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Proactech : « Nous avons besoin de notre structure en France »


Doha Benjelloun a fondé en 2007 Proactech, l’une des premières sociétés de e-learning du Maroc. Son implantation française devrait bientôt appuyer le développement de la compagnie à l'étranger.


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Proactech compte aujourd'hui 14 employés au Maroc et 3 en France. (image: Proactech)
Proactech compte aujourd'hui 14 employés au Maroc et 3 en France. (image: Proactech)
MAROC. « J’ai fait mes études à Grenoble où j’ai travaillé pendant six ans à ST Micro Electronics. J’ai créé ma société en même temps au Maroc et en France où je l'ai laissée en gérance à un ami », raconte Doha Benjelloun, directrice générale et fondatrice de Proactech, jeune entreprise d'e-learning. Aujourd’hui, la structure française devrait apporter son soutien au développement à l’international de l’entreprise marocaine.

Fondée en 2007, Proactech commence par vendre au Maroc les solutions Tell Me More et Onlineformatpro conçues par des éditeurs étrangers et augmentées d’un accompagnement local. « À l'époque, le e-learning était inexistant au Maroc, et c’était tant mieux. cela nous a permis de progresser doucement, d’acquérir une expertise qui nous a été utile lorsqu’en 2012 l’entreprise  a mué pour développer son propre contenu et sa propre plate-forme d'e-learning  », explique la jeune femme.

Proactech parvient en l’espace de trois ans à convaincre quelques acteurs majeurs de l’économie marocaine : Inwi, l’un des trois opérateurs téléphoniques marocains, Al Akhawayn, l’une des meilleures universités du Royaume, l’Ompic (Office marocain de la propriété industrielle et commerciale), la Fondation OCP, du premier exportateur mondial de phosphate, Axa, la Bourse de Casablanca … La jeune entreprise fait aujourd’hui 500 000 € de chiffre d’affaires et compte quatorze salariés au Maroc.

Un marché très marginal

« Pour les grands éditeurs, le Maroc est un marché très marginal. Ils vendent des solutions standards avec le soutien d’un partenaire et puis c’est tout : le client se débrouille, alors que nous avons au contraire pour démarche d’accompagner pas à pas le client pour que son projet de formation réussisse », explique Doha Benjelloun.

Malgré ses succès, Proactech se sent limitée sur le marché marocain. « Le plus gros donneur d’ordre, ici, reste le secteur public or, beaucoup d’appels d’offres publics obéissent à la règle du moins disant. Nous risquons de perdre un contrat en étant 100€ plus cher que notre concurrent. Ce système a plutôt tendance à créer un nivellement par le bas », regrette la directrice générale. Un raisonnement pénalisant auquel s’ajoutent les retards de paiements et les problèmes de recouvrement bien connus des opérateurs économiques marocains.

"Le marché français n'est pas aussi saturé que le marché américain"

"Contrairement aux grands éditeurs internationaux qui proposent des visuels assez basics de type power point, nous travaillons beaucoup sur le graphisme", indique Doha Benjelloun. (image: Proactech)
"Contrairement aux grands éditeurs internationaux qui proposent des visuels assez basics de type power point, nous travaillons beaucoup sur le graphisme", indique Doha Benjelloun. (image: Proactech)
L’entreprise commence donc à s’intéresser aux marchés étrangers. Depuis ses débuts, en 2008, elle est restée active à Grenoble. Au départ, « en France, nous avons opéré en fonction des opportunités qui se présentaient », indique-t-elle. Proactech comptera ainsi l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) et l’INRA (Institut nationale de la recherche agronomique) parmi ses clients. Elle développe pour les deux instituts une solution spécifique de formation à la sécurité informatique.

Depuis, Proactech France est restée en sommeil. Elle a conservé une petite activité de développement informatique dans le cadre de contrats de sous-traitance n'ayant pas grand-chose à voir avec le e-learning mais qui concourt tout de même à 1/5 du chiffre d’affaires total de l’entreprise avec un million de dirhams (92 000 €).

« Il est important de garder cette structure active en France. Si nous voulons vendre nos solutions dans d’autres pays, il est plus simple de le faire depuis la France. Si nous créons une structure dans un autre pays, ou si nous prenons un partenaire ailleurs, il existera forcément des mouvements financiers et tous les sorties de devises demeurent encore très compliquées au Maroc », explique-t-elle. En termes d’image, aussi : « même si j’ai honte de raisonner ainsi, il est plus simple de vendre un produit comme français que comme marocain, même dans les pays arabes … surtout dans les pays arabes ! », reconnaît à contrecœur Doha Benjelloun.

Si Proactech travaille actuellement à la constitution d’un catalogue de formations adaptées à un futur partenaire au Moyen-Orient, la société n’exclut pas de s'adresser également au marché français, mais cette fois avec une véritable stratégie de croissance. «  C’est un marché intéressant, pas aussi saturé par l’offre que le marché américain par exemple, précise-t-elle, mais il nous faudra un partenaire de confiance pour vendre nos solutions. »

Lundi 28 Septembre 2015


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