
Nabih Berri rempile pour un septième mandat de Président du Parlement libanais (photo: Parlement libanais)
LIBAN. Les députés du Parlement libanais ont réélu, mardi 31 mai 2022 et pour quatre ans supplémentaires, Nabih Berri à la présidence de cette chambre unique. Malgré la perte de majorité du Hezbollah et de ses alliés, dont le parti Amal qu'il dirige, ce Chiite de quatre-vingt-quatre ans a donc été reconduit à un poste qu'il occupe depuis octobre 1992.
Ce septième mandat n'a cependant pas été si facile à obtenir. Alors qu'en 2018, il avait recueilli quatre-vingt-dix huit voix, Nabih Berri a dû se contenter de soixante-cinq sur 128 votants. Vingt-trois bulletins blancs et quarante votes nuls (dont plusieurs portaient des messages sur l'explosion du Port de Beyrouth ou affichaient le nom de Lokman Slim, un militant anti-Hezbollah assassiné en février 2021) ont été enregistrés.
Les élections législatives du 15 mai 2022 avaient laissé une lueur d'espoir d'un changement dans la politique de ce pays en défaut de paiement depuis mars 2020 et soumis à la plus grosse crise économique et sociale de son histoire. Treize candidats de la contestation, issus des manifestations appelant depuis octobre 2019 à chasser les politiques actuels, jugés incompétents et corrompus, ont en effet été élus. Leur entrée dans le Parlement et les 10,16% de suffrages rassemblés symbolisent le refus de la rue du système confessionnel prévalant au Liban. Le Président de la République est toujours un Chrétien maronite, le Président du Conseil des ministres un Sunnite et le Président de l'Assemblée nationale un Chiite. Ou, comme aime à le dire, en plaisantant, l'inamovible intéressé lui-même, "toujours Nabih Berri".
Ce septième mandat n'a cependant pas été si facile à obtenir. Alors qu'en 2018, il avait recueilli quatre-vingt-dix huit voix, Nabih Berri a dû se contenter de soixante-cinq sur 128 votants. Vingt-trois bulletins blancs et quarante votes nuls (dont plusieurs portaient des messages sur l'explosion du Port de Beyrouth ou affichaient le nom de Lokman Slim, un militant anti-Hezbollah assassiné en février 2021) ont été enregistrés.
Les élections législatives du 15 mai 2022 avaient laissé une lueur d'espoir d'un changement dans la politique de ce pays en défaut de paiement depuis mars 2020 et soumis à la plus grosse crise économique et sociale de son histoire. Treize candidats de la contestation, issus des manifestations appelant depuis octobre 2019 à chasser les politiques actuels, jugés incompétents et corrompus, ont en effet été élus. Leur entrée dans le Parlement et les 10,16% de suffrages rassemblés symbolisent le refus de la rue du système confessionnel prévalant au Liban. Le Président de la République est toujours un Chrétien maronite, le Président du Conseil des ministres un Sunnite et le Président de l'Assemblée nationale un Chiite. Ou, comme aime à le dire, en plaisantant, l'inamovible intéressé lui-même, "toujours Nabih Berri".
L'ancienne majorité toujours à la tête du Parlement
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La réélection de Nabih Berri comme président du Parlement confirme encore cette antienne. D'autant plus qu'Elias Bou Saab, ancien ministre libanais de l'Éducation et de la Défense nationale, a été désigné comme vice-président. Un poste toujours réservée à un Chrétien grec orthodoxe. Elias Bou Saab, allié au Mouvement patriotique libre (présidée par le Président libanais Michel Aoun, proche du Hezbollah), a également bénéficié de soixante-cinq voix au second tour de scrutin alors qu'il était opposé à Ghassan Skaff, un nouveau député sans étiquette.
Ce sont donc finalement des hommes de l'ancienne majorité qui dirigeront un Parlement où ils ne disposent justement plus de la majorité. Mais l'assemblée se trouve désormais fragmentée et les débats seront difficiles à conduire alors que le Liban a un besoin urgent de réformes structurelles pour obtenir de l'argent de la communauté internationale et du Fonds monétaire international (FMI). Et ainsi tenter de juguler la crise financière. La paralysie de cette institution depuis des décennies pourrait toujours figurer à l'ordre du jour.
Le 16 mai 2022, l'Onu indiquait par voie de communiqué que son "secrétaire général compte sur le nouveau Parlement pour adopter d'urgence toutes les lois nécessaires à la stabilisation de l'économie et à l'amélioration de la gouvernance".
Ce sont donc finalement des hommes de l'ancienne majorité qui dirigeront un Parlement où ils ne disposent justement plus de la majorité. Mais l'assemblée se trouve désormais fragmentée et les débats seront difficiles à conduire alors que le Liban a un besoin urgent de réformes structurelles pour obtenir de l'argent de la communauté internationale et du Fonds monétaire international (FMI). Et ainsi tenter de juguler la crise financière. La paralysie de cette institution depuis des décennies pourrait toujours figurer à l'ordre du jour.
Le 16 mai 2022, l'Onu indiquait par voie de communiqué que son "secrétaire général compte sur le nouveau Parlement pour adopter d'urgence toutes les lois nécessaires à la stabilisation de l'économie et à l'amélioration de la gouvernance".
Un des pays les plus inégalitaires au monde
Début mai 2022, Olivier de Schutter, un expert missionné par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, soulignait dans un rapport sur ce pays, "l'impunité, la corruption et les inégalités structurelles ont été intégrées dans un système politique et économique vénal conçu pour faire échouer ceux qui sont en bas de l’échelle, mais il n'est pas nécessaire qu'il en soit ainsi". Il qualifiait le Liban d"'État défaillant" et s'en prenait aux liens politiques avec le système bancaire jugés '"omniprésents" et suscitant de "sérieuses inquiétudes concernant les conflits d'intérêts dans leur gestion de l'économie et de l'épargne des gens".
Dans le même document, Olivier de Schutter indiquait que "les dirigeants politiques sont complètement déconnectés de la réalité, y compris du désespoir qu'ils ont créé en détruisant la vie des gens". Il décrivait le Liban comme "l'un des pays les plus inégalitaires au monde, mais les dirigeants semblent au mieux ignorer cela et au pire se sentir à l'aise avec cela". 80% des Libanais vivent en effet sous le seuil de pauvreté.
Il appartient désormais à Michel Aoun de consulter le Parlement avant de porter son choix sur un nouveau Premier ministre. Il sera forcément Sunnite. Et donc, l'actuel titulaire, Najib Mikati (mouvement Azm) désigné fin juillet 2021, semble favori. D'autant plus qu'il est candidat à son renouvellement.
Dans le même document, Olivier de Schutter indiquait que "les dirigeants politiques sont complètement déconnectés de la réalité, y compris du désespoir qu'ils ont créé en détruisant la vie des gens". Il décrivait le Liban comme "l'un des pays les plus inégalitaires au monde, mais les dirigeants semblent au mieux ignorer cela et au pire se sentir à l'aise avec cela". 80% des Libanais vivent en effet sous le seuil de pauvreté.
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