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Paris programme une conférence internationale sur la Libye de nouveau sans gouvernement


Rédigé par , le Mercredi 22 Septembre 2021 - Lu 1620 fois


Les combats ont cessé depuis un an et demi en Libye (photo : OCHA/Giles Clarke)
Les combats ont cessé depuis un an et demi en Libye (photo : OCHA/Giles Clarke)
LIBYE. Lors d'un conférence de presse à New York, à l'occasion de la 76e Assemblée générale de l'ONU, Jean-Yves Le Drian a annoncé que la "France organisera, autour du Président de la République, une conférence internationale sur la Libye le 12 novembre."

A l'instar du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et du gouvernement marocain, le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères soutient toujours la tenue d'élections prévues le 24 décembre 2021, malgré un contexte de moins en moins propice sur place.

Mardi 21 septembre 2021 à Tobrouk, le Parlement libyen votait en effet une motion de censure (89 voix contre sur 113 députés présents) contre le gouvernement de transition dirigé par Abdel Hamid Dbeibah. La Libye se retrouve donc à nouveau sans gouvernement. Les ministres restent cependant en place, mais ne pourront plus qu'expédier les affaires courantes.

C'est un échec pour Abdel Hamid Dbeibah, arrivé à la tête de la Libye suite à un long processus, diligenté par l'Onu et basé sur un Forum du dialogue politique libyen réunissant toutes les parties. Il avait été adoubé en mars 2021 par le même Parlement qui vient de le destituer. Sa tâche principale était d'unifier ce pays après dix ans de guerre civile. Comme le prouvent les récents évènements, la réconciliation des deux camps de l'Ouest et de l'Est ne se trouve pas encore à l'ordre du jour.
Le Premier ministre est en outre accusé par plusieurs députés d'avoir dilapidé l'argent public durant ses six mois au pouvoir, de favoritisme avec la nomination de membres de sa famille comme diplomates et de corruption.

Loi électorale favorable au retour du maréchal Haftar

Le Haut-Conseil d'État (HCE - Sénat), siégeant à Tripoli comme le gouvernement, a considéré comme "nulle" cette "procédure" de censure. "Notre objectif, c'est la tenue de ces élections. Nous ne souhaitons pas donner autant d'importance à tout ce qui peut entraver cet objectif", commentait Khaled el-Mechri, président du HCE en visite à Rabat.

Le HCE avait suggéré lundi 20 septembre 2021 de bien appeler les Libyens aux urnes fin décembre 2021, mais seulement pour des élections législatives. L'institution entend par contre reporter d'au moins un an l'élection présidentielle qui devait se tenir simultanément. De son côté, et malgré cette annonce, la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) indique, dans un communiqué, que "la tenue des élections présidentielle et parlementaires le 24 décembre 2021 doit rester l'objectif primordial."
Selon son chef et représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu en Libye depuis janvier 2021, "ne pas (en) organiser pourrait gravement détériorer la situation dans le pays, pourrait entraîner des divisions et des conflits (...) J'exhorte les acteurs libyens à unir leurs forces et à garantir des élections parlementaires et présidentielles inclusives, libres et équitables, qui doivent être considérées comme une étape essentielle pour stabiliser et unir davantage la Libye".

Voici deux semaines, jeudi 9 septembre 2021, une loi électorale pour la présidentielle était ratifiée en catimini, lors d'une séance à huis clos, sous l'égide d'Aguila Saleh, chef du Parlement libyen. Un de ses soixante-dix sept articles semble tricoté sur mesure pour favoriser le retour de l'ancien homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar en accordant le droit aux militaires de se présenter aux élections. Ce candidat potentiel est soutenu par l'Égypte. Le HCE s'est plaint de ne pas avoir été consulté sur ce texte.
Selon la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (Manul), plus 2,8 millions de Libyen sont inscrits sur les listes électorales dont 40% de femmes.

Les forces étrangères obstacles à la réconciliation

Une autre réunion sur l'avenir du pays est également prévue mercredi 22 septembre 2021 à New York. Elle sera co-présidée par Jean-Yves Le Drian et ses homologues allemand Heiko Maas et italien Luigi Di Maio. Le ministre français a réclamé le "départ des forces et des mercenaires étrangers", toujours sur place malgré un arrêt des combats fin août 2021 et un accord de cessez-le-feu permanent signé en octobre 2020. Selon l'Onu, ils étaient encore 20 000 sur le sol libyen en décembre 2020 dont plusieurs centaines de militaires turcs présents depuis un accord bilatéral conclu avec l'ancienne gouvernance. Avec le maintien des échéances électorales, le départ des troupes étrangères se trouvera au cœur des discussions.

"La communauté internationale peut contribuer à créer des conditions plus propices en facilitant le début d'un retrait progressif des éléments étrangers de Libye sans délai", déclarait le 10 septembre 2021, Ján Kubiš,

Lire notre enquête spéciale Libye en six volets















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