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Libéraliser le commerce des services doperait les investissements directs étrangers



L’Europe aurait tout intérêt à libéraliser les services avec les pays partenaires du bassin méditerranéen. Des économistes membres du Femise (FEM34-19) viennent en effet d’établir la relation étroite, quasi mécanique, entre la libéralisation du commerce des services et la croissance économique.


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Le second tronçon du tramway d'Alger est en service (photo Alstom)
Le second tronçon du tramway d'Alger est en service (photo Alstom)
Les Investissements directs étrangers (IDE) dans les pays méditerranéens non-membres de l’Union européenne pourraient faire un bond estimé entre 110 % à 260 % si les échanges de services augmentaient de 100%, suite à davantage de souplesse accordée à ces échanges des services avec l’Europe.

La liberté d’établissement de services financiers, de transport ou de la communication leur permettrait de devenir le moteur de l’économie et de l’emploi et donnerait de la vigueur à l’accord d’association euro-méditerranéen. Car pour l'instant, ce dernier n'a pas produit les fruits escomptés.

C’est en tout cas la thèse soutenue par les auteurs du dernier rapport Femise (FEM34-19 ). Intitulé « Investissements Directs Etrangers (IDE) et libéralisation du commerce de services : une évaluation de l’influence du partenariat Euro-méditerranéen », le rapport fait état de la corrélation directe et émet cinq grandes recommandations.

Les auteurs suggèrent un élargissement à court terme du réseau de l’Organisation Mondiale du Commerce. Ils invitent ainsi les négociateurs de l’OMC à entrer rapidement en discussion avec  l’Algérie, la Syrie, le Liban, la Libye et la Palestine.


LÉGIFÉRER POUR SE PRÉMUNIR CONTRE LES EFFETS NEFASTES DE LA LIBÉRALISATION

« L’instauration d’une zone de libre échange tournée vers les services entre l’Europe et les pays du bassin méditerranéen non membres de l’UE, dans le respect du partenariat euro-méditerranéen et du protocole d’Istanbul, devrait permettre à l’Europe d’accroître de façon sensible ses exportations et ses investissements », souligne le rapport.
Le Femise ajoute en outre qu'une réglementation et une législation appropriées permettraient de se prémunir des effets néfastes de la libéralisation.

Les pays méditerranéens pourraient à leur tour tirer profit d’une hausse des exportations de services vers l’Europe. Pour exporter, il est en effet nécessaire  de se conformer aux standards européens.

Au Sud, les relations transversales seraient à leur tour stimulées par l’instauration d’une zone de libre-échange.
Pour sécuriser les investissements, le Femise préconise la mise en place « de négociations portant sur un accord d’investissement encadrant les droits de propriété des investisseurs étrangers et ce, quel que soit le régime en place ou les préférences politiques ».

Libéraliser les services transfrontaliers sans la présence physique du fournisseur de service ou du consommateur apparaît envisageable grâce aux nouveaux moyens de communication (internet, téléphonie). Une libéralisation des services réussie résulte d’un équilibre entre le respect des règles de concurrence et les aspirations des consommateurs soucieux d’obtenir le meilleur service à moindre coût.

Légiférer constitue en ce sens un garde-fou contre d’éventuelles concentrations ou l’introduction de barrières douanières non-tarifaires.

Lire l'intégralité du rapport FEM34-19


Article réalisé en partenariat avec le Femise


English version


Dimanche 1 Juillet 2012