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Payés pour ne pas consommer



En Provence la sécheresse de 1989-90 a marqué les agriculteurs, qui réclamaient l’eau servant à produire de l’électricité. Quinze ans après la réflexion a abouti à un système vertueux : EDF rémunère la non-utilisation d’eau par les irrigants. Ceux-ci investissent cet argent dans l’optimisation des systèmes d’irrigation.


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La Durance livrait 2mds de m3 par an en 1966, 500 millions de moins en 2010 (photo XDR)
La Durance livrait 2mds de m3 par an en 1966, 500 millions de moins en 2010 (photo XDR)
Rémunérer la non-consommation ! Voilà une ex-hérésie économique que le réchauffement climatique et la tension sur les ressources naturelles vont peut-être transformer en norme.
 
EDF Méditerranée pratique déjà le paiement d’effacements d’utilisation d’eau par les associations d’irrigants en Provence. « Nous avons une convention en ce sens, depuis 2003, avec l’associations du Canal mixte Carpentras, L’Isle sur Sorgue et Cabedan et de celui de Saint-Julien » confirme Dominique Roux, Délégué à la Coordination de l’Eau à la direction de l’Unité de Production Méditerranée, à Marseille.
 
Cette mesure qui coûte à EDF de 100 à 200 k€/an, permet à l’association d’irrigants de Durance d’investir dans la modernisation de ses ouvrages. « Pour nous il s’agit d’abord de pouvoir mobiliser plus d’eau à un moment critique de la journée » explique le responsable d’EDF.
 
En effet, vers 17 h en hiver, vers 19 h en été, quand cinq millions de Provençaux rentrent chez eux et mobilisent au maximum leurs appareils électriques, cette région risque la rupture. Il faut alors en un temps record, quelques minutes  parfois, pouvoir augmenter la production électrique pour éviter une panne monumentale du réseau. Or seule l’hydroélectricité le permet aujourd’hui, et deux rivières provençales, la Durance et le Verdon, totalisent 30 barrages pour pouvoir réagir vite.
 
Mais il faut pour cela de grandes quantités d’eau à turbiner. Et l’économie réalisée grâce au système promu par EDF, voisine avec les 90 millions de m3/an. « Nos études ont identifié un potentiel d’économies d’eau compris entre 150 et 200 millions de m3/an, y compris celle déjà épargnée par les irrigants » ajoute Dominique Roux.

Innovant et reproductible

Les irrigants de Durance fixent eux mêmes les objectifs d'économie d'eau (photo MN)
Les irrigants de Durance fixent eux mêmes les objectifs d'économie d'eau (photo MN)
Le système est innovant mais aussi reproductible, ce qui en fait une des « solutions » apportée par EDF lors du Forum Mondial de l’Eau qui s’est ouvert le 12 mars 2012 à Marseille, et qui veut justement lister et discuter ces « solutions » aux défis environnementaux, sociaux et économiques que pose la rareté de la ressource en eau, sur une planète qui se réchauffe, et face aux besoins d’une humanité en croissance démographique.
 
Sa reproductibilité tient d’abord au fait que les irrigants ont joué le jeu, dans des conditions particulières, c’est-à-dire en l’absence de contraintes. « Dans la convention qu’ils ont signée, ils sont maîtres de définir eux-mêmes l’objectif à atteindre ; et le seul risque qu’ils prennent est de ne pas être rémunérés si leurs propres objectifs ne sont pas atteints » reprend Dominique Roux. D’abord fixé à 44 millions de m3/an, l’objectif d’économie avait été porté à 90 millions de m3 par les irrigants, après 2004.
 
Dans le cadre d’un accord territorial plus vaste, le Plan Durance, qui implique l’Etat français, l’Agence de l’Eau et la Région Provence Alpes Côte d’Azur, une réflexion est engagée pour savoir comment pourraient être affectées toutes les économies d’eau réalisées sur cet affluent du Rhône.
 
Après la mise en eau de la retenue d’eau de Serre Ponçon, en 1959-60, qui régit toute l’utilisation des eaux de la Durance en amont, 2 milliards de m3 d’eau étaient consommés (selon une statistique de 1966). La rationalisation de la consommation, mais aussi la désindustrialisation et la baisse du nombre d’agriculteurs, ont provoqué au fil des ans une baisse de consommation de 500 millions de m3.

Article réalisé en partenariat avec EDF

Lundi 12 Mars 2012


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