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Référendum en Catalogne : le jour d'après


Alors que le référendum - jugé illégal par la Cour constitutionnelle espagnole - a recueilli 90% de "oui" en faveur de l'indépendance, Madrid veut empêcher coûte que coûte la séparation de la Catalogne de l'Espagne.



La Catalogne pourrait proclamer son indépendance mardi 3 octobre 2017 (photo: F.Mateo)
La Catalogne pourrait proclamer son indépendance mardi 3 octobre 2017 (photo: F.Mateo)
ESPAGNE. D'un côté Carles Puigdemont, président de la Catalogne, se félicite des 90% de "oui" à la question "voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat indépendant sous forme de République" lors du référendum du dimanche 1er octobre 2017.

De l'autre, Mariano Rajoy, premier ministre espagnol, affirme qu'"il n'y a pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne" et parle d'"une simple mise en scène". En écho, son ministre des Affaires étrangères, Alfonso Dastis évoque une "farce" et de l'"absence de légitimité". Le référendum a en effet été interdit par la Cour constitutionnelle espagnole et les députés espagnols ont voté en juin 2017 à 250 voix sur 350 contre ce projet.

Au milieu, un dialogue de sourd et un pays déchiré comme jamais. Les Espagnols peuvent voir depuis des mois les désaccords profonds entre le pouvoir central et les représentants de la région. Du verbal, l'affrontement est devenu cette dernière semaine physique avec des arrestations, des perquisitions, des confiscations d'urnes, des occupations des écoles ou des gymnases devant servir de bureaux de vote et, durant le référendum, des interventions musclées de la police espagnole dans ces mêmes locaux avec bris de vitre, des coups de matraque, des tirs à balles en caoutchouc et au final plus de 800 blessés.

A tel point que Carles Puigdemont n'a pas hésité à protester auprès de l'Union européenne contre le gouvernement espagnol. "Nous sommes des citoyens européens et souffrons d'atteinte à nos droits et libertés", s'est-il plaint. 

"Nous aurions préféré aucune violence et nous avons fait tout ce que nous avons pu... Les forces de police ont agi de manière proportionnelle. Elles ont été obligé d'écarter les personnes qui se sont confrontés à elles", déclare Alfonsa Dastis. Le ministre ajoute à l'adresse des blessés favorables à l'indépendance : "s'ils avaient appliqué la loi et les décisions des juges, rien de tout cela ne se serait produit."

Vers l'escalade ?

2,26 millions d'électeurs - soit un taux de participation de 42,3 % - se sont rendus, souvent très difficilement, aux urnes dimanche 1er octobre 2017 selon le gouvernement catalan. En vertu de la loi votée le 6 septembre 2017 par le Parlement catalan, cette victoire doit se traduire dans les 48 heures par la proclamation de l'indépendance de la Catalogne. "Nous avons gagné le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République", lance Carles Puigdemont bien décidé à aller au bout du chemin. Et donc à proclamer, de façon unilatérale, l'indépendance de sa région.

Reste que le résultat, un véritable plébiscite avec 90% de "oui"- la précédente consultation en novembre 2014 avait donné "seulement" 80,7 % de "oui" -, montre toutefois ses limites. Le référendum étant interdit, la plupart des Catalans qui ne souhaitaient pas l'indépendance, ne se sont, logiquement, pas rendus aux urnes. Respectant ainsi les consignes du gouvernement espagnol mais aussi de tous les partis opposés à la séparation de la Catalogne de l'Espagne qui appelaient au boycott.

Mardi 3 octobre 2017, le combat continu avec quarante-quatre organisations qui proclament une journée de grève générale en Catalogne. Parmi elles, figurent les principaux syndicats catalans et deux associations indépendantistes. L'objectif reste d'enfoncer le clou après le référendum pour bien faire comprendre à Madrid que la Catalogne veut devenir une république et donc se séparer de l'Espagne.

Madrid a elle décidé, coûte que coûte de préserver l'unité de sa nation. Mariano Rajoy pourrait ainsi annoncer la suspension du statut d'autonomie de la Catalogne pour en reprendre le contrôle. Malheureusement, une escalade demeure le scénario le plus plausible à l'heure actuelle. La journée du mardi 3 octobre 2017 va s'avérer décisive alors que toute l'Espagne aura les yeux rivés sur Barcelone.

Lire aussi : Espagne - Catalogne : généalogie d'une rupture




Lundi 2 Octobre 2017



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