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Maroc et Tunisie : Plus de diplômés mais encore trop peu d'emplois qualifiés


Au Maroc et en Tunisie, de plus en plus de jeunes fréquentent les bancs de la faculté. 60% des nouveaux venus sur le marché du travail ont suivi un cursus universitaire. C’est pourtant dans cette catégorie de la population que le taux de chômage est le plus fort.


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Promo 2009 d'Euromed Management Marrackech. (Photo MPV)
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"Fais des études et tu trouveras un emploi plus facilement !" Qui n’a pas entendu cette phrase, maintes fois répétée par les parents pour inciter leurs enfants à s’engager vers la voie universitaire, gage de sécurité pour l’avenir…

Un leurre, tout au moins au Maroc et en Tunisie où, chaque année, quelque 60 000 étudiants obtiennent un diplôme et connaissent de grandes difficultés à trouver un emploi.

L'économie tunisienne crée « chaque année entre 70 000 et 80 000 postes. En Tunisie, l’écart entre l’offre et la demande de travailleurs détenant un diplôme universitaire était de près de 30 000 en 2007. Dans ces deux pays, le taux de chômage des jeunes diplômés dépasse les 30 % », révèle une récente étude FEMISE (FEM33-24) menée par Fayçal Lakhoua, de l’IACE.

Ces mêmes jeunes sont la catégorie susceptible de rester le plus longtemps sans emploi, entre deux et cinq ans (*). 

Les ingénieurs ont deux fois plus de chance d'être intégrés sur le marché du travail

En Tunisie, les effectifs d’étudiants ont été multipliés par 2,75 en dix ans (1997-2007) et ce phénomène risque de s’accentuer avec quelque 449 000 étudiants recensés en 2011.

La structure actuelle des économies tunisienne et marocaine ne permet pas des recrutements massifs de jeunes universitaires. L’appareil productif des deux pays repose sur l’emploi d’une main d’œuvre spécialisée mais non diplômée. En 2008, la proportion de travailleurs sans diplôme était de 68,2% au Maroc et 46,7 % en Tunisie !

Néanmoins, au cours de ces dernières années, la part du nombre de diplômés dans la population active a progressé. « Au Maroc, les diplômés de niveau supérieur ont bénéficié de plus du cinquième (22%) des postes d’emploi créés par an en moyenne, sur la période 2000-2008 (…). En Tunisie, 36 000 opportunités d’emplois ont pu être créées en 2008».

L’employabilité est différente selon le niveau d’étude. Le taux d’emploi des mâitrisards et des techniciens supérieurs s’est considérablement apprécié ces dernières années.

Les ingénieurs ont 2,4 fois plus de chances d’être intégrés sur le marché du travail que les techniciens qui restent les diplômés ayant le plus de difficultés d’insertion.

Architectes, ingénieurs et médecins s’insèrent nettement mieux dans la vie active. En revanche, le chômage de longue durée apparaît prépondérant chez les diplômés d’études supérieures.

Le chômage touche en priorité les jeunes et les femmes. Elles sont plus nombreuses à rejoindre des cursus universitaires et bien souvent choisissent les filières où les débouchés sont moindres. « Les hommes bénéficient d'une probabilité d’être inséré dans la vie active 1,75 fois supérieure à celle des femmes ».

Etre célibataire et mobile accroît les chances d’insertion. Le tissu familial et les régions géographiques dont sont issus les demandeurs d’emploi constituent également des critères déterminants.

Article réalisé en partenariat avec le Femise

(*) Source Banque Mondiale
 
Télécharger le rapport FEM33-24
 
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Lundi 28 Mars 2011