Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée



Monaco Marine s'ancre pour 50 ans au Port de Marseille-Fos


Après un investissement de 71 M€, Monaco Marine va implanter sur les terrains du port de Marseille-Fos le plus grand chantier au monde de réparation et de refit des méga-yachts de 90 à 130 mètres de longueur. Un ascenseur pourra accueillir les navires jusqu'à 6 000 tonnes.


            Partager Partager

Michel Ducros va investir 44 M€ dans ses nouvelles installations à Marseille (photo : F.Dubessy)
Michel Ducros va investir 44 M€ dans ses nouvelles installations à Marseille (photo : F.Dubessy)
FRANCE. "Nous connaissons une nouvelle étape de la résurrection de la réparation navale à Marseille". Voici ainsi résumé, jeudi 20 septembre 2018, par Renaud Muselier, président de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur, le partenariat signé le jour même et en sa présence entre le Grand Port Maritime de Marseille-Fos (GPMM) et Monaco Marine (75 M€ de chiffre d'affaires en 2017).

L'entreprise familiale a remporté, à l'unanimité des voix du Conseil d'administration du Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM), l'appel à projets lancé en janvier 2018 pour implanter un centre de maintenance et de refit pour les méga-yachts dans le secteur du bassin Mirabeau. Il sera le plus grand du monde pour le yachting.

Doté de six positions, ce dernier pourra accueillir, sur un espace de 55 000 m², des yachts entre quatre-vingt dix et 130 mètres de longueur. Un marché concernant une centaine de navires dans le monde dont les deux-tiers naviguent en Méditerranée.  Le site sera équipé d'un ascenseur à bateaux d'une capacité de 6 000 tonnes, constituant 25 M€ d'investissement à lui seul avec le génie civil nécessaire à son implantation.

Ouverture en 2022

Jean-Marc Forneri (GPMM) et Michel Ducros (Monaco Marine) paraphent le partenariat qui donnera naissance en 2022 au centre de maintenance des méga yachts à Marseille (photo : F.Dubessy)
Jean-Marc Forneri (GPMM) et Michel Ducros (Monaco Marine) paraphent le partenariat qui donnera naissance en 2022 au centre de maintenance des méga yachts à Marseille (photo : F.Dubessy)
Monaco Marine loue les terrains au port avec un contrat de concession sur cinquante ans. L'entreprise investit 44 M€ dans le projet, le GPMM 27 M€ avec l'aide des collectivités territoriales (participation de l'État et de la Région de 2,5 M€ à parts égales) dans le cadre du programme Contrat de Plan État Région 2015-2020 . Le chantier emploiera quarante-six CDI et générera 150 emplois indirects en plus. La mise en service est prévue précisément le 30 juin 2022. Même si Michel Ducros, président du groupe Monaco Marine, tempère : "La Ciotat avait été signé en 2001 et ouvert seulement en 2007. Les retards sont possibles dans cet environnement très contraignant."

Parallèlement, sera créée la Monaco Marine Académie. D'abord université interne, elle s'ouvrira aussi aux co-contractants de l'entreprise puis, à terme, à tout le monde.

Cet équipement vient renforcer l'expertise du port de Marseille-Fos où sont déjà présents les Palumbo Marseille Superyacht, les ITM mais aussi Monaco Marine Shipyard. Le GPMM vient de remettre en route sa Forme 10, la plus grande cale sèche en Méditerranée et la troisième au monde.

"Le port de Marseille rivalise aujourd'hui avec les plus grands ports. Il faut faire en sorte qu'il puisse devenir le premier port de Méditerranée, c'est l'intérêt de la France de posséder un port fort. Il s'inscrit dans le rôle central que doit jouer notre pays en Méditerranée. L'implantation de Monaco Marine représente une action sur le long terme en terme d'ancrage du port dans sa vocation méditerranéenne", commente Pierre Dartout, Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La Ciotat n'est pas concurrent

Monaco Marine s'ancre pour 50 ans au Port de Marseille-Fos
Cette implantation fait pourtant grincer des dents du côté de La Ciotat, à quelques encablures du Port de Marseille-Fos.

Jean-Marc Forneri, président du Conseil de surveillance du port de Marseille-Fos, insiste : "ce projet est complémentaire avec celui de La Ciotat." Et Jean-Marc Forneri de préciser : "A Marseille seront traités les bateaux jusqu'à 6 000 tonnes ce que ne peut pas faire La Ciotat qui s'arrête à 2 000 tonnes. De toute façon, nous sommes sur un marché en pleine expansion. Nos concurrents, ce n'est pas La Ciotat, mais Barcelone, Gênes..."
"Nous sommes en addition de performances avec la Ciotat. Pas en concurrence", renchérit Renaud Muselier.

Le président de Monaco Marine a beau jeu de rappeler qu'il "a relancé en 2007 le site de La Ciotat. Il s'agit de notre plus grand site et il est plein. La Ciotat a développé à côté de nous des concurrents. Donc ils doivent savoir ce qu'est la concurrence." Il est toujours présent dans la ville voisine sur un site de 43 000 m² où il traite les bateaux de cinquante à quatre-vingt mètres. Michel Ducros n'oublie pas d'ajouter que candidat à l'exploitation de la grande forme de La Ciotat, il n'a pas été retenu : "le contrat a été remporté par une entreprise allemande qui est aujourd'hui espagnole par son actionnariat..." Et de dévoiler, "en 2019, nous serons candidats pour occuper la grande plate-forme quand un appel d'offres sera lancé."

"Nous ne pouvons pas servir les clients, si nous ne disposons pas d'espace. Notre entreprise est faite pour être développée. L'expansion est chez nous naturelle", explique Michel Ducros.

Créée en 1995, Monaco Marine possède déjà de six chantiers dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur* et se prépare à en ouvrir un septième, à La Seyne-sur-Mer (près de Toulon) en novembre 2018. D'une superficie de 40 000 m², il sera destiné aux trente à cinquante mètres. "Ainsi, nous pourrons offrir nos services complets à tous les types de yachts et méga yachts", se félicite le président de Monaco Marine.


* Saint-Laurent-du-Var (1995) sur 5 500 m² pour les navires de 5 à 25 mètres
Beaulieu-sur-mer (1997) sur 6 000 m² pour les navires de 5 à 40 mètres
Saint-Tropez (2002) sur 28 000 m² pour les navires de 5 à 40 mètres
La Ciotat (2007) sur 43 000 m² pour les navires de plus de 45 mètres
Antibes (2012) sur 8 000 m² pour les navires de 5 à 50 mètres
Marseille (mars 2018) sur 320 mètres linéaires de quais (travaux à flot) pour les navires de plus de 52 mètres.


Jeudi 20 Septembre 2018

Lu 1590 fois




Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.







RÉFLEXIONS

Les territoires ont un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique : Région SUD et opportunités de coopération sur le plan EU-Med

Constantin Tsakas, délégué général de l'Institut de la Méditerranée, secrétaire général du Femise
Grand angle


LE Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération 2019
Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération
 30,00 € 
  Prix Spécial | 19,00 €
FICHES FINANCEMENT - FICHES PAYS - ANNUAIRE


Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA

Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss