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Marseille envisage de tisser des liens avec Casablanca Finance City




La délégation marseillaise entoure Aziz El Khyari, chef du développement des affaires de Casablanca Finance City (photo : F.Dubessy)
La délégation marseillaise entoure Aziz El Khyari, chef du développement des affaires de Casablanca Finance City (photo : F.Dubessy)
MAROC / FRANCE. En marge de la conférence Hub Africa (2 et 3 mai, 2018 à Casablanca), une délégation provençale s'est rendue à Casablanca Finance City (CFC), la place financière marocaine - ex-Moroccan Financial Board - située dans la capitale économique du pays. "Nous avons comparer les places financières existantes en France à Lyon, Paris, Bordeaux et Lille. Tout ceci reste très hétérogène. Nous poursuivons ce travail pour créer une place financière pour la métropole Aix-Marseille Provence", explique Frédéric Ronal, vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille- Provence (CCIMP).

"Marseille est l'une des dernières grande métropole à ne pas disposer d'une vraie place financière", commente-t-il. Elle pourrait sur la base de la CEFIM (Communauté économique et financière méditerranéenne). Cette association loi 1901 lancée en 1988 par la CCIMP fédère les acteurs de l'environnement économique de Marseille et sa région autour de cinq pôles : Bourse, Amorçage/Développement/Transmission, Droit et Gouvernance, Fiscal/Patrimonial/Immobilier, Financement et Trésorerie. Son délégué général, Rémy Vialettes, organise notamment des conférences sur l'actualité économique, juridique et financière

Accompagné de Didier Parakian, président de la commission Economie et innovation de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Denis Bergé, secrétaire général d'Africalink, et d'Hicham El Merini, vice-président d'Africalink, Frédéric Ronal se trouvait donc en mission d'observation à la CFC.

Gentlemen's agreement entre la CCIMP et la CFC

Aziz El Khyari montre à Didier Parakian et Frédéric Ronal la maquette du nouveau quartier d'affaires d'Anfa avec la tour de trente étages de Casablanca Finance City (photo : F.Dubessy)
Aziz El Khyari montre à Didier Parakian et Frédéric Ronal la maquette du nouveau quartier d'affaires d'Anfa avec la tour de trente étages de Casablanca Finance City (photo : F.Dubessy)
Lancée en juillet 2010 pour accompagner la vision marocaine en Afrique, Casablanca Finance City agit, avec ses trente salariés, comme une base arrière opérationnelle pour les dirigeants de 150 Pme africaines triées sur le volet. Outre la transparence totale demandée sur les comptes, l'actionnariat et la traçabilité bancaire, elles doivent afficher une vocation africaine et s'installer physiquement à Casablanca. "70% des investissements en Afrique passent par le système financier marocain ou des filiales de banques marocaines en Afrique", souligne Aziz El Khyari.

Le chef du développement des affaires de Casablanca Finance City propose plusieurs services dont une domiciliation des expatriés des sociétés (qui bénéficient d'avantages fiscaux), une zone de change offshore - donc hors réglementation marocaine ce qui permet de fluidifier le mouvement des capitaux -, des incitations fiscales (uniquement pour les affaires réalisées en dehors du Maroc) et un guichet unique relié au ministère marocain de l'Intérieur facilitant les démarches administratives pour les salariés comme pour leurs familles. "Une carte de séjour peut être obtenue en 72 heures contre six à neuf mois habituellement et un contrat de travail peut être validé en 48 heures", commente Aziz El Khyari. "Nous bénéficions à la fois de la flexibilité d'une entreprise privée tout en étant supervisé par la Banque centrale du Maroc", poursuit-il. La place financière marocaine est en effet une société anonyme (Casablanca Finance City Authority - CFCA) de droit privé capitalisée par des fonds publics (Etat marocain) et privés (banques).

Marseille pourrait-elle s'inspirer de sa consoeur marocaine ? Frédéric Ronal voit au moins trois raisons pour que le modèle de CFC ne soit pas transposable sur les rives du Vieux-Port. "Déjà, nous n'avons pas de contrôle de change ce qui en limite l'intérêt. Ensuite, nous ne pourrons jamais disposer d'un avantage fiscal seulement pour la région de Marseille, enfin, la facilité d'obtention, par exemple de visa ou de permis de séjour, dépend de l'Etat et pas d'une place financière." Par contre, le vice-président de la CCIMP envisage des liens possibles. "Il faudrait trouver un gentlemen's agreement dans lequel nous conseillerons à nos Pme de passer par CFC et, en échange, CFC proposerait à ses entreprises de venir implanter à Marseille leurs activités européennes à travers Provence Promotion (ndlr : agence de développement économique commune à la métropole Aix-Marseille Provence et à la CCIMP)."

Casablanca Finance City dispose, depuis avril 2013, d'un accord de coopération avec le centre financier de Paris, Paris Europlace. Ce partenariat "vise à structurer et développer les relations entre les acteurs de services professionnels marocains et français" et repose sur trois axes : Animation de place dans les différents métiers de la finance, promotion de la recherche et de l'innovation financières, promotion et développement des échanges entre les acteurs des places financières de Paris et de Casablanca.


Frédéric Dubessy, à CASABLANCA


Mercredi 16 Mai 2018



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