sec grâce à des "mesures de reconversion, de mobilité interne et des départs volontaires".

Le Maroc impacté par le plan

Renault suspend le projet d'augmentation des capacités de son usine marocaine à Tanger (photo : F.Dubessy)
Renault suspend le projet d'augmentation des capacités de son usine marocaine à Tanger (photo : F.Dubessy)
Ce plan aura aussi un impact à l'étranger, et notamment au Maroc avec, comme en Roumanie, la "suspension des projets d'augmentation de capacités". L'Algérie n'a pas été évoquée, alors que la presse locale se questionne sur la fermeture de l'usine Renault Algérie Production située près d'Oran. Pas plus que l'Espagne où le groupe compte des unités à Valladolid, Séville et Palencia. En décembre 2019, Bruno Le Maire, ministre français de l'Economie et des Finances, avait lancé un comité pour évaluer de possibles relocalisations en France, rendues possibles par des gains de compétitivité. "Qu'est-ce que cela veut dire ? Nous produisons et nous assemblons au Maroc, en Slovaquie, en Turquie pour réimporter en France à des fins commerciales. Je ne me satisfais pas d'un modèle où les deux véhicules les plus vendus en France - la Clio et la 208 - ne sont plus produits en France", argumentait-t-il alors. Depuis la crise de la Covid-19 a renforcé ce sentiment. D'autant plus que le ministre discute avec les dirigeants du groupe des conditions d'octroi d'un Prêt garanti par l'Etat (PGE) de 5 mrds€.

Renault a vendu 3,8 millions de véhicules en 2019 et compte quarante sites de fabrication et 12 700 points de vente dans le monde. Lors du dernier exercice, le groupe a enregistré sa première perte nette depuis dix ans et un chiffre d'affaires (55,53 mrds€) en baisse de 3,3%. L'Etat français est le principal actionnaire du constructeur automobile avec 15% du capital.

Parallèlement à ces annonces, Jeudi 28 mai 2020, Nissan, partenaire japonais de Renault dans l'Alliance, a lui dévoilé la suppression d'environ 20% de ses capacités mondiales de production d'ici à 2023 et la fermeture d'une usine à Barcelone. Le constructeur emploie quelque 3 000 salariés dans la capitale catalane. Ils réclamaient depuis début mai 2020 un plan d'investissement alors que le licenciement de 20% des effectifs était déjà en discussion. Selon le gouvernement espagnol, les investissements nécessaires au maintien de l'usine concernée - qui fabrique le pick-up Navara -  seraient "inférieurs au coût estimé de sa fermeture" évalué à plus d'1 mrd€.

La rédaction
Vendredi 29 Mai 2020

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