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Pluie de réactions après le décret américain reconnaissant la souveraineté d'Israël sur le Golan


Les déclarations se succèdent depuis la signature par Donald Trump, d'un décret reconnaissant la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan. L'Onu le condamne formellement et la Syrie demande une réunion urgente du Conseil de sécurité actuellement présidé par la France.


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L'ambassadeur français à l'Onu, François Delattre juge "contraire au droit international" la décision américaine (photo : DR)
L'ambassadeur français à l'Onu, François Delattre juge "contraire au droit international" la décision américaine (photo : DR)
ISRAËL / SYRIE. Les déclarations se succèdent depuis la signature par Donald Trump, mardi 26 mars 2019 en présence du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, d'un décret reconnaissant la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan.

La Syrie - qui revendique le contrôle de ces 1 200 km² du Nord-Est du plateau du Golan occupés par Israël depuis la Guerre des SIx-Jours en 1967 puis annexé en 1981 - a demandé au Conseil de sécurité de l'Onu de se réunir en urgence sur ce dossier.

La France assure, en mars, la présidence tournante du Conseil de sécurité. Il lui appartient donc de déterminer une date pour étudier cette question avant la fin du mois. Si ce n'est pas le cas, l'Allemagne prendra le relai en avril.

Le jour même de la rencontre entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou, les ambassadeurs de l'Onu traitaient de la situation au Moyen-Orient s'appuyant sur le rapport alarmiste de Nickolay Mladenov, coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient. Ils n'ont donc pas manqué de réagir à cette information.

Sit-in de protestation en Syrie

France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique et Pologne, membres européens du Conseil de sécurité, ont rejeté la déclaration américaine lors d'une déclaration solennelle : "Nous ne reconnaissons pas le souveraineté d'Israël sur les territoires occupés par Israël depuis 1967, incluant le plateau du Golan (...) Nous ne le considérons pas comme faisant partie du territoire de l'Etat d'Israël", insistent-ils.

L'Onu a tout de suite formellement condamné ce décret du président américain et craint que cette reconnaissance, violant les textes internationaux, ne serve de prétexte à d'autres pays pour justifier des annexions (comme la Russie avec la Crimée). "Toute tentative de s'écarter des paramètres agréés par la communauté internationale se condamnerait à un échec", a réagi François Delattre, le représentant de la France, évoquant l'installation d'ambassades à Jérusalem et l'annexion du Golan. Selon lui, "la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan est contraire au droit international, en particulier l'obligation pour les Etats de ne pas reconnaître une situation illégale." François Delattre a été très virulent à la tribune lâchant "c'est pourquoi le silence du Conseil sur ce sujet est de plus en plus assourdissant, de plus en plus incompréhensible, et, pour la France, de plus en plus inacceptable !"

Christoph Heusgen (Allemagne) accuse les Etats-Unis de "violer à leur tour le droit international en reconnaissant l'annexion israélienne du Golan." Pour le Koweit, "la Syrie a le droit de reprendre ce territoire."

"Permettre le contrôle du Golan par les Syriens et le régime iranien reviendrait à fermer les yeux sur les atrocités commises par le régime d’Assad et la présence déstabilisatrice de l’Iran dans la région. Pour l’administration américaine, il est très clair qu’il ne peut y avoir d’accord de paix qui ne prendrait en compte la sécurité d’Israël sur le plateau du Golan, répond Jonathan Cohen, ambassadeur américain aux Nations unies.

L'agence officielle syrienne Sana a fait part de plusieurs rassemblements, mardi 26 mars 2019, dans tous les gouvernorats pour protester contre cette décision. Des sit-in se sont déroulés notamment à Damas, Alep, Soueida, Daraa, Quneitra, Qamicheli, Salamya, Hassalaké, Lattaquié et Homs. Les manifestants insistaient sur l'"identité arabe du Golan syrien", "la transgression des droits internationaux" et appelaient au "retour du Golan à la mère patrie".

Au Liban, le mouvement chiite Hezbollah, toujours officiellement en guerre contre Israël depuis 1975, appelle à la "résistance". Pour son chef, Hassan Nasrallah, cette décision représente "un tournant crucial dans l'histoire entre les Arabes et Israël", montre "du dédain pour le monde arabe et islamique" et porte "un coup fatal à ce qui est appelé "processus de paix" dans la région et qui repose sur l'échange de terres contre la paix."


Mercredi 27 Mars 2019

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