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"Nous ne rajoutons rien à Africalink, nous prolongeons"


Rédigé par Propos recueillis par Frédéric Dubessy, le Mardi 8 Mars 2022 - Lu 1576 fois

UE / AFRIQUE. Le nouveau conseil d'administration d'Africalink, réuni lundi 7 mars 2022 à Aix-en-Provence, a élu Hicham El Merini (président du groupe SM2E implanté en France et au Maroc) et Panayotis Liolios (directeur général associé d'Exco basé à Marseille) comme co-présidents. Adhérent depuis la création de cette communauté des entrepreneurs née en 2017 à Marseille, ils succèdent à Yves Delafon qui dirigeait l'association depuis sa fondation. English version


Les deux co-présidents encadrent Yves Delafon (photo:F.Dubessy)
Les deux co-présidents encadrent Yves Delafon (photo:F.Dubessy)
econostrum.info: Pourquoi avoir choisi de constituer un binôme ?

Panayotis Liolios: La tâche est quand même importante et il existe un aspect symbolique dans cette coprésidence. Hichem est Marocain et sur le continent africain et je suis d'origine grecque, donc sur le continent européen. Nous voulons porter ce symbole.

Comment vont se répartir les rôles entre vous deux ?

P.L.: Il n'y a pas de répartition de rôles. Nous faisons ensemble !

Quelles sont les nouvelles actions que vous allez mener ? Qu'allez-vous ajouter par rapport au mandat d'Yves Delafon votre prédécesseur ?

P.L.: Nous ne rajoutons rien, nous prolongeons. La première action consistera à continuer à structurer l'ensemble de nos interventions. Ensuite, nous voulons développer notre réseau en Afrique et sur le territoire d'Aix-Marseille Provence et en région. Le troisième point va être le développement des moyens car, l'enjeu est important mais nous sommes optimistes.

"Présents dans une dizaine de pays"

Quels vont être les pays prioritaires ?

Hicham El Merini: Nous sommes déjà présents dans une dizaine de pays*. Les prochains pays cibles peuvent faire partie de ces pays déjà existants, mais nous voudrions définir une priorité en fonction des besoins et des exigences de nos membres. C'est pour cela que nous allons organiser des petits déjeuners avec eux pour définir les pays prioritaires.

Quelles sont les missions déjà programmées ?

H.E.M.: Une se déroulera au Sénégal au mois de juillet 2022. Ce pays préside l'Union africaine de la même manière que la France préside l'Union européenne. D'autres sont programmées, mais la date n'est pas encore fixée.

Vous êtes très courtisés, on parle beaucoup de vous, n'avez-vous pas l'impression parfois d'être récupérés ?

H.E.M.: Nous sommes dans une démarche éthique, dans un nouveau logiciel si je puis me permettre, et nous voulons absolument que la richesse soit partagée entre les entrepreneurs africains et européens. Beaucoup de personnes nous citent en exemple comme Franck Riester (NDLR: Ministre délégué français auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité), des ministres africains, mais j'attends une adéquation entre leurs propos extrêmement flatteurs et des financements. A ce moment, nous pourrons considérer que nous sommes récupérés ou courtisés. Mais, aujourd'hui, c'est surtout nous qui courrons après les financements.

"Des objectifs qualitatifs, pas quantitatifs"

Les deux coprésidents vont aller chercher des financements (photo: F.Dubessy)
Les deux coprésidents vont aller chercher des financements (photo: F.Dubessy)
Vous évoquiez lors de l'assemblée générale que vous aviez des subventions publiques (voir encadré chiffré ci-dessous) et que vous vouliez aller chercher des financements privés. Comment allez-vous vous y prendre et auprès de qui ?

H.E.M.: Nous sommes en même temps dans une dynamisation et dans une continuité. La continuité va effectivement faire appel à ce qu'Yves Delafon avait déjà entamé, à savoir solliciter des fonds des bailleurs publics. Pour les entreprises, la taille moyenne de financement aux alentours de 50 ou 100 000 € n'est pas abordée aujourd'hui par les bailleurs de fonds. Donc, typiquement, nous allons le faire soit à travers des institutions type AFD (NDLR: Agence française de développement) ou à travers des banques privées que nous allons bientôt rencontrer.

P.L.: Il faut avant tout faciliter les échanges. Nous ne sommes pas là en tant qu'entrepreneurs pour dire nous avons besoin de financements pour faire du business. Non, nous avons besoin que les circuits soient fluides et d'avoir des échanges facilités. C'est une des premières difficultés que nous avons, en particulier pour les Pme que nous représentons. Ce n'est pas le même cas pour les grands groupes qui sont structurés.

Quels sont vos objectifs pour 2022 en terme de développement ?

