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Les pays méditerranéens peuvent se saisir de la finance carbone, mais doivent faire vite !

Par Hervé Allègre, directeur des investissements à CDC Climat



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Les pays méditerranéens peuvent se saisir de la finance carbone, mais doivent faire vite !
Depuis l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto, en 2005, le mécanisme de développement propre (MDP) permet aux pays industrialisés de l’OCDE et notamment aux entreprises européennes de financer la croissance verte dans les pays en développement en compensant ainsi les émissions de gaz à effet de serre générés par une partie de leurs activités. Ce mécanisme permet en effet de financer en partie des projets contribuant à la réduction des émissions de carbone.

Prenons l’exemple de la construction d’une centrale solaire : c’est l’écart entre ce que seraient les émissions d’une centrale à charbon ou à gaz  par rapport à celles de ce nouvel équipement vert qui ouvre droit à des crédits-carbone*. La vente de ces crédits-carbone permet de financer le supplément de coût de cette production d’électricité plus propre.

L’Union européenne est l’ensemble régional du nord qui se montre le plus volontariste dans l’utilisation du MDP. Elle achète actuellement environ 80% des crédits carbone mis en circulation. Or ce mécanisme profite essentiellement à la Chine, l’Inde ou la Russie qui cherchent à en vendre plus que ce que l’Europe ne peut absorber ! Ainsi, le système est aujourd’hui déséquilibré ce qui a entrainé la chute du prix des crédits-carbone de 14€ à 4€ en une année, notamment du fait de cet excès d’offre émanant des grands pays émergents.
 
Les pays du sud de la Méditerranée, qui sont restés jusque-là peu mobilisés par ce dispositif, doivent s’organiser pour y prendre part de manière significative. Ils pourraient en effet tirer profit de ces financements privés, en faveur des programmes d’équipements éoliens ou solaires. Or, seuls de grands projets, par exemple la ferme éolienne de Tanger, au Maroc, en ont jusqu’ici bénéficié.

Les pays de la Rive-Sud pourraient demander à l’Europe de s’engager en faveur de la Méditerranée en définissant un partenariat privilégié au titre des crédits-carbone issus de leurs projets mais une décision doit être obtenue avant le 31 décembre 2012 ou alors nécessitera de recourir à des programmes d’activités préexistants.
 
 * Un crédit-carbone correspond à une tonne d’émission de Co2.

Mercredi 6 Juin 2012