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Paris suspend son don de six semi-rigides Sillinger aux garde-côtes libyens



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Les six Sillinger de la gamme "Rafale" étaient destinés aux garde-côtes libyens (photo d'illustration : Sillinger)
Les six Sillinger de la gamme "Rafale" étaient destinés aux garde-côtes libyens (photo d'illustration : Sillinger)
LIBYE / FRANCE. Florence Parly, ministre française des Armées, a décidé de revenir sur sa décision, prise en février 2019 lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, de livrer six embarcations rapides à la Libye pour équiper ses garde-côtes.

Les semi-rigides Silinger de douze mètres de la gamme "Rafale", acquis par la France pour être offerts au gouvernement libyen, étaient destinés à la "lutte contre l'émigration clandestine et le terrorisme", selon le ministère des Armées. Ces bateaux devaient normalement être livrés par Sillinger, au printemps 2019 à Toulon, à la Marine Nationale qui les aurait ensuite acheminés en direction de la Libye.
Appartenant depuis 2016 au groupe néo-zélandais Future Mobility Solutions Limited, l'entreprise de soixante salariés est basée à Mer (Loir-et-Cher). Sillinger avait déjà signé, en février 2013, un contrat avec les forces armées libyennes comprenant une commande de cinquante embarcations pneumatiques semi-rigides de différentes tailles.

"Si la cession a été un temps envisagée au bénéficie de la Libye, la ministre a finalement décidé de ne pas livrer les embarcations à cet Etat (...) La situation en Libye ne permet par de réaliser ce don d'embarcations", souligne le ministère français des Armées dans un mémoire envoyé à la Cour administrative d'appel de Paris cité par plusieurs journaux. Cette instance avait été saisie, en avril 2019, par huit ONG* qui réclamaient la suspension de cette livraison. "Pour la première fois, la France affiche publiquement une collaboration bilatérale directe et concrète avec les garde-côtes libyens. En achetant six bateaux pour leur compte, la France participe au cycle de violations des droits humains commis en Libye à l’encontre des réfugiés et des migrants en donnant des moyens logistiques pour les intensifier", indiquait alors un communiqué commun.

"Tournant dans la coopération sur la politique migratoire"

Dans un rapport publié en janvier 2019, Human Rights Watch (HRW) avait notamment précisé : "afin de décourager et d’empêcher les arrivées de migrants en Europe en provenance de Libye, l’Union européenne a fourni une formation, de l’équipement et un soutien matériel aux garde-côtes libyens pour accroître leur aptitude à intercepter des embarcations dans les eaux territoriales et internationales et à reconduire les migrants et demandeurs d’asile en territoire libyen. Les migrants et demandeurs d’asile qui sont capturés en mer et refoulés en territoire libyen sont placés en rétention, où beaucoup d’entre eux sont soumis à des conditions de vie inhumaines, notamment à des passages à tabac, des violences sexuelles, des extorsions de fonds, des travaux forcés, et ne reçoivent pas de soins médicaux adéquats, ni suffisamment de nourriture et d’eau".

Aujourd'hui, ces ONG parlent, dans un communiqué commun édité lundi 2 décembre 2019, de "victoire qui doit marquer un tournant dans la coopération sur la politique migratoire". Selon ce texte, "cette initiative aurait fait de la France la complice officielle des crimes commis sur les personnes migrantes et réfugiées en Libye".

La Libye se trouve toujours en pleine guerre civile, huit ans après la chute de Mouammar Khadafi. Depuis avril 2019, sa capitale devient l'enjeu de la rivalité entre les forces du maréchal Khalifa Haftar et celles, reconnues par l'Onu, du Gouvernement d'union nationale (GNA) présidé par Fayez el-Sarraj, depuis mars 2016, qui occupe également les fonctions de Premier ministre depuis la même date, ainsi que celles de ministre de la Défense, depuis septembre 2018, et de député (août 2014).

Cinq civils ont encore été tués, et dix blessés, dans la nuit de dimanche 1er décembre 2019 au lundi 2 décembre par des raids aériens dans un quartier résidentiel de la banlieue sud de Tripoli.

* Amnesty International, Médecins sans frontières, Gisti, Ligue des Droits de l'homme, Cimade, Avocats sans frontières, Associazione per gli studi giuridici sull'immigrazione, Migreurop.

Lundi 2 Décembre 2019

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