Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée



Les travailleurs du complexe d'El Hadjar demandent à Smaïn Kouadria de revenir sur sa démission du Conseil syndical d'ArcelorMittal


ALGERIE. Loin d'être abattu par l'arrêt de la grève et son passage au Tribunal d'El Hadjar, Smaïn Kouadria, le secrétaire général démissionnaire du Conseil syndical du complexe sidérurgique d'ArcelorMittal réaffirme sa conviction en la justesse de son action et se dit déterminé à agir pour défendre les droits des salariés de l'entreprise, mais aussi peser sur l'avenir du complexe, dans la perspective de la renégociation de l'accord liant le géant mondial de l'acier à l'Etat algérien qui arrivera à expiration en septembre 2011.


            Partager Partager

Smaïn Kouadria s'explique (photo DR)
Smaïn Kouadria s'explique (photo DR)
Econostrum.info : Pour quelles raisons, selon vous, le Tribunal d'El Hadjar a-t-il renvoyé votre affaire au 14 juillet 2010 ?

Smain Kouadria : La justice a reporté l’affaire à la demande de la défense.

Elle voulait avoir connaissance du dossier pour pouvoir plaider la bonne démarche de la grève.

On nous accuse d’avoir organisé une grève illégale, de ne pas avoir respecté les procédures...

Nous avons tous les éléments pour répondre et avons toutes les correspondances nécessaires avec l’Inspection du travail que nous avons relancée à plusieurs reprises via un huissier pour non remise du PV de non conciliation.


Econostrum.info : Quel est le climat actuel au sein du complexe d'El Hadjar ? Comptez-vous répondre favorablement aux travailleurs qui vous demandent de réintégrer votre poste de secrétaire général du Conseil syndical ?

Smain Kouadria : Pour le moment, je veux prendre du recul…

Il y a un formidable mouvement de mobilisation, des pétitions avec plus de 5 000 signatures de travailleurs qui veulent que je revienne sur ma démission.

Ce weekend (vendredi-samedi) je vais réfléchir et je prendrai ma décision en début de semaine.

Soutien des autres syndicats

Econostrum.info : Les membres de la FNTMMEE qui ont rencontré Abdelmadjid Sidi Saïd ont-ils obtenu des clarifications sur les raisons de sa décision ?

Smain Kouadria : Il n’a donné aucune explication ou autre clarification. Tout ce qu’il a eu à dire c’était des reproches à mon encontre.

Il leur a dit : « Kouadria m’a dénoncé à la presse internationale… Pourquoi ? » L’UGTA a des conventions avec d’autres syndicats internationaux, ils ont dû avoir peur de cela.


Econostrum.info : Avez-vous reçu beaucoup des soutiens de syndicalistes et de structures syndicales, en Algérie et à Annaba en particulier ?

Smain Kouadria : Nous avons reçu de nombreux soutiens particulièrement des entreprises du secteur à l’instar du syndicat de la SNVI.

Nous sommes en contact permanent avec les autres syndicats. Implicitement, ils ont tous condamné l’attitude du secrétariat national de l’UGTA. Ils sont solidaires avec notre lutte, mais certains ont peur.

Pour une nouvelle feuille de route

Econostrum.info : Que comptez-vous faire maintenant ?

Smain Kouadria : Nous allons faire le tri entre ceux qui reconnaissent le droit à la grève et ceux qui le bafouent. Nous allons adopter une nouvelle stratégie sans revenir sur nos droits.

Un plan d’action pour le reste de l’année 2010 et la préparation d’un dossier pour 2011 afin d’être une force de contre proposition.

Nous voulons être une partie prenante lors des prochaines négociations. Nous voulons être présent et imposer notre feuille de route.


Lire aussi: La grève d’ArcelorMittal d’Annaba prend fin
ArcelorMittal s'engage dans une grève générale illimitée en Algérie
Le syndicat d’Arcelor Mittal demande à l’Etat Algérien de devenir actionnaire majoritaire

Propos recueillis par Amal Belkessam, à ALGER

Jeudi 1 Juillet 2010

Lu 3953 fois




Dans la même rubrique :
< >


1.Posté par Zen le 01/07/2010 19:04
C'est du n'importe quoi ! La loi est la loi. Elle est simplement et strictement appliquée. De plus, on ne peut pas être contre son propre syndicat. Il faut le quitter dans ce cas !!! Quant à la pétition des 5000 travailleurs ! Faut pas rêver !

2.Posté par fafoy le 02/07/2010 20:32
La loi est la loi dans un Etat de droit. Sous un régime autoritaire, le pouvoir viole les lois qu'il a lui-même imposées à la société. Dans ces conditions, la stricte application de la loi n'est absolument pas crédible, ni légitime. Si j'ai bien compris Zen, l'UGTA, on l'aime ou on la quitte... Curieuse conception de la démocratie syndicale ! Il est temps que les vrais syndicalistes qui subsistent au sein de la centrale coordonnent leurs efforts pour défendre, contre la direction de l'UGTA, le droit de grève qu'elle a déjà trahi à la SNTF (chemins de fer) et ailleurs. Les métallurgistes, les mécaniciens, les dockers et les cheminots doivent agir ensemble pour créer une véritable opposition syndicale combative, démocratique et qui défend l'économie nationale que les ultra-libéraux ont bradée aux multinationales.


Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.