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Malgré les prévisions, la Grèce se trouve encore en récession en 2016


Contrairement à ce qui avait été prédit, le PIB grec recule de 1,2% au quatrième trimestre 2016. Les réformes se présentaient pourtant comme une assurance de croissance.



Alexis Tsipras comptait sur la croissance pour mieux négocier avec l'Europe (photo : Union européenne)
Alexis Tsipras comptait sur la croissance pour mieux négocier avec l'Europe (photo : Union européenne)
GRÈCE. Les tenant du libéralisme absolu l’avait prédit pour justifier toutes les mesures d‘austérité appliquées à la Grèce depuis huit ans. Les gouvernements grecs successifs avaient intégré ces prévisions :  la croissance sera au rendez-vous. Elle était même chiffrée : de 0,3 à 1,5%. 

Mais, les chiffres officiels viennent de tomber : selon Elstat, l’office grec des statistiques, l’année 2016 se conclut par un nouveau recul du PIB de - 1,2% pour le quatrième trimestre. Le pays reste donc en récession pour la huitième année consécutive.

Ces données tombent mal car Athènes tente actuellement de finaliser un accord avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) pour sa sortie de crise. Le ministre français des finances Michel Sapin était venu, vendredi 3 mars 2017, soutenir la Grèce dans cet effort avec ses créanciers, souhaitant même un futur retour du pays sur les marchés en 2018.
 
La Commission européenne, qui avait elle aussi prévue une « forte » croissance pour les données grecques a évoqué un "haut niveau de volatilité" des statistiques grecques et met en doute ces chiffres. "Nous continuons de tabler sur une croissance pour cette année",
souligne d'ailleurs Annika Breidthardt, porte-parole en charge des Affaires économiques.

PIB en chute cimulée de 25%

Pour la majorité des Grecs, ces chiffres ne viennent que confirmer leur quotidien de plus en plus difficile. Selon un étude du l’institut de recherches économiques de Cologne, la pauvreté en Grèce a augmenté de 40% de 2008 à 2015. Le chômage de son côté, à 23%,  reste le plus élevé de l’euro-zone. Près d'un Grec sur quatre se trouve sans emploi et 52% des jeunes .
 
Depuis 2010, la Grèce vit des prêts octroyés par la zone euro et le FMI. Au fil de trois plans d'aide successifs et de très difficiles réformes imposées, aux forts effets récessifs, le PIB cumulé a chuté de 25%. Les négociations entre Athènes et ses bailleurs de fonds sont enlisées depuis l'automne avec des divergences d'estimations sur la marche de l'économie grecque entre le FMI et la zone euro.

Le premier, qui ne détient pas de la dette grecque, juge trop optimistes les projections européennes, réclamant en conséquence plus d'efforts à Athènes et un allègement substantiel de sa dette. Une suggestion rejetée dans l'immédiat par Berlin qui, en campagne électorale, ne veut pas en entendre parler. Un compromis complexe, qualifié d'"honorable" par Athènes, a toutefois été atteint fin février à Bruxelles, permettant la reprise des discussions. Compromis dénoncé par l'opposition toutes tendances confondues. Mais, selon la presse grecque, le FMI résiste à nouveau.

Demande d'élections anticipées

Le nouveau bras de fer en cours s'explique par les exigences réitérées du FMI d'engager plus de dérégulation du marché du travail et un ajustement budgétaire plus centré sur la croissance. Ce que le gouvernement, lâché dans les sondages, refuse de faire.

Alexis Tsipras a implicitement confirmé cet accès de tension, lundi 6 mars 2016, évoquant devant ses ministres l'insistance de "certains" créanciers "impénitents" à "entonner la même rengaine discordante". Ouvrant le conseil des ministres, il s'est toutefois prévalu de coudées plus franches pour desserrer la tutelle des créanciers. Mais, c'était en invoquant justement le retour à la croissance, moins d'une heure avant l'annonce d'Elstat.

Créditée par les sondages d'une avance sur la gauche au pouvoir de plus de quinze points, l'opposition de droite a sauté sur l'occasion pour tirer à boulets rouges contre Alexis Tsipras et demander des élections anticipées «  le plus vite possible » .
 
Faute d’un  retour à la croissance, la courbe de la dette s’aggravera alors qu’elle dépasse les 180% du PIB. En 2009, cette dette se situait à 120% du PIB. Et déjà à l’époque, elle était jugée insoutenable.

Lire aussi : La Grèce ne devrait pas recourir à un nouveau plan d'aide


Angélique Kourounis, à ATHÈNES


Lundi 6 Mars 2017



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