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Polémique autour de la désignation de Luis de Guindos à la vice-présidence de la BCE


Seul en course pour obtenir le poste de vice-président de la Banque centrale européenne, Luis de Guindos ne fait pas l'unanimité en raison de son passé comme directeur exécutif pour la péninsule ibérique à la Banque Lehman Brothers juste avant sa faillite. L'actuel ministre espagnol de l’Économie a cependant passé toutes les étapes et remplacera bien le Portugais Vítor Constâncio.



Malgré les oppositions, Luis de Guindos sera le futur vice-président de la BCE (photo : Moncloa)
Malgré les oppositions, Luis de Guindos sera le futur vice-président de la BCE (photo : Moncloa)
UNION EUROPÉENNE. Les députés européens ont voté, mercredi 14 mars 2018, à 331 voix pour, 306 contre mais 64 abstentions en faveur de la nomination de Luis de Guindos (58 ans) au poste de vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).

L'actuel ministre espagnol de l'Économie, de l'Industrie et de la compétitivité avait déjà bénéficié, mercredi 7 mars 2018, d'une absence d'objection du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) à sa désignation après recommandation du Conseil de l'Union européenne. Dans un communiqué diffusé à l'occasion, le Conseil des gouverneurs de la BCE évoque même "une personne dont l'autorité et l'expérience professionnelle dans le domaine monétaire et bancaire sont reconnues".

Depuis le retrait en février 2018 de l'Irlandais Philip Lane, gouverneur de la Banque d'Irlande, il est le seul candidat à la succession du Portugais Vítor Constâncio. Après l'avis favorable du Parlement européen nécessaire avant sa nomination officielle par le Conseil européen, la désignation de Luis de Guindos est donc désormais acquise. Il devrait débuter son mandat de huit ans, non renouvelable, à Francfort dès le 1er juin 2018.
Reste qu'il est loin de faire l'unanimité autour de son nom.

Le groupe S&D (socialistes et démocrates) du Parlement européen a voté contre lors du vote de ce jour et souligne le nombre important d'abstentions. Dans un communiqué, la délégation socialiste française au Parlement européen n'est pas tendre envers le candidat décrit comme un "ancien agent de la banque Lehman Brothers (NDLR : il en a été le directeur exécutif pour la péninsule ibérique d'avril 2006 à septembre 2008), qu'il a quittée juste avant une faillite qui a précipité le monde dans une crise économique dont nous nous remettons tout juste". Et qualifié de "serviteur de la finance prédatrice (...) des subprimes et des politiques d'austérité menées en Espagne."

Des reproches qui avaient déjà été formulés lors de sa nomination dans le gouvernement de Mariano Rajoy en décembre 2011.

Une inflation inférieure à 2% dans la zone euro

Quatre des six membres du Directoire de la BCE vont devoir être renouvelés (photo : BCE)
Quatre des six membres du Directoire de la BCE vont devoir être renouvelés (photo : BCE)
S'y ajoutent les réserves des députés européens qui ont exprimé leur "préoccupations concernant l'équilibre entre les femmes et les hommes, la procédure de sélection, le calendrier de la nomination et l'indépendance politique". Autant de sujets qu'ils souhaiteraient bien voir discuter rapidement alors que la BCE va devoir renouveler pas moins de quatre des six membres de son directoire dont les mandats arrivent à terme. Outre Vítor Constâncio figurent dans cette liste l'Allemand Peter Praet (au 31 mai 2019), le Français Benoît Cœuré (au 31 décembre 2019) et même le président actuel, l'Italien Mario Draghi qui, nommé en octobre 2011 pour une prise de poste au 1er novembre 2011, devra quitter la Banque au 31 décembre 2019.

Dans ses réponses au questionnaire de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, qui l'a adoubé le 27 février 2018, Luis de Guindos affirme vouloir "maintenir la stabilité des prix dans l'ensemble de la zone euro et soutenir les politiques économiques générales dans l'Union." Et tout ceci en "observant strictement les grands principes directeurs de la BCE, l'indépendance et la transparence sans lesquels il ne serait pas possible d'appliquer pleinement une politique monétaire efficace."

Le candidat entend "faire en sorte qu'à moyen terme l'inflation dans la zone euro reste inférieure à 2% tout en étant proche....Il importe de rappeler que la stabilité des prix est le mandat explicite de la BCE. Assurer un niveau relativement bas et stable d’inflation est la meilleure contribution que l’autorité monétaire puisse apporter à la croissance économique. En même temps, pour parvenir à une inflation stable, il est essentiel de veiller à ce que la croissance économique ne dévie guère de son taux potentiel. Mais, encore une fois, cela ne devrait intéresser les banquiers centraux que comme un moyen de parvenir à la stabilité des prix."




Mercredi 14 Mars 2018



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