H.E.M.: Nous n'avons pas des objectifs en terme quantitatifs. Le principe d'adhésion au sein d'Africalink repose sur la cooptation. Les membres doivent pouvoir travailler en confiance, donc le nombre d'entreprises qui pourront intégrer notre communauté n'est pas important. Ce qui l'est, c'est la qualité des entrepreneurs qui vont venir nous rejoindre. Si nous sommes 250 en 2022, nous serons heureux car, effectivement, il existe aussi une contribution en termes de financement avec les adhésions. Si nous sommes 220 et avec la même qualité, ce sera très bien. Il ne s'agit pas d'une course au chiffre.
Ce que peuvent attendre ces entreprises, c'est la confiance. Lorsqu'ils ont une sollicitation sur un pays, ils doivent pouvoir trouver la réponse de manière efficace et pertinente d'autres personnes connaissant déjà très bien le tissu local.

* Cameroun, Côte d'Ivoire, Égypte, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Madagascar, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Somaliland, Tanzanie, Tunisie.

Yves Delafon : " Je ne suis plus président d'Africalink, mais je suis toujours Africalink."
 
Yves Delafon passe le relais et devient président d'honneur
Yves Delafon passe le relais et devient président d'honneur (photo: F.Dubessy)
econostrum.info: Que ressentez-vous en tant que président fondateur au moment de ce passage de relais et alors que vous devenez président d'honneur d'Africalink ?

Yves Delafon : Il ne s'est rien passé aujourd'hui. Nous continuons ensemble. Hicham comme Panayotis sont présents depuis le début. Ce sont mes amis, mes confrères, ceux avec qui nous avons écrit cette histoire. Avant, Yves Delafon était président, c'est maintenant Hicham El Merini et Panayotis Liolios, ça ne change rien. Je ne suis plus président d'Africalink, mais je suis toujours Africalink.

Que retenez-vous des actions d'Africalink ?

Y.D.: Cette communauté est un engagement indispensable. Nous nous sommes réunis autour de convictions sur l'importance de notre relation à l'Afrique, sur le rôle de la Pme, son engagement qui ne se trouve pas que dans le profit, mais aussi dans une réflexion globale. Nous sommes des acteurs du monde.

Créer Africalink en 2017 était quand même un sacré pari ?

Y.D.: Nous prêchions effectivement dans le désert au départ. Nous avons été parmi les premiers à affirmer ce message que notre avenir était au Sud, et pas à l'Est ou ailleurs. Et, quatre ans après, plus personne ne conteste cette idée là.
Nous avons plus besoin de l'Afrique que l'Afrique a besoin de nous. Ce continent a besoin de partenaires, mais il a désormais le choix entre les Chinois, les Indiens, les Turcs, les Américains... Il faut que nous soyons le partenaire crédible car, nous partageons des valeurs, de la culture, de la proximité, et nous avons l'histoire avec nous.

econostrum.info: De quoi êtes-vous le plus fier aussi ?

Y.D.: De cette collectivité, cette convivialité, cet engagement commun que nous avons eu. Ce n'est pas moi. On m'a confié la présidence du Conseil d'administration, je ne pouvais rien faire sans un bureau, un Conseil d'administration avec des personnes remarquables qui étaient là et le sont toujours. J'ai donc une fierté, mais aussi une reconnaissance envers eux, car ça a marché. Aujourd'hui, nous avons une forte lisibilité qui me surprend parfois. C'est parce que nous portons des valeurs qui sont une évidence.

Quel est votre message pour l'avenir du réseau ?

Y.D.: Maintenant, nous rentrons dans le dur. Il faut que nous trouvions les moyens de réellement prendre notre place. Aujourd'hui, nous bricolons avec des moyens financiers très faibles. Mais, nous avons montré que nous savions faire. Il faut maintenant que nos institutionnels, qui ont les moyens pour accompagner notre dynamique, se rendent compte que nous avons besoin, et qu'ils ont besoin de nous, pour réaliser les objectifs constitutifs de notre territoire. Le fait de créer un réseau de partenaires d'égal à égal avec des pays africains est structurant et essentiel pour notre territoire. Il faut l'alimenter. Si la puissance publique, dont la vocation est d'aider le secteur privé n'est pas là pour donner un coup de main, nous n'y arriverons pas.

Le réseau Africalink en chiffres (à fin 2021)

172 membres dont 35% de Pme africaines

1,8 mrd€ de chiffre d'affaires cumulé

18 secteurs (20% production, industrie, services à l'industrie; 11% distribution et commerce; 11% immobilier, architecture, construction et bâtiment)

11 ambassadeurs

Ressources 2021: 129 898€ dont 75 897€ de subventions
(30 000€ de la CCI Aix-Marseille Provence)
 





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