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AACN | Association des Agents et Consignataires de Marseille Fos

     

Pour une reconnaissance du métier d’agent consignataire



Amal Louis, présidente de l’AACN et vice-présidente de la commission lignes régulières au sein de des Agents Maritimes et Consignataires de France (AMCF).
Amal Louis, présidente de l’AACN et vice-présidente de la commission lignes régulières au sein de des Agents Maritimes et Consignataires de France (AMCF).
L’agent consignataire est chargé de représenter l’armateur dans un port et, dans sa fonction d’agent maritime, de recruter du fret. Il endosse de fait de nombreuses fonctions. Indispensable au bon déroulement de l’escale d’un navire, son rôle est reconnu par tous les professionnels. Cependant, au regard des  nouvelles règles sécuritaires mises en place pour contrer la menace terroriste, l’accès à la profession d’agent mériterait d’être mieux encadré.  

En effet, la sûreté portuaire n’a cessé d’être encadrée depuis 2001. Les règlements internationaux (ECS/ICS, Code ISPS) ont été déclinés au niveau national et local. 
Dans ce contexte, on peut s’étonner que la profession d’agent consignataire ne soit pas réglementée en France. Un vide entoure les conditions d’accès à la profession. 

« Nous plaidons en faveur d’une réglementation de notre métier. Plusieurs démarches en ce sens ont déjà été engagées au niveau national et dans les grands ports maritimes français auprès des autorités s’agissant des conditions d’accès. Une véritable expertise, une connaissance pointue du milieu portuaire, des règlements de sécurité, du Code IMDG, sont requises et doivent être reconnues », plaide Amal Louis, présidente de l’AACN et vice-présidente de la commission lignes régulières au sein de des Agents Maritimes et Consignataires de France (AMCF).  

Faut-il une formation obligatoire validée par un examen, une preuve de moralité, une expérience ? Toujours est-il que mieux encadrée et professionnalisée, l’image de l’agent en serait valorisée en particulier vis-à-vis des autres associations professionnelles portuaires, des ministères et de l’administration des douanes. 

« L’agent est l’interlocuteur privilégié du pilote durant toute la phase précédant l’arrivée du navire. En effet, le pilote ne parle au capitaine qu’une fois à bord. Mais à ce moment là, beaucoup de travail a déjà été effectué en amont, de concert entre agent et pilote : choix du poste à quai en fonction des caractéristiques du navire, contraintes d’utilisation du poste à quai... », souligne Jean-Philippe Salducci, Président du pilotage et de l’Union Maritime et Fluviale de Marseille-Fos. 

« Pour les officiers de port, les agents interviennent au même titre que les opérateurs de terminaux et les services aux navires pour préparer l’escale », précise Franck Meyronin, commandant des bassins Ouest au port de Marseille. 
La douane, dans sa mission de lutte contre les trafics illicites, intervient de plus en plus tôt pour éviter que les marchandises ne disparaissent à l’arrivée. « Nous laissons le navire accoster. Les marchandises que nous souhaitons visiter sont alors bloquées dans AP+. Lors de la visite physique du conteneur, la présence de l’agent est indispensable. Il atteste du bon déroulement de la procédure »
, précise Bruno Ligiot, directeur des services douaniers, chef divisionnaire à la division de Marseille-Fos. 

« La fonction d’agent consignataire est reconnue de facto par les systèmes communautaires Neptune et AP+. Les agents participent aux ateliers de travail d’élaboration du nouveau CCS, Ci5, puisqu’il communique toutes les informations sur l’escale du navire. L’agent doit notamment veiller à ce que le navire respecte les règles Solas dans l’intérêt de l’armateur », précise Marie-Hélène Pasquier, membre du directoire de MGI. 

A noter également que la fonction  de l’agent maritime figurera à compter du 1er janvier 2018 dans la nouvelle convention de l’Organisation Maritime Internationale. 

 

Aziz Mantrach, président de l’APRAM.
Aziz Mantrach, président de l’APRAM.

Aziz Mantrach


« Jusqu’en 2011, n’importe qui au Maroc pouvait s’improviser agent maritime »


Aziz Mantrach est Président de l’association professionnelle des agents maritimes et des courtiers d’affrètement marocains (APRAM), Président désigné de la Fonasba et directeur général des Transports Marocains. Il présente les avancées récentes au Maroc pour professionnaliser le secteur.

Jusqu’en 2011, n’importe qui au Maroc pouvait s’improviser agent maritime. Nous avons collaboré avec le ministère de tutelle pour créer les conditions d’accès à la profession sans toutefois créer un monopole. Depuis 2012, pour exercer le métier d’agent maritime au Maroc, il faut un Bac +4, cinq ans d’expérience dans une agence maritime ou portuaire, un casier judiciaire vierge, réussir un examen. 24 agents sont certifiés désormais.


Eric Banel, délégué général d’Armateurs de France
Eric Banel, délégué général d’Armateurs de France

Eric Banel, délégué général d’Armateurs de France


« Dans un contexte tendu, la compétence de l’agent doit être reconnue »

 

L’agent maritime doit faire face à un accroissement des demandes dans le domaine de la sécurité et de la sûreté, émanant des autorités nationales et des capitaineries, dans un contexte international tendu. Sa compétence et ses qualifications doivent être pleinement reconnues.

Aujourd’hui, le fait que « n’importe qui » puisse revendiquer une telle appellation, en France comme dans nombre de pays européens, ne correspond en rien au rôle central que jouent les agents maritimes à nos côtés. Les commissionnaires en transports doivent détenir un titre ou une capacité attestant de leur expérience. Pourquoi n’en est-il pas de même pour les agents maritimes ?






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Jeudi 9 Février 2017 - 16:18 Recognition of the profession of ship's agent