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Les pays méditerranéens très mal classés pour la liberté de la presse



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MÉDITERRANÉE. La livraison annuelle du rapport sur la liberté de la presse dans le monde montre clairement l'impact des conflits sur ce paramètre mais aussi peu d'évolutions positives.

Cette édition 2014 publiée par l'association française Reporters sans  Frontières (RSF) reconnaît en tête des bons élèves trois pays d'Europe du nord : Finlande, Pays-Bas et Norvège.

Mais, à l'exception de deux pays non situées sur le pourtour de la Grande bleue mais considérés comme méditerranéens, la principauté d'Andorre (5e) et le Portugal (30e), les pays méditerranéens ne s'avèrent pas des modèles du genre. Il faut atteindre la 35e place pour découvrir l'Espagne (qui monte d'un cran par rapport à 2013) et la 39e pour voir figurer la France en recul de deux places. L'Italie se situe à la 49e place (+8), Malte à la 51e (-6), la Serbie à la 54e (+9), la Croatie à la 65e (-1), la Bosnie-Herzégovine à la 66e (+2). À noter, les remontées de Chypre (partie nord) 83e avec un bond de onze places et d'Israël qui en gagne dix-sept (96e).

"Les conséquences de l’opération Pilier de défense de novembre 2012, qui avait fait deux morts dans les rangs des journalistes, avaient été prises en compte dans le classement 2013, ainsi que de nombreux raids conduits contre des médias palestiniens, et lui avaient alors coûté la perte de 20 places. Cette amélioration est donc à relativiser. La liberté de l’information reste soumise à l’argument sécuritaire. Si la presse israélienne bénéficie d’une liberté de ton, les médias situés en « territoire israélien » (selon la conception israélienne) doivent composer avec la censure militaire préalable et les « gag orders » (ordres de censure). Les enquêtes sensibles, touchant à la sécurité nationale, ne sont pas les bienvenues. Les exactions de l’armée israélienne contre les professionnels de l’information palestiniens et étrangers restent extrêmement fréquentes, notamment lors des manifestations hebdomadaires devant le Mur de séparation. En novembre 2013, de nombreux photojournalistes ont été visés délibérément alors qu’ils quittaient les lieux de la manifestation. La Haute Cour de Justice a avalisé, le 4 décembre dernier, l’ordre de confisquer l’équipement de Wattan TV, confiscation intervenue lors d’un raid de l’armée en février 2012." précise RSF.

À l'inverse, la chute flagrante de la Grèce (-15 places et 99e du classement) s'explique par "les effets de la crise économique et les poussées de fièvre populistes... En Grèce, les journalistes sont régulièrement victimes d’agressions par des membres d’Aube dorée, parti néonazi entré au Parlement en juin 2012. L’État hellénique tient aussi une grande part de responsabilité : en fermant le groupe d’audiovisuel public grec sous la pression de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), le gouvernement d’Antonis Samaras semble avoir fait l’économie de la démocratie" commente le rapport 2014.

Le Liban se positionne 106e (-5), le Monténégro 114e (-1).

Le sud de la Méditerranée dans les profondeurs du classement

Une liberté de la presse très réduite dans le monde (carte RSF)
Une liberté de la presse très réduite dans le monde (carte RSF)
Le premier pays du sud de la Méditerranée n'occupe que la 121e place et c'est l'Algérie qui progresse de quatre places suivie en tir groupé de la Tunisie (133e +5), du Maroc (136e stable), de la Libye (137e -6), de la Palestine (138e +8) et de la Jordanie (141e -7).

La Turquie (154e stable) qualifiée par RSF de l' "une des plus grandes prisons au monde pour les journalistes", l'Égypte (159e -1) et la Syrie (177e -1) ferment la marche des pays méditerranéens sur un classement qui compte 180 pays. La Syrie en guerre ne compte donc que trois pays derrière elle, le Turkménistan, la Corée du Nord et l'Érythrée.

"La « lutte contre le terrorisme » est instrumentalisée par des gouvernements prompts à qualifier les journalistes de « menaces à la sécurité nationale ». Des dizaines de journalistes sont emprisonnés sous ce prétexte en Turquie, notamment lorsqu’ils couvrent la question kurde. Le Maroc, où les autorités confondent volontiers « journalisme » et « terrorisme », stagne à la 136e place. En Israël, la liberté de l’information est une notion vulnérable face à l’argument sécuritaire" précise le rapport de RSF.


Vendredi 13 Février 2015

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Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d’analyse de JFC Conseil
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