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Quo vadis Meditour ?

Par Robert Lanquar



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Quo vadis Meditour ?
Robert Lanquar, pro­fesseur aux Universités et expert international à l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), livre à econostrum.info ses im­pressions sur le salon Meditour 2010 à Malaga. 

L’ASCAME aurait voulu remplir un vide en organisant avec MEDITOUR les professionnels du tourisme méditerranéen affiliés aux chambres de commerce et de métiers. 

Ses efforts quoique louables risquent de rester sans suite si une volonté politique ne se dégage pas sur la rive nord pour un processus de coopération efficace dans le domaine du tourisme. 

Le Conseil méditerranéen du tourisme proposé dans un document presque confidentiel, la Déclaration de Malaga, fut au dire d’une déléguée d’un pays de la rive nord, seulement pour conclure sur une note d’optimisme. 

Pour les membres septentrionaux, le réveil risque d’être douloureux. Comme nous l’avons répété lors des débats en présentant seulement un tableau, celui du nombre de chambres hôtelières depuis 1990, en les projetant avec de faibles taux de croissance jusqu’à 2020 et 2025, les pays du sud et de l’est seront bien les champions du tourisme de la Méditerranée et domineront le secteur. Les craintes de nombreuses administrations du nord qui mélangent tourisme et immigration doivent être explicitées et écartées. Le sud et l’est peuvent être aussi des marchés et c’est avec eux que doit se construire cette « marque méditerranéenne » tant recherchée. InvestMed avec MedAlliance et la Commission européenne ont financé la première étude sur ce thème (Etude nº22/ Septembre 2010). Quel en sera le suivi ? Qui sera, selon les termes mêmes de l’étude le « défenseur champion de la marque méditerranéenne de tourisme » ? Comment entrer dans le processus de labellisation ?
Comment coordonner les parties prenantes ? Autant de questions qui restent sans réponse, surtout si un tout petit groupe en prend le contrôle.

Hispano-espagnol

Il n’y a eu pas foule à MEDITOUR 2010, sauf lors de l’inauguration, quand environ 500 personnes, ont écouté Bernardino Léon, natif de Malaga, Secrétaire général de la Moncloa, longtemps Secrétaire 
d’état aux affaires étrangères et adjoint de Miguel – Angel Moratinos, artisan et premier dirigeant de la Fondation des Trois Cultures à Séville qui réunit l’Espagne, le Maroc et Israël. Bernardino Léon, qui a la confiance des pays du sud et de l’est méditerranéen, a souligné que l’on devra affronter les pays
émergents lointains dont une Chine qui sera le premier pays récepteur de tourisme, et  un grand pays émetteur de touristes. 
L’Espagne est en voie de régler ses déséquilibres, elle ne veut pas oublier son modèle social et la
grève du 29 septembre est prise très au sérieux. Peut-être le plus important de son discours est son appel à l’innovation. Monsieur Léon est venu pour cela à Malaga, il veut la réussite du nouveau Centre euro-méditerranéen de la connaissance, de l’innovation et de la formation touristique. 

Pourtant, les délégués se sont plaints que les débats soient trop dominés par des orateurs et des cas hispano-espagnols. Le second jour, moins de 100 personnes assistaient aux débats, malgré la
simultanéité dans le même Palais des Congrès de la 7ème édition du Salon professionnel « Tourisme culturel et City Break -TC&CB » qui se place en Espagne après le FITUR de Madrid et  le Salon International du Tourisme de Barcelone. Les étrangers n’étaient pas très nombreux. 
Ce qui a surpris fut le nombre réduit de Marocains malgré la Chambre de commerce de Tanger impliquée dans les projets ETINET. La Délégation française parla du bout des lèvres du prochain MEDITOUR qui devrait se tenir à Marseille. Les Tunisiens qui avaient organisé en 2008 un exceptionnel MEDITOUR à Yasmine – Hammamet furent plus visibles grâce au travail de rapprochement accompli par leur ancien ministre du tourisme, Tijani Haddad, longtemps Président du conseil exécutif de l’OMT et l’ambassadeur de Tunisie en Espagne, Dr. Mohamed  Ridha Kechrid.  Une avancée sémantique y a été répétée lors de la dernière séance de travail : que veut dire le tourisme durable ? Trop de gourous s’amusent à ne jurer que par ce mot. Des hommes d’affaires à succès
et des chercheurs reconnus ont expliqués qu’il était peut-être préférable d’utiliser le terme « tourisme responsable ». 

