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Marseille surfe sur la vague des croisières en Méditerranée


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En deux décennies, Marseille est passée de quelques milliers à un million de croisiéristes. Ce succcès s'explique par une synergie totale entre professionnels du port, du tourisme et institutionnels, tous impliqués dans le Club de la croisière Marseille-Provence.


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Marseille attire désormais les compagnies majors en tête de ligne (photo F.Dubessy)
Marseille attire désormais les compagnies majors en tête de ligne (photo F.Dubessy)
8 548 passagers et 20 escales en 1992. 890 000 et 359 escales en 2012. En vingt ans, Marseille est devenu un port de croisières qui compte en Méditerranée et le premier français du secteur. Ou plutôt redevenu. Car, au siècle dernier, avant leur déclin, les compagnies comme les Chargeurs réunis, les Messageries maritimes, Paquet... desservaient déjà les quais phocéens. Mais, le secteur ne connaissait pas encore la massification.
 
Partis de quasiment zéro, les professionnels portuaires et touristiques ainsi que les institutionnels, rassemblés sous la houlette du Club de la Croisière Marseille-Provence et de son président-fondateur Jacques Truau, ont fait de Marseille non seulement une escale désormais incontournable mais une tête de ligne fort courtisée. Cette synergie de place explique en grande partie le succès.

Le vrai décollage date de 2007. Marseille enregistre alors 436 000 passagers et amorce sa progression à deux chiffres année après année.

54 navires de 26 compagnies (soit 270 départs) proposaient en 2012 Marseille à leur catalogue et 313 000 passagers (6 219 en 1992) embarquaient en tête de ligne avec huit opérateurs de croisière.

Ne pas se reposer sur ses lauriers

Marseille bénéficie d'une position stratégique à une nuit de Barcelone et de Gènes (photo F.Dubessy)
Marseille bénéficie d'une position stratégique à une nuit de Barcelone et de Gènes (photo F.Dubessy)
Certes, la mariée était belle : Un TGV mettant la ville à seulement trois heures de Paris, trois autoroutes arrivant au port, un bassin de population d'un million d'habitants, une ville redynamisée ouvrant une porte sur la Provence, une position maritime centrale très stratégique à une nuit de navigation de Barcelone, de Savonne et de Gènes... Bref, "un passage obligé dans le circuit ouest méditerranéen pour attaquer le marché français" comme le souligne Jacques Truau.

Autant d'atout dévoilés au fil des Seatrade à Miami, auxquels participe Marseille depuis 1994 avec une grande affiche de champ de lavande comme décor du stand pour séduire les Américains.
Au point que la manifestation a suscité des envies de localisation pro-domo. D'abord avec l'organisation à Marseille d'un Top Cruise, salon annuel français de la croisière, depuis 2001, mais surtout avec le décrochage du Graal en 2012 ! En novembre dernier, la ville-port réussissait un coup de maître en accueillant, en parallèle de la 12e édition de Top Cruise, le Seatrade Med dans la cité phocéenne avec 3 000 visiteurs, 151 exposants de 69 pays et 2,6 M€ de retombées économiques pour la ville. Selon l'enquête menée par la CCI Marseille Provence, un visiteur sur quatre a conclu un contrat durant cette manifestation.
 
Pas question cependant de se reposer sur ses lauriers. La ville continue à investir dans les croisières qui demeurent dans les priorités du plan de développement du port 2009/2013. En juillet 2012, un nouveau terminal voyait le jour tandis que le premier, le MPCT (Marseille provence cruise terminal), se dote actuellement d'un clone de 6 000 m² pour 6 M€. Il sera opérationnel en juin 2013 avec 1 000 places de parking supplémentaires. Indispensables pour favoriser les activités de tête de ligne et recevoir idéalement les passagers venant en voiture.
En 2013, Marseille disposera de trois terminaux de croisières.

2013 devrait d'ailleurs être l'année du million de passagers tant attendue. Alors que le Club de la Croisière Marseille Provence table déjà sur 1,6 million de passagers à l'horizon 2015/2016.
 
Pour se donner encore plus d'atouts comme tête de ligne, Marseille sort également de sa manche la réparation navale. Une carte essentielle pour attirer les paquebots. “Les navires qui vont venir en réparation navale à Marseille viendront avec une escale en amont et une escale en aval ! Ils ne viendront pas à vide” souligne astucieusement Jacques Truau.

Et Marseille devint un port de croisière...
Jacques Truau (photo Club de la Croisière Marseille Provence)
Jacques Truau (photo Club de la Croisière Marseille Provence)
Jacques Truau est l'homme du renouveau de la croisière à Marseille. Capitaine au long cours de formation, ce Gascon a terminé sa carrière de navigant chez Paquet et est devenu pilote du port. Il exerce depuis 25 ans un mandat à la CCI Marseille-Provence et a fondé le club de la Croisière Marseille-Provence qu'il préside.

Econostrum.info : Comment Marseille est redevenu un port de croisières ?

 
Jacques Truau : En 1992, le président de l'époque de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, Henry Roux-Alezais, m'avait demandé en tant que membre élu de cette institution, de réfléchir à une politique destinée à améliorer l'activité du port de Marseille. J'avais eu trois mois pour présenter un dossier. Dans ces propositions, émergeait le développement des trafics de passagers et notamment des passagers de croisières.
Avec l'ensemble des professionnels et institutionnels de la place, nous avons commencé par écrire une charte de la croisière. L'idée était de montrer notre volonté de développer le marché de la croisière à Marseille avec une prestation de qualité et très fiable. Cette charte a été adressée en avril 1993 à tous les opérateurs internationaux.
 
Et les compagnies ont mordu ?
 
J.T. : Oui mais tout n'a pas été facile. Le groupe Costa nous avait ainsi répondu "même si vous nous offririez l'escale gratuite, nous ne viendrons pas à Marseille." Une douche froide ! La ville souffrait d'une mauvaise réputation. Après une visite sur place, ils sont repartis convaincus du changement d'image de Marseille. En 1996, ils lançaient un premier lot d'escales, dans le cadre de cette activité de tête de ligne partielle partagée entre Barcelone, Marseille et Gènes sur les croisières Dolce Vita d'une semaine avec le Romantica. 25 escales et 35 000 passagers. En 1997 est arrivé Royal Caribbean et le Splendour of the Seas et puis tout s'est enchaîné.

Quel a été le déclic pour passer de ces deux compagnies à un vrai
programme ?

 
J.T. : Pour compter dans ce marché, être perçu comme un port d'escale par les compagnies intetrnationales, il nous fallait passer le cap des 100 000 passagers. Donc, depuis 1994, nous sommes exposants au Seatrade de Miami. En septembre 1996, nous avons décidé de créer le Club de la Croisière Marseille Provence avec trois fondateurs : la CCIMP, la ville de Marseille et le Grand port maritime de Marseille, vite rejoints par toutes les fédérations de profesionnels et les organismes institutionnels. Tout ceux qui avait un intérêt à voir développer le marché de la croisière. Le Club montre la synergie de place.
 
A l'époque, il s'agissait d'un outil de promotion unique en Europe et même dans le monde. Nous avons ensuite beaucoup aidé de nombreuses autres villes ports à développer leur propre club.

Frédéric Dubessy
 

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Mercredi 27 Mars 2013

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