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Mohammed VI espère une éclaircie dans ses relations avec l'Algérie


S'exprimant à l'occasion du quarante-troisième anniversaire de la Marche verte, Mohammed VI tend la main à l'Algérie en appelant à un "dialogue direct et franc." De meilleures relations bilatérales pourraient permettre d'avancer sur le dossier du Sahara occidental mais aussi sur les flux migratoires, la contrebande, et la lutte contre le terrorisme.


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La Minurso a vu sa mission reconduite pour seulement six mois (photo : Minurso)
La Minurso a vu sa mission reconduite pour seulement six mois (photo : Minurso)
MAROC / ALGÉRIE. S'exprimant à l'occasion du quarante-troisième anniversaire de la Marche verte, mardi 6 novembre 2018, Mohammed VI a tendu la main à l'Algérie en appelant à un "dialogue direct et franc."

Le 6 novembre 1975, quelque 350 000 Marocains répondaient à l'appel d'Hassan II, père de l'actuel Roi du Maroc, à marcher sur le Sahara occidental, alors sous occupation espagnole, pour le reprendre pacifiquement. Cet évènement précipitait le départ des Espagnols dès 1976, et une proclamation unilatérale par le Front Polisario (Frente popular para la liberacion de Saguia el-Hamra y de Rio de Oro), d'une République arabe sahraouie démocratique (RASD), soutenue par Alger.

Depuis, Rabat n'a cessé de considérer ce territoire - qu'il contrôle à 80% - comme partie intégrante du Maroc et le qualifie d'ailleurs de province du Sud. Pour la communauté internationale, Onu en tête, le Sahara occidental n'a pas encore de statut définitif sur le plan juridique. Quant aux autorités algériennes, elles plaident toujours pour un Sahara occidental indépendant et continuent à épauler le Front Polisario.

L'Union africaine a mis en place, en juillet 2018, un  "mécanisme africain" pour tenter de trouver une solution à ce conflit.

"Dépasser les différends"

De meilleures relations entre le Maroc et l'Algérie favoriseraient une solution au Sahara occidental (photo : Minurso)
De meilleures relations entre le Maroc et l'Algérie favoriseraient une solution au Sahara occidental (photo : Minurso)
L'appel marocain du 6 novembre 2018 envoie aussi clairement un signe très tangible à l'Onu, en pleine préparation d'une réunion les 5 et 6 décembre 2018 à Genève sur cette question. Invités : le Maroc, l'Algérie (seulement en tant qu'observateur selon son souhait), le Front Polisario et la Mauritanie. Les discussions se trouvent bloquées depuis 2012.

Les Nations unies viennent d'ailleurs de renouveler, le 1er novembre 2018 pour six mois seulement contre un an habituellement, la Minurso, sa force créée en 1991 afin de faire respecter le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario et organiser un référendum d'autodétermination au Sahara occidental.

Aujourd'hui, Mohammed VI propose la "mise en place d'un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation" destiné à "dépasser les différends". Car, les problèmes entre les deux pays vont bien au-delà du conflit - certes central - du Sahara occidental : contrebande, trafic de drogue, conventions non respectées, et une frontière fermée depuis 1994... "Ce mécanisme devra s'engager à examiner toutes les questions bilatérales, avec franchise, objectivité, sincérité et bonne foi, sans conditions ni exceptions, selon un agenda ouvert", précise le souverain chérifien. "Le Maroc est ouvert à d'éventuelles propositions et initiatives émanant de l'Algérie pour désamorcer le blocage dans lequel se trouvent les relations entre les deux pays voisins frères", précise-t-il.

Facilitation de la lutte contre le terrorisme et les flux migratoires

Le Roi du Maroc a adressé un discours à l'occasion du 43e anniversaire de la Marche verte (photo : Ministère marocain de la Culture et de la Communication).
Le Roi du Maroc a adressé un discours à l'occasion du 43e anniversaire de la Marche verte (photo : Ministère marocain de la Culture et de la Communication).
Aucune réaction officielle n'émane d'Algérie pour le moment. La presse locale se contente, au mieux, de reprendre quelques parties du discours de Mohammed VI sans commenter (comme El Watan), ou varie dans sa position. A l'image de TSA, qui se félicitait de la "tonalité positive" de cette intervention le mardi 13 novembre 2018, pour, dès le lendemain, devenir plus incisif : parlant d'un souverain "troquant sa rhétorique belliqueuse par un mielleux discours de rapprochement". Au pire, le site web Algérie patriotique, proche de l'Armée, souligne que "sur la question de «la réouverture des frontières terrestres», réitérée avec force par Mohammed VI dans son discours, aucun nouvel argument mais, surtout, aucune garantie n’est apporté pour convaincre l’Algérie de sa bonne foi. Les Algériens savent qu’il ne s’agit que d’une «énième manœuvre."

Un retour à de meilleures relations bilatérales influeraient bien au-delà du Maghreb en permettant de mieux lutter contre le terrorisme et les flux migratoires, tout en rejaillissant inévitablement sur l'économie de la région handicapée par les divers conflits entre ses deux plus importants pays. Et principalement par la fermeture des frontières. La non-intégration maghrébine coûterait à 2 à 3% du Produit intérieur brut (PIB) des économies régionales.

Les deux chefs d'Etat ne se sont pas rencontrés depuis 2005.

Un autre anniversaire se trouve en filigrane dans le discours du Roi du Maroc : celui des soixante ans de la Conférence de Tanger. Fin avril 1958, lors de cette réunion, les représentants des mouvements de libération marocain (Istiqal), algérien (FLN) et tunisiens (Neo-Destour), promettaient une unité du Maghreb. Les participants évoquaient même la création d'une fédération entre les trois Etats et osaient soutenir l'indépendance de l'Algérie encore département français à l'époque.

Tout ces beaux discours, ces rêves, s'étaient fracassés sur l'autel des problèmes de frontières entre le Maroc et l'Algérie avec, notamment, la Guerre des Sables (1963) puis le conflit du Sahara occidental (dès 1976) ...


Mercredi 7 Novembre 2018

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