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Les systèmes bancaires ont besoin de se diversifier davantage pour assurer la croissance après le printemps arabe



Depuis le début des années 2000, les progrès technologiques réalisés dans les pays du Sud de la Méditerranée contribuent à l’amélioration des systèmes bancaires. Cependant, la persistance de l’ingérence des Etats dans les établissements financiers et de la corruption freine leur efficacité. Une récente étude FEMISE (FEM33-04) indique que de grandes marges de progrès persistent.


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Rym Ayadi, Chef de l’Unité de Recherche sur les Institutions Financières et Politique prudentielle au CEPS  a dirigé l’étude Femise. (Photo D.R)
Rym Ayadi, Chef de l’Unité de Recherche sur les Institutions Financières et Politique prudentielle au CEPS a dirigé l’étude Femise. (Photo D.R)
Alors que les systèmes bancaires occidentaux sont sous les feux de l’actualité et que leur toute puissance est aujourd’hui remise en question, le Forum Euroméditerranéen des Instituts de Sciences Economiques (FEMISE) vient de publier une étude approfondie de quatre systèmes bancaires des pays du Sud de la Méditerranée : le Maroc, l’Egypte, l’Algérie et la Tunisie (étude FEM33-04 ).

Intitulée « Convergence des réglementations bancaires dans le Sud de la Méditerranée. Impact sur la performance du secteur bancaire sur la croissance », cette étude révèle que le Maroc est, de loin, le pays doté du meilleur système bancaire avec 6% de créances douteuses (en 2008) alors que les autres pays voient ce même taux osciller entre 12 et 15%. Des pourcentages encore bien trop élevées au regard des 3% observés en Europe !

Le Maroc s’est également distingué au fil des ans avec un effort de privatisation du système bancaire et s’équipant de systèmes d’information sur le crédit. L’introduction d’une assurance de dépôt crédible et l’application des normes de Bâle ont également joué un rôle déterminant sur le développement économique du pays et l’arrivée de banques étrangères.


Défaillance des systèmes de contrôle interne et clientèlisme

« Le système bancaire marocain s’est diversifié mais n’a pas encore atteint une situation optimale de développement. Le Maroc doit poursuivre ses efforts», explique Rym Ayadi, Chef de l’Unité de Recherche sur les Institutions Financières et Politique prudentielle au CEPS qui a dirigé l’étude Femise.

A l’opposé, le système bancaire Algérien, sous la mainmise de l’Etat, apparait gangréné par la corruption et l’opacité des opérations. En Tunisie, durant le règne de Ben Ali, d’importants crédits ont été contractés à titre privé. Ont-ils été remboursés ou cautionnés ? Rien n’est moins sûr. En 2003, le taux de créances douteuses représentait tout de même un tiers du secteur bancaire (24,2% et 17,6% en 2007). « Nous avons constaté une défaillance dans les systèmes de contrôles internes et beaucoup trop de clientélisme », souligne Rym Ayadi.

Les gouvernements démocratiques tant espérés par les initiateurs du Printemps arabe pourraient, en ce sens, introduire plus de rigueur et de transparence dans les opérations financières.

«Les variables institutionnelles conditionnent le développement économique. Ces pays, en phase de développement, doivent poursuivre leurs efforts en faveur d’une approche intégrée entre politique macroéconomique, (la politique monétaire), fiscalité et système financier », ajoute Rym Ayadi qui a démontré à travers l’étude qu’un secteur bancaire efficace et bien réglementé a un impact positif sur la croissance.

Pour ce faire, le secteur public devra se désengager des établissements financiers et mettre en place de véritables autorités indépendantes de contrôle bancaire.

Article réalisé en partenariat avec le Femise

English version

Lire aussi : Pourquoi le printemps arabe ? 
                   : Les économistes Lorenzi et Reiffers pour une zone monétaire en Méditerranée


Mercredi 28 Septembre 2011









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