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Nouvelle réforme et nouvelles tensions sur le secteur financier espagnol


Rédigé par , le Lundi 14 Mai 2012 - Lu 1286 fois


Banc Sabadell fait partie des banques qui pourront faire face aux nouvelles exigences de provisions sans aides publiques (photo CC-Lofor)
Banc Sabadell fait partie des banques qui pourront faire face aux nouvelles exigences de provisions sans aides publiques (photo CC-Lofor)
ESPAGNE. Le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos, a mis ses habits de VRP ce lundi 14 mai 2012, pour aller présenter à Bruxelles la nouvelle réforme du secteur financier tout juste adoptée en Conseil des ministres. Objectif : rassurer les instances européennes sur la solidité financière de l'Espagne.

Cette nouvelle réforme oblige d'abord les banques à augmenter leurs provisions sur les crédits « sains », à hauteur de 30 mrds €. Dans le même temps, ces banques devront externaliser leurs actifs immobiliers qui tirent la solvabilité vers le bas. Ces 30 mrds € s’ajoutent aux 54 mrds € que les banques et caisses d'épargne espagnoles sont déjà contraintes de provisionner pour garantir les crédits immobiliers « toxiques ».

Ce sont donc 84 mrds € qui seront consacrés cette année à l'assainissement des comptes, ce qui ne va pas résoudre pour autant une certaine opacité du secteur financier espagnol. Car si la plupart des analystes financiers estiment que les banques pourront ainsi garantir 45% de leurs crédits immobiliers, d'autres doutent de la réalité des chiffres.
Le cadre de l'une des premières banques espagnoles explique ainsi que « tous les actifs immobiliers n'ont pas été répertoriés comme tels lors des transactions, pour éviter de devoir supporter justement les provisionnements obligatoires. »

Le nouvel effort demandé aux organismes bancaires va également peser lourd sur les bilans, par exemple pour Banco Santander. Le numéro un de la banque espagnole devra allonger de 2,7 mrds € le montant de ses provisions, en plus des 2,3 mrds € qui avaient déjà été prévus en février 2012. Au moins cet effort se fera-t-il sans le soutien de la Banque d'Espagne. De leur côté, Banc SabadellUnicaja et Bankinter  ont annoncé qu'ils n'auront pas besoin non plus des aides publiques pour assainir leurs comptes.

Ce qui n'est évidemment pas le cas de Bankia,  quatrième entité bancaire espagnole, qui vient d'être nationalisée, et qui va devoir en plus faire face aux nouvelles exigences de la réforme financière en provisionnant 4,8 mrds € supplémentaires. Avec évidemment l'aide de l’État.

Reste enfin à éclaircir l'avenir de Novagalicia, dont la Banque d'Espagne détient désormais 90% du capital (via le Fonds de Restructuration bancaire) et qui doit capter de nouveaux capitaux d'ici le mois de septembre 2012 pour être à nouveau privatisée. Obligée désormais de trouver 1,1 mrd € pour satisfaire aux nouvelles règles financières imposées par le gouvernement de Mariano Rajoy, la banque risque d'être mise aux enchères, comme ce sera prochainement le cas pour Unnim  et Catalunya Caixa.




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