La Méditerranéen de croisières

Ce qui a été dit en coulisse : le boom des croisières doit être considéré comme la grande chance de la Méditerranée. Ce sont les compagnies de croisières qui ont donné aux Caraïbes une image commune, même si chaque île cherche à se différencier des autres. La Méditerranée, avec 3 millions de croisiéristes et une croissance annuelle de plus de 10%, est devenue le deuxième bassin de croisières derrière les Caraïbes ; elle accueille pendant la saison d’été des paquebots qui repartent l’hiver sur les côtes américaines. La crise a eu un faible impact sur les embarquements en 2009. Les
dépenses réalisées par les croisiéristes dans les têtes de ligne européennes en Méditerranée sont estimées à 1,4 milliards €, la plus value à 600 millions €. 
Cette croissance est soutenue par les compagnies qui investissent massivement dans des navires innovants aux tonnages de plus en plus impressionnants. Onze bateaux nouveaux totalisant 27.500 lits sont sortis des chantiers navals en 2009.  

La tendance au gigantisme rendra rapidement nécessaire l’adaptation des ports méditerranéens aux forts tonnages. Ce n’est qu’à cette condition que les compagnies seront en mesure de multiplier les itinéraires depuis les têtes de lignes. La Méditerranée compte environ 150 ports susceptibles de recevoir les croisiéristes (116 en Méditerranée nord, 21 au sud et à l’est méditerranéen, 13 dans les Balkans). Parmi ceux-ci, une vingtaine de « têtes de ligne », dont 11 hubs capables de recevoir les paquebots de fort tonnage en accueillant plus de 500 000 croisiéristes par
an, sont situés en Italie (6) en Espagne (2) en France (2) et en Grèce (1), aucun au sud et à l’est. La fidélité des clients à la Méditerranée ne sera acquise que si la destination sait se renouveler régulièrement, en multipliant le nombre de têtes de ligne et d’escales disponibles. 

 
Au-delà du tourisme nautique que l’on encourage pour construire de nouvelles marinas au sud et à l’est du Bassin méditerranéen, mais qui ne concernent que quelques dizaines de milliers de clients, certes aux revenus moyens élevés, ce sont les croisiéristes qui feront le tourisme de demain car, durant les escales, ils iront visiter le patrimoine culturel méditerranéen. La Délégation palestinienne en a pris conscience. 
 
Le bateau de croisières peut devenir selon certains de ses membres un formidable instrument pour le développement du tourisme religieux et culturel en Terre Sainte. 

Rendez-vous à Marseille en 2012

Le prochain MEDITOUR devrait se tenir en 2012 à Marseille avant l’ouverture du programme « Marseille Capitale européenne de la culture 2013 ». D’autres se mettent sur les rangs pour créer de grands évènements touristiques méditerranéens comme la FUAAV, Fédération universelle des associations d’agences de voyages dont le siège est à Monaco ou META qui vient de réussir son exercice de passage devant l’Atelier de réflexion prospective de l’Agence nationale pour la recherche sur le thème « Tourisme, Culture, Technologie en Méditerranée ». ASCAME devra pour cela travailler avec le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée qui prépare une véritable stratégie consensuelle entre les acteurs méditerranéens dans le domaine du tourisme et du patrimoine. 

Mardi 28 Septembre 2010






1.Posté par Croisières Caraïbes le 02/10/2010 23:45
Merci pour les informations concernant Meditour. Les croisières sont véritablement le tourisme de demain et elles permettent de visiter les destinations importantes et agréables.