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Lyon Marseille, futur axe européen énergétique de l’hydrogène ?


La zone industrielle de Fos, près de Marseille, voit émerger deux projets de stockage d’énergie faisant appel à l’hydrogène, un sous-produit « fatal » de l’industrie locale qui pourrait demain s’avérer l’énergie reine de l’économie circulaire.



Avec H2O One, Toshiba a pris une longueur d'avance dans le domaine du stockage d'énergie via l'hydrogène. Mais les réponses n'ont pas tardé en Europe (photo Toshiba DR)
Avec H2O One, Toshiba a pris une longueur d'avance dans le domaine du stockage d'énergie via l'hydrogène. Mais les réponses n'ont pas tardé en Europe (photo Toshiba DR)
FRANCE. En 2015, Toshiba a construit à Kawasaki en trois mois un démonstrateur de stockage d’énergie faisant appel à l’hydrogène. Trois cents personnes y travaillent. Les Japonais, particulièrement réactifs, espèrent gagner et garder la pole position en la matière.
 
Plus d’un expert français en est soufflé, en Provence Alpes Côte d’Azur comme en Rhône Alpes. Francis Allouche, de Symbio FCell (Paris) estime qu'il faut réagir. « Deux ans d’avance vous donnent le leadership sur un nouveau marché, pour très longtemps ».
 
Sa société ajoute sur les moteurs des véhicules un système leur permettant d'accepter de l’hydrogène comme carburant. Soutenue par la Région Rhône Alpes et l’Ademe de la même région, elle espère prendre le maximum d’avance dans un marché de la mobilité verte que Francis Allouche juge prometteur. Son partenaire, Bertrand Amelot, co-fondateur de la start-up McPhy Energy, équipe les Renault Kangoo de FCell d’électrolyseurs. « Le prix a chuté en peu de temps de 150 000 à 30 000 € » se félicite-t-il
hywaygrenoble.pdf HyWayGrenoble.pdf  (617.51 Ko)

Economie circulaire

Pour Sylvain Pichon, la production d'hydrogène est une opportunité majeure dans l'aire gérée par le GPMM (photo MN)
Pour Sylvain Pichon, la production d'hydrogène est une opportunité majeure dans l'aire gérée par le GPMM (photo MN)
Provence-Alpes-Côte d’Azur produit environ 6% de l’hydrogène européen. La zone industrielle de Fos-sur-Mer en fabrique…sans le vouloir nécessairement.
 
« L’Hydrogène fatal, sous-produit du raffinage pétrolier, est déjà indispensable à l’écosystème industriel provençal, et même sudiste » souligne Marc Bayard, le délégué général Méditerranée de l’Union des Industries Chimiques, au cours d'une réunion du Piicto, l'organisme partenarial des industriels de Fos pour l'innovation.
 
L’hydrogène, l'un des gaz le plus présent dans l’univers, est aussi un sous-produit de l’activité de raffinage pétrolier, réutilisé pour fabriquer des produits de raffinage « propres ». Avec le durcissement des normes environnementales, les besoins augmentent.
 
« Si les applications en termes de mobilité semblent évidentes » signale Sylvain Pichon, responsable du marketing-projets du Grand Port Maritime de Marseille, « la voie du stockage de l’énergie apparait également prometteuse ».

Deux projets de stockage à Fos-sur-Mer

Nombre d'industriels utilisent ou produisent de l'hydrogène dans la zone de Fos/Mer. Deux programmes de recherche y démarrent (photo GPMM)
Nombre d'industriels utilisent ou produisent de l'hydrogène dans la zone de Fos/Mer. Deux programmes de recherche y démarrent (photo GPMM)
Suffisamment pour qu’Areva avance un projet à Fos même, sur le site du chimiste Kem One. Flow Battery testera les capacités de stockage électrique en batteries. Il s'agit du second projet de ce type conduit dans la zone de Fos.
 
Avec Jupiter 1000, le consortium français GRT Gaz (GPMM, Réseau de Transport Electrique, Compagnie Nationale du Rhône, CEA, TIGF, Atmostat et quelques autres opérateurs industriels et énergéticiens) s’apprête à investir 30M€ dans un démonstrateur de récupérateur d’énergie de 1MW.
 
L’énergie produite par les éoliennes exploitées à Fos par CNR serait transformée en hydrogène, via l’électrolyse de l’eau, puis stockée dans le réseau de gaz. « Nous pourrions récupérer le CO2 des usines de la même zone » reprend Sylvain Pichon, « pour le faire réagir en présence de l’hydrogène, afin de produire du méthane, utilisable pour produire de l’électricité ».
 
L’unité, prévue au nord de la zone industrielle sur 12 hectares, doit être opérationnelle en 2018.

Vers l'Espagne et l'Italie

Francis Allouche s'avoue impatient de voir ce réseau d’opportunités se transformer en réseau de distribution d’hydrogène. Le développement des véhicules hybrides à l’hydrogène, auquel il travaille, nécessite de nombreuses stations de distribution.

« Nous partons de Rhône Alpes, où nous mettons le réseau en œuvre entre Grenoble et Lyon. Il a vocation à descendre en Avignon, pour développer les applications véhicules. Mais alors, quelle base idéale pour aller en Espagne et en Italie ! »




Mercredi 7 Octobre 2015



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Razika Adnani Philosophe et écrivaine. Associée au groupe d'analyse de JFC Conseil

 